Romans français

La chaleur, Victor Jestin

En 2 mots : Leonard passe un été interminable en compagnie de sa famille dans un camping des landes. Là, tout l’accable : la chaleur, le bruit des fêtes sur la plage, la promiscuité, et, surtout, cette éclatante joie de vivre que les autres semblent afficher en toute circonstance, heureux de profiter d’un bel été. Une nuit d’insomnie, alors qu’il erre dans le camping en trainant sa mélancolie, il est témoin d’une scène choc : il aperçoit Oscar, un jeune du camp, en train de suffoquer sur une balançoire, les cordes emmêlées autour du cou. Tétanisé, Léonard ne bouge pas d’un pouce et assiste à la longue agonie d’Oscar, sans lui venir en aide…

Mon avis : Coup de cœur pour ce court roman ultra percutant! En quelques 140 pages, Victor Jestin réussi à nous embarquer, dès les premières lignes, dans une histoire hyper forte et prenante, avec cette scène incroyable de la mort d’Oscar.

J’ai adoré l’atmosphère si particulière qui se dégage de ce roman ; les personnages semblent crouler sous la chaleur, oppressés par un soleil impitoyable qui annihile toute réflexion. Les paysages sauvages des landes se font menaçants, comme si le héros était pris au piège en un lieu qu’il ne pourrait jamais plus quitter. C’est ce petit côté huis-clos qui m’a finalement le plus marqué.

Les états d’âme du héros, ainsi que la culpabilité qu’il ressent pour être resté passif face à la détresse d’Oscar, soulèvent également de vraies questions : qu’est ce qui a motivé cette réaction incroyable ? Pourquoi Léonard est-il resté cloué sur place, en spectateur malsain, fasciné par l’agonie d’un camarade – certes qu’il méprisait – mais tout de même. Comment expliquer qu’il l’ai regardé droit dans les yeux sans lui venir en aide, comme absent à cette scène, privé de ses facultés de réactions. J’ai été fascinée par le récit des heures qui suivent la mort d’Oscar et le comportement de Léonard, ses mécanismes de défense psychique pour tenir à distance l’impensable.

Un instantané de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus complexe, où les sentiments sont exacerbés et passent d’un extrême à l’autre en un claquement de doigts. A lire absolument!

Références : « La chaleur« , Victor Jestin, aux éditions J’ai lu, 140 pages, 6,90€.

Feel Good

Et tu m’as offert ton soleil, Virginie Sarah-Lou

En 2 mots : Le jour où Clémence décroche un emploi dans l’entreprise de Mr Moreau, elle pense en avoir enfin terminé avec les galères! C’est sans compter sur son facétieux patron qui lui confie un poste d’un nouveau genre, crée spécialement pour elle : chargée de l’égalité femme/homme au travail! Un intitulé bien pompeux mais difficile à aborder concrètement dans une entreprise éminemment technique, spécialisée dans la production de flacons de parfum. Intimidée par ce challenge, Clémence peut néanmoins compter sur le soutien sans faille d’Adèle, sa meilleure amie depuis le collège. Et du réconfort, la jeune femme en a bien besoin, elle qui porte à bout de bras Brigitte, sa mère dépressive depuis près de trente ans suite à la mort du frère jumeau de Clémence à la naissance. Une perte que sa mère n’a jamais réussi à surmonter…

Mon avis : j’ai découvert avec plaisir la plume de Virginie Sarah-Lou qui a réussi à m’embarquer sous le soleil d’Antibes avec ce roman feel-good-mais-pas-que. J’ai en effet été agréablement surprise de voir que, pour une fois, l’intrigue ne tournait pas autour d’une histoire d’amour! Ici, nous avons à faire à une héroïne résolument moderne et même à contre-courant puisque les relations amoureuses ne l’intéressent pas! Clémence a fort à faire entre son nouveau travail et ses soucis familiaux – qu’elle traîne depuis son enfance – et ne ressent pas le besoin de rencontrer quelqu’un, ça change! Ses préoccupations tournent essentiellement autour de ses missions professionnelles (j’ai d’ailleurs adoré son idée de « vit mon job pour une journée »!) et de ses tentatives pour sortir sa mère de son marasme. Une douleur profonde que l’on découvre petit à petit lors d’allers-retours dans le passé de Brigitte et Clémence.

Le roman se concentre donc sur des thèmes peu abordés dans ce genre littéraire, à savoir la culture d’entreprise et les relations femme/homme au travail, apportant des éclairages intéressants et inspirants sur le sujet. La relation mère-fille, ici fragile et complexe, est explorée sous le prisme du poids du deuil et de la tristesse incommensurable d’une maman en manque de son bébé. L’idée de montrer les répercussions d’une telle perte, même des années après la drame, m’a touché. En effet, Brigitte n’a jamais réussi à aller de l’avant et est restée bloquée à ce jour fatidique de la perte de son fils. Presque comme anesthésiée par la peine, elle n’a jamais réussi à être une vraie mère pour Clémence, malgré l’amour qu’elle lui porte. Tout du long, on se prend à espérer que la rencontre se fasse finalement entre elles.

Enfin, j’ai apprécié l’humour de ce roman, notamment la manie de Clémence de reprendre à sa sauce les expressions de la langue française, ainsi que le côté pétillant d’Adèle ou celui, résolument peau de vache, de Josy, la secrétaire de Mr Moreau!

Références : « Et tu m’as offert ton soleil« , Virginie Sarah-Lou, aux éditions Ramsay, 240 pages, 16,90€.

Romans français

M’asseoir cinq minutes avec toi, Sophie Jomain

Encore une petite pépite des éditions Charleston avec ce magnifique roman sur l’autisme signé Sophie Jomain 🤗

Mon cœur de psychomotricienne ne pouvait qu’être touché par les mots de Sophie Jomain! Des mots qui sonnent si justes, si proches de la réalité concrète des familles qui élèvent un enfant qualifié de « différent « . A travers les personnages magnifiques de Claire, formidable mère courage, et de Pauline, cette préado sans filtre et débordante d’intelligence, c’est une histoire sensible, bienveillante et ô combien d’actualité que j’ai découverte.

Aucun pathos, aucun cliché dans le récit du quotidien de cette maman solo mais bien entourée, qui fait de son mieux pour offrir la plus belle vie possible à sa fille, diagnostiquée TSA (trouble du spectre autistique). J’ai aimé la résilience de Claire qui ne changerait pour rien au monde sa fille, qui la trouve formidable avec ses particularités et son approche cash du monde et des autres. J’ai également été admirative de sa lucidité lorsqu’elle réalise certaines erreurs qu’elle a pu commettre – notamment dans sa vie de couple – de sa force à tenir bon coûte que coûte, de sa capacité à vivre pleinement ses moments de joie et à accueillir, sans se cacher, ses peines et ses doutes qui sont si compréhensibles…

C’est un roman lumineux et positif, dont on ressort gonflé à bloc, rempli du courage de Claire et gorgé de l’amour de ses proches – sa famille, ses amis – toujours là pour elle et sa fille. Une enfant atypique certes, mais qui apporte tellement de par son unicité et sa présence ❤

Un formidable hymne à la vie, à la différence, à l’entraide et à l’amour !

Références : « M’asseoir cinq minutes avec toi« , Sophie Jomain, aux éditions Charleston, 272 pages, 18€.

Policiers

Une poignée de seigle, Agatha Christie

En 2 mots : « Tous ces gens-là sont bien antipathiques » s’exclame l’inspecteur Neele après avoir fait la connaissance de la famille Fortescue dont le patriarche, Rex, vient tout juste d’être assassiné. Empoisonné au cours de son petit déjeuner à la taxine, une substance nocive et particulièrement toxique, contenue dans les baies d’if. Et, coïncidence fortuite, la propriété familiale des Fortescue se nomme justement « la loge aux ifs »! Dépêché sur place pour mener l’enquête, l’inspecteur Neele interroge tour à tour la veuve de Rex Fortescue – âgée de 30 ans de moins que lui – ses enfants et leurs conjoints ainsi que la domesticité. Lorsque deux autres crimes sont commis quasiment coup sur coup, l’inspecteur Neele, mis sur la piste par Miss Marple, constate alors que ces meurtres collent tous étrangement avec les paroles d’une vieille comptine enfantine… A commencer par la poignée de seigle retrouvée, de manière inexplicable, au fond de la poche de Mr Fortescue!

Mon avis : Ce n’est pas un Agatha Christie qui restera dans mes annales! Je n’ai pas trouvé grand intérêt à cette lecture que j’ai trouvé assez froide et manquant de rythme! J’ai eu du mal avec le déroulé de l’intrigue qui fait intervenir les trois meurtres de manière très rapprochée, en début de roman, pour ensuite laisser peu de place au suspens. J’aurai préféré qu’ils s’étalent davantage dans le temps pour me maintenir en haleine…

Miss Marple est trop peu présente à mon goût et n’intervient que pour susurrer des indices à l’inspecteur Neele, endossant volontiers le rôle de la vieille dame idiote et naïve qui met la police sur la voie presque par miracle. Elle ne prend pas suffisamment sa place de détective dans ce roman et c’est vraiment dommage car sa personnalité de petite mamie atypique et clairvoyante méritait mieux! Cela m’a peut-être sauté aux yeux car je suis habituée à un Poirot ultra narcissique et qui occupe le devant de la scène avec panache 😕

Enfin, l’idée de faire coller une série de meurtres à une chanson enfantine est brillante mais là encore déjà vue puisque ce procédé a été exploité par Agatha Christie dans « Dix petits nègres » et « Cinq petits cochons« .

Références : « Une poignée de seigle« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/ Le livre de poche, 223 pages, 5,60€.

Non classé·Romans français

Nuits d’été à Brooklyn, Colombe Schneck

En 2 mots : Le récit s’articule autour d’un accident survenu le 19 août 1991 à Brooklyn : un enfant noir est tué par un chauffard, juif, ayant perdu le contrôle de son véhicule. Un fait divers tragique qui dégénère en émeutes dans les heures qui suivent, mettant le quartier de Crown Heights à feu et à sang. Voilà pour l’arrière plan qui sert de décor à l’amourette d’Esther, jeune journaliste juive pour 3 mois à New-York, et de Frederick, professeur de littérature à l’université, noir, marié et père de famille. Le temps d’un été, ils vivent une passion torride mais entachée par les préjugés, la morale, et le qu’en-dira-t-on.

« Les paroles sont inassimilables, elles se répètent dans le vide. Chacun reste dans son camp avec l’histoire qui l’arrange. La douleur de l’autre est étrangère. »

Mon avis : un joli titre qui m’évoquait un texte exaltant, la promesse d’une plongée dans une ville de New-York vibrante et pleine d’énergie. De l’énergie certes il y’en a mais elle est plutôt perverse, négative et conflictuelle. Ici, il est surtout question de haine raciale, de violences urbaines et d’incompréhension entre les communautés noires et juives.

Si j’ai trouvé ce texte intéressant, notamment du point de vue historique, je me suis en revanche lassée de ces allers-retours intempestifs – 2 semaines avant l’accident, 3 jours après, etc – qui m’ont donné l’impression d’un texte décousu, avec des personnages satellites qui gravitent autour de cet élément central, mais l’ensemble manque de lien et de cohérence.

Références : « Nuits d’été à Brooklyn« , Colombe Schneck, aux éditions Le livre de poche, 240 pages, 7,40€.

Feel Good·Non classé

Le craquant de la nougatine, Laure Manel

En 2 mots : Romain a le cœur brisé depuis le tragique accident qui l’a privé de sa femme, il y a 4 ans déjà, le laissant seul pour élever leurs deux enfants. Depuis, sa vie se partage entre son rôle de papa poule de Léo et Ally et la gestion de son restaurant « la toque romaine ». Il s’accroche tant bien que mal mais a l’impression de survivre plutôt que de vivre, englué dans sa routine. Lorsqu’il croise le regard de la flamboyante Alba lors d’un trajet en bus, Romain est littéralement foudroyé par la jeune femme, au point qu’il décide de la suivre et de tout faire pour la rencontrer. Le début d’une incroyable histoire d’amour, bouleversante de sincérité et de sensibilité !

Mon avis : Lu en 2 jours et gros coup de cœur pour la magnifique histoire d’amour de Romain et Alba, les personnages du dernier roman de Laurel Manel « Le craquant de la nougatine »!

J’ai aimé ces chapitres très courts qui donnent la parole en alternance à Romain et Alba, permettant au lecteur de suivre l’histoire à travers les points de vue des deux personnages. Laure Manel livre ici un grand roman d’amour, de sa naissance à son apogée jusqu’à la chute fatale. Car en effet, dès le début, on sent qu’un malheur plane sur cette idylle, que Romain n’a pas tout dit à Alba et que leur passion, aussi magique soit-elle, n’est pas destinée à durer. C’est ce qui la rend si belle, si vibrante et chargée en émotions

J’ai savouré leurs moments de bonheur, souri aux maladresses d’Alba, redouté la fin inéluctable de leur histoire, imaginé le secret de Romain, été émue par leur détresse, bref j’ai vibré comme rarement avec ces deux personnages

On sent que le roman est maîtrisé et que l’auteure possède à 100% son sujet, nous livrant sa plus belle partition sur les variations du cœur et de la raison. Chapeau!

Références : « Le craquant de la nougatine« , Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 364 pages, 18,95€.

Feel Good

Plus on est de fous… Zoé Brisby

En 2 mots : La clinique psychiatrique Beausoleil accueille une joyeuse bande de doux dingues, sous le regard bienveillant du Dr Petitpas et de Marguerite, l’infirmière en chef. Des patients qui, au fil des années passées ensemble, sont devenus un groupe d’amis soudés et unis. Il y’a Yoda, persuadé d’être un maître Jedi de 900 ans, Jeanne-Elisabeth qui se prend pour une grande aristocrate, Robin qui est persuadé que les extraterrestres sont parmi nous ou encore Ernest, professionnel du suicide qui imagine chaque jour une nouvelle manière de mettre fin à ces jours! Lorsqu’un nouveau venu intègre la clinique, clamant à qui veut l’entendre qu’il n’est pas fou et qu’il a été interné de force, la petite bande décide de le prendre sous son aile : bienvenue dans la joyeuse folie douce de la clinique Beausoleil!

Mon avis : J’ai passé un excellent moment en compagnie des résidents de cette clinique pas comme les autres! Un endroit de rêve pour les patients un peu différents, un lieu où règne la bienveillance et la tolérance, un havre de paix pour penser ses plaies et soigner les blessures du cœur et de l’esprit. Je me suis sentie bien en compagnie de ces personnages atypiques et hauts en couleur, d’ailleurs je n’avais pas envie de les quitter! J’ai surtout énormément rigolé car Zoé Brisby manie comme personne l’humour, le second degré et le comique de répétition !

L’auteure réussit ainsi le pari de traiter un sujet sérieux – voire tabou – avec légèreté tout en faisant passer des messages fondamentaux : au final, le fou n’est pas toujours celui qu’on croit! Surtout, à travers les parcours de vie des différents protagonistes, on se rend compte que tout peut rapidement déraper et que personne n’est à l’abri d’un pétage de plomb ou de voir un jour son cerveau refuser d’accepter un drame ou un deuil.

Enfin, les fans de « L’habit ne fait pas le moineau » apprécieront le passage éclair de Maxine, la mamie loufoque qui fait une apparition remarquée en toute fin de roman.

En bref, une belle leçon de vie, hyper drôle, avec des personnages inoubliables!

Références : « Plus on est de fous… » Zoé Brisby, aux éditions Michel Lafon, 381 pages, 18,95€.

Romans français

La famille Martin, David Foenkinos

En 2 mots : Le narrateur – qui ressemble furieusement à David Foenkinos lui-même – est un écrivain à succès en panne d’inspiration. Inspiration qu’il décide de chercher en bas de chez lui en arrêtant la première personne qu’il croisera dans la rue, pour lui proposer de raconter sa vie dans son nouveau roman. Le hasard place sur sa route Madeleine Tricot, une charmante mamie qui perd un peu la mémoire. C’est décidé, ce sera elle la nouvelle héroïne de notre écrivain tourmenté! C’est sans compter sur la famille de la vieille dame, les Martin, qui finissent également par entrer en scène, formant un groupe hétéroclite de personnages à partir desquels se déploie la trame d’une intrigue basée sur la réalité des faits.
Un quotidien qui se révèle bien peu palpitant…

Mon avis : Pas facile de trouver les mots pour parler d’une histoire aussi plate ! Ce n’est ni bien ni pas bien, c’est juste incroyablement banal et sans surprise…

Le roman se lit heureusement très vite avec ces 223 pages mais je me suis quand-même beaucoup ennuyée😕! Tout du long, j’ai eu l’impression que l’auteur ne s’était pas beaucoup décarcassé pour nous servir une histoire qui pioche dans des thèmes qu’il a déjà exploré : la vieillesse et les regrets du temps qui passe, la dépression et le mal-être au travail, les affres du manque d’inspiration de l’écrivain, etc.

Les personnages sont sans plus, la banalité du quotidien n’étant malheureusement pas transcendée par le passage au romanesque! Heureusement cela reste très bien écrit mais c’est sans âme ni panache…

Références : « La famille Martin« , David Foenkinos, aux éditions Gallimard, 240 pages, 19,50€.

Romans étrangers

Trois voeux, Liane Moriarty

En 2 mots : A Sydney, Cat, Lyn et Gemma se retrouvent dans un restaurant de fruits de mer pour célébrer leur 34e anniversaire. L’occasion pour ces trois sœurs triplettes de faire la fête avant l’accouchement imminent de l’une d’entre elles mais aussi celle de s’envoyer à la tête quelques vacheries et, l’alcool aidant, de régler leurs comptes. La petite sauterie ne tarde d’ailleurs pas à dégénérer en drame, sous les yeux ébahis des autres clients. Puis, temps mort. Le récit repart plusieurs mois en arrière afin que le lecteur puisse faire connaissance avec ces trois femmes hautes en couleur : Lyn à qui tout réussit, Cat dont le mariage est au bord du naufrage, et l’étourdie Gemma qui papillonne à droite à gauche sans projet de vie.

Mon avis : Ce premier roman de Liane Moriarty, auteure bien connue pour ces romans « Big Little Lies » et « Le secret du mari« , m’a semblé un peu brouillon et j’ai eu du mal avec les 100 premières pages. Puis le récit trouve son rythme de croisière et j’ai pu réellement entrer dans l’intrigue et m’intéresser aux péripéties qui agitent les vies des trois sœurs Kettle. J’ai aimé l’énergie de ce roman qui déborde littéralement de vie, à l’image de ces héroïnes qui semblent monter sur ressorts. Leurs personnalités sont particulièrement exacerbées et donnent parfois l’impression de sombrer trop dans la caricature tant ces sœurs se montrent exubérantes et excessives. Un peu trop too much à mon goût pour être crédible.

Reste que ces filles sont attachantes et que j’ai pris plaisir à les suivre et à les voir évoluer malgré ce côté tourbillonnant qui les caractérise. Leurs histoires sont sympathiques à lire mais il n’y a pas ce côté surprenant, pas vraiment de suspens comme dans les autres romans de Liane Moriarty. Ici, il s’agit vraiment de suivre le quotidien de trois sœurs, triplettes, qui font face aux aléas de la vie : rupture, grossesse, conflit familial, etc. et qui essaient de s’en sortir du mieux possible, composant avec leurs caractères bien trempés. Voilà la vraie force de « Trois vœux« , ces personnages si vivants!

En bref, un roman explosif qui m’a laissé tout sauf une impression de lecture calme et reposante !

Références : « Trois voeux« , Liane Moriarty, aux éditions Albin Michel, 400 pages, 22,90€.

Feel Good

Les sales gosses, Charlye Ménétrier Mcgrath

En 2 mots : Lorsque Jeanne est placée en maison de retraite par ses enfants, à presque 82 ans, c’est la soupe à la grimace! C’est bien simple, la vieille dame ne supporte pas d’avoir été admise en institution contre son gré et elle compte bien le faire savoir en rendant la vie impossible à sa famille. Pour ce faire, elle a l’idée de simuler une démence afin de les faire tourner en bourrique : Jeanne se met alors à parler à tort et à travers, à jurer à tout bout de champ et n’hésite d’ailleurs pas à leur faire honte en public histoire de bien enfoncer le clou! Mais, petit à petit, Jeanne fait la connaissance de Léon puis de Lucienne, Loulou, Paddy et Jo, eux aussi résidents de la maison de retraite. Cette petite bande fait une place à cette mamie farceuse qui se sent bien en leur compagnie. Ensemble, ils rient, s’amusent, profitent de l’existence tout en se livrant également à des confidences sur leurs moments de bonheur mais aussi sur les regrets qu’ils éprouvent à l’aube de leur vie.

Mon avis : Un vrai bol d’air frais que ce roman qui nous fait découvrir une petite bande de retraités pas comme les autres! C’est frais, dynamique, très drôle et vraiment bien écrit, dans la lignée des romans de Zoé Brisby et Virginie Grimaldi! Il y’a par contre beaucoup de personnages – Jeanne ayant une très très grande famille – et j’ai parfois été un peu perdue avec tous ces noms et pour m’y retrouver dans qui était qui.

J’ai été attendrie par cette petite communauté qui se sert les coudes et décide de profiter à fond des dernières années de leur vie. Bien sûr, cela relève un peu de l’utopie mais qu’est ce que ça fait du bien et donne foi en l’avenir! Les escapades à Paris, Manchester et chez Bocuse (!) apportent un vrai plus avec des situations tour à tour cocasses et touchantes car, lorsque la bande part en vadrouille, ça déménage et ils ne sont pas à une excentricité près!

Belle idée également d’aborder les relations amoureuses des personnes âgées qui osent ici ouvrir leur cœur, se laissant ainsi la possibilité de vivre une dernière histoire d’amour. Un sujet trop souvent tabou, tout comme la sexualité des ainés d’ailleurs, qui est ici envisagé avec naturel et sensibilité. Bravo!

Références : « Les sales gosses« , Charlye Ménétrier Mcgrath, aux éditions Pocket, 304 pages, 6,95€.