
En 2 mots : Leonard passe un été interminable en compagnie de sa famille dans un camping des landes. Là, tout l’accable : la chaleur, le bruit des fêtes sur la plage, la promiscuité, et, surtout, cette éclatante joie de vivre que les autres semblent afficher en toute circonstance, heureux de profiter d’un bel été. Une nuit d’insomnie, alors qu’il erre dans le camping en trainant sa mélancolie, il est témoin d’une scène choc : il aperçoit Oscar, un jeune du camp, en train de suffoquer sur une balançoire, les cordes emmêlées autour du cou. Tétanisé, Léonard ne bouge pas d’un pouce et assiste à la longue agonie d’Oscar, sans lui venir en aide…
Mon avis : Coup de cœur pour ce court roman ultra percutant! En quelques 140 pages, Victor Jestin réussi à nous embarquer, dès les premières lignes, dans une histoire hyper forte et prenante, avec cette scène incroyable de la mort d’Oscar.
J’ai adoré l’atmosphère si particulière qui se dégage de ce roman ; les personnages semblent crouler sous la chaleur, oppressés par un soleil impitoyable qui annihile toute réflexion. Les paysages sauvages des landes se font menaçants, comme si le héros était pris au piège en un lieu qu’il ne pourrait jamais plus quitter. C’est ce petit côté huis-clos qui m’a finalement le plus marqué.
Les états d’âme du héros, ainsi que la culpabilité qu’il ressent pour être resté passif face à la détresse d’Oscar, soulèvent également de vraies questions : qu’est ce qui a motivé cette réaction incroyable ? Pourquoi Léonard est-il resté cloué sur place, en spectateur malsain, fasciné par l’agonie d’un camarade – certes qu’il méprisait – mais tout de même. Comment expliquer qu’il l’ai regardé droit dans les yeux sans lui venir en aide, comme absent à cette scène, privé de ses facultés de réactions. J’ai été fascinée par le récit des heures qui suivent la mort d’Oscar et le comportement de Léonard, ses mécanismes de défense psychique pour tenir à distance l’impensable.
Un instantané de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus complexe, où les sentiments sont exacerbés et passent d’un extrême à l’autre en un claquement de doigts. A lire absolument!
Références : « La chaleur« , Victor Jestin, aux éditions J’ai lu, 140 pages, 6,90€.









