Policiers

L’affaire Protheroe, Agatha Christie

Le challenge « Je lis Agatha Christie » nous propose, pour ce mois de juillet 2021, de lire une histoire mettant en scène un vicaire! « L’affaire Protheroe« , première enquête de miss Marple publiée en 1930, paraissait donc tout indiquée puisqu’elle met en scène le meurtre du colonel Protheroe au sein même du presbytère du petit village de Saint Mary Mead! Le pasteur Clement, vicaire de la communauté, se retrouve donc au coeur de l’enquête, secondant Miss Marple dans ses investigations.

En 2 mots : Protheroe, un notable imbuvable du village, est retrouvé assassiné d’une balle dans la tête alors qu’il attendait le pasteur Clément dans son bureau du presbytère afin de vérifier les comptes de la paroisse. Appelé pour une affaire urgente, le pasteur arrive en retard à leur rdv de 18h15 et découvre le cadavre de Protheroe. A ses côtés, un réveil fracassé indiquant 18h22. Réveil que le pasteur réglait toujours avec 15 minutes d’avance pour s’assurer d’être à l’heure…Évidemment personne n’a rien vu mais deux personnes s’accusent du meurtre alors qu’il semble évident qu’elles n’ont pas pu matériellement commettre le crime. Un véritable écheveau de laine que miss Marple saura dénouer avec brio!

Mon avis : J’ai adoré ce cosy mystery avant l’heure où la curiosité et les talents de miss Marple pour les commérages font merveille ! Un meurtre incroyablement audacieux et complexe, commis dans un petit bourg sans histoire, suffit à mettre tout un village en émoi. Les langues se délient, les ragots s’échangent autour d’une tasse de thé et les vieilles filles épient leurs voisins derrière leurs fenêtres. Un régal de mauvaise foi et de faux-semblants !

J’ai particulièrement aimé cette ambiance de village au sein de laquelle le pasteur Clement – dont le presbytère constitue la scène de crime – se démène tant bien que mal pour remettre sa communauté sur le droit chemin… Beaucoup de fausses pistes et de petits détails en apparence anodin m’ont tenu en haleine jusqu’au bout! Et bien sûr miss Marple, avec son air de ne pas y toucher et ses gros sabots, m’a totalement conquise ! Un très bon cru et une belle manière de découvrir notre charmante et espiègle détective amatrice !

Références : « L’affaire Protheroe« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche, 220 pages, 5,60€.

Policiers

Némésis, Agatha Christie

Le challenge « Je lis Agatha Christie » du mois de juin proposait comme thème : une intrigue ayant trait aux jardins! Connaissant la passion de Miss Marple pour le jardinage, c’est donc bien évidemment elle qui est à l’honneur ce mois-ci avec le roman « Némésis »!

Écrit en 1971, c’est un Agatha Christie tardif que j’ai découvert mais dans lequel notre demoiselle est toujours aussi pimpante et prompte à déterrer de vieilles affaires, même en faisant un banal voyage touristique à travers l’Angleterre à la découverte des demeures et jardins célèbres! Une excursion offerte par un vieil ami récemment décédé et qui n’est pas sans arrière pensée puisque, dans ses dernières volontés, Mr Rafiel prie expressément Miss Marple d’élucider pour lui un certain crime, ne lui fournissant pour tout indice que le seul mot de « Némésis ». La déesse de la vengeance et de la justice inspirera t-elle la vieille dame qui n’a pas son pareil pour sentir le mal et le faire sortir de son trou ?

J’ai lu très rapidement ce roman et je dois dire qu’il m’a davantage séduite que le précédent « une poignée de seigle« . Dans « Némésis », Miss Marple occupe clairement le devant de la scène et mène habilement les conversations pour faire toute la lumière sur un cold case. Avec son air de ne pas y toucher, elle parvient à tirer les fils de cette énigme bien mystérieuse tant elle semble orchestrée dans l’ombre par feu Mr Rafiel. J’ai bien aimé également l’originalité de cette excursion en bus à travers les plus belles demeures d’Angleterre, les participants formant de fait un petit groupe que l’on se prend à examiner à la loupe, à la recherche d’un potentiel criminel. Mais pas facile d’y voir claire tant la petite bande semble inoffensive, et pourtant, lorsqu’un « accident » sème le trouble, notre Némésis des temps modernes n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour que chacun reçoive ce qu’il mérite…

Références : « Némésis« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/Le livre de poche, 248 pages, 5,60€ .


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Elma, Eva Björg Ægisdóttir

En 2 mots : Après une déception amoureuse, Elma quitte la brigade criminelle de Reykjavik pour un poste d’enquêtrice à Akranes, la ville de son enfance, située sur la côte ouest de l’Islande. Rapidement, sa petite vie tranquille est bouleversée par la découverte d’un corps de femme, abandonné au pied d’un vieux phare. La victime, elle-même native d’Akranes, avait fuit la ville et n’y avait semble t-il plus remis les pieds depuis son adolescence. Commence alors une enquête riche et palpitante pour faire toute la lumière sur le meurtre de cette jeune femme.

Mon avis : Une enquête qui s’inscrit dans la pure tradition du polar islandais! Pas très étonnant d’ailleurs lorsque l’on sait qu’Eva Björg Ægisdóttir est la lauréate du Blackbird Award, un prix crée par Ragnar Jónasson! J’y ai d’ailleurs retrouvé la patte du maître du polar islandais et beaucoup de similitudes avec la série Dark Iceland et son héros policier Ari Thór : petite communauté paisible et isolée du bord de mer où tout le monde se connait, aller-retours dans le passé, enquêtrice solitaire et tourmentée, etc. Les amateurs du genre retrouveront avec plaisir l’Islande, la rudesse de son climat et de ces paysages battus par le vent et les embruns, la sobriété des lieux et des personnages ainsi que ce petit côté léché qui fait tout le sel de ces polars nordiques!

L’histoire est fluide, prenante, les rebondissement savamment distillés. J’ai d’emblé bien accroché avec le personnage d’Elma, cette trentenaire qui trouve refuge dans sa ville natale et auprès de ses parents pour panser ses plaies. Son côté minimaliste et taiseuse m’a encore une fois évoqué Ari Thór, faisant d’elle, en quelque sorte, son pendant féminin. J’ai retrouvé avec plaisir également l’ambiance des petites commissariats de province où l’on fait le point autour d’un café et d’une assiette de biscuits, chacun évoquant les avancées de l’enquête et les pistes possibles. Le suspens est d’ailleurs au rendez-vous et m’a bien tenu en haleine jusqu’au bout!

Malgré un air de déjà-vu, une nouvelle héroïne est née et je la suivrai avec plaisir!

Références : « Elma« , Eva Björg Ægisdóttir, aux éditions de la Martinière, 400 pages, 21€.

Policiers

Une poignée de seigle, Agatha Christie

En 2 mots : « Tous ces gens-là sont bien antipathiques » s’exclame l’inspecteur Neele après avoir fait la connaissance de la famille Fortescue dont le patriarche, Rex, vient tout juste d’être assassiné. Empoisonné au cours de son petit déjeuner à la taxine, une substance nocive et particulièrement toxique, contenue dans les baies d’if. Et, coïncidence fortuite, la propriété familiale des Fortescue se nomme justement « la loge aux ifs »! Dépêché sur place pour mener l’enquête, l’inspecteur Neele interroge tour à tour la veuve de Rex Fortescue – âgée de 30 ans de moins que lui – ses enfants et leurs conjoints ainsi que la domesticité. Lorsque deux autres crimes sont commis quasiment coup sur coup, l’inspecteur Neele, mis sur la piste par Miss Marple, constate alors que ces meurtres collent tous étrangement avec les paroles d’une vieille comptine enfantine… A commencer par la poignée de seigle retrouvée, de manière inexplicable, au fond de la poche de Mr Fortescue!

Mon avis : Ce n’est pas un Agatha Christie qui restera dans mes annales! Je n’ai pas trouvé grand intérêt à cette lecture que j’ai trouvé assez froide et manquant de rythme! J’ai eu du mal avec le déroulé de l’intrigue qui fait intervenir les trois meurtres de manière très rapprochée, en début de roman, pour ensuite laisser peu de place au suspens. J’aurai préféré qu’ils s’étalent davantage dans le temps pour me maintenir en haleine…

Miss Marple est trop peu présente à mon goût et n’intervient que pour susurrer des indices à l’inspecteur Neele, endossant volontiers le rôle de la vieille dame idiote et naïve qui met la police sur la voie presque par miracle. Elle ne prend pas suffisamment sa place de détective dans ce roman et c’est vraiment dommage car sa personnalité de petite mamie atypique et clairvoyante méritait mieux! Cela m’a peut-être sauté aux yeux car je suis habituée à un Poirot ultra narcissique et qui occupe le devant de la scène avec panache 😕

Enfin, l’idée de faire coller une série de meurtres à une chanson enfantine est brillante mais là encore déjà vue puisque ce procédé a été exploité par Agatha Christie dans « Dix petits nègres » et « Cinq petits cochons« .

Références : « Une poignée de seigle« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/ Le livre de poche, 223 pages, 5,60€.

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Un meurtre est-il facile ? Agatha Christie

En 2 mots : Ce 4e roman du challenge « Je lis Agatha Christie 2021 » nous emmène dans le petit village anglais de Wychwood-under-Ashe. Une bourgade qui semble paisible et sans histoire excepté que, depuis quelques semaines, les habitants y tombent comme des mouches. Des morts naturelles en apparence, des accidents malencontreux, qui finissent néanmoins par éveiller l’attention de Miss Pinkerton. La vieille dame est à ce point inquiète qu’elle décide de se rendre à Scotland Yard pour faire part de ses doutes. Lors du voyage en train qui la conduit à Londres, elle confie ses inquiétudes à son voisin, Luke Fitzwilliam, un ancien policier, qui l’écoute d’une oreille distraite, accordant peu de crédit aux élucubrations de Miss Pinkerton. Mais lorsque Luke découvre le lendemain, en ouvrant le journal, que sa compagne de voyage a été renversée par une voiture sur le chemin de Scotland Yard, ses vieux réflexes d’enquêteur ressurgissent et le conduisent à Wychwood pour tirer l’affaire au clair…

Mon avis : J’ai adoré cette enquête, malgré l’absence des héros habituels que sont Hercule Poirot et Miss Marple! J’ai d’ailleurs trouvé que Luke Fitzwilliam faisait un enquêteur tout à fait plaisant avec un petit côté à la Hastings car il est fréquemment à côté de la plaque! Il est heureusement habilement secondé par Bridget Conway, une jeune fille du village, pétillante et malicieuse. Un duo qui fonctionne bien à mon sens, avec leurs petites taquineries et joutes verbales.

L’atmosphère de village, où l’on en vient à soupçonner tout le monde, m’a séduite. L’intrigue repose, comme d’habitude chez Agatha Christie, sur les conversations menées par Luke et Bridget qui devront faire preuve de psychologie pour dénouer les fils de cette enquête et de ces meurtres en série. Car effectivement, l’un des membres de la communauté se débarrasse bel et bien de ses congénères avec une facilité déconcertante, s’arrangeant toujours pour que la mort semble naturelle ou accidentelle. Mais l’on ne peut impunément enchaîner 5 à 6 victimes sans commettre un faux pas…

Références : « Un meurtre est-il facile?« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque / Livre de poche, 221 pages, 6,40€.

Policiers

Le couteau sur la nuque, Agatha Christie

En 2 mots : Au spectacle de Carlotta Adams, Poirot et Hastings sont frappés par les talents d’imitatrice de la jeune femme, capable d’adopter la voix, l’allure et même certains traits du visage de son personnage. Un talent qui n’échappe pas non plus à l’actrice Jane Wilkinson, désormais connue sous le nom de lady Edgware, elle-même présente dans la salle. Cette dernière sollicite d’ailleurs Poirot à l’issue de la représentation pour lui demander son aide : elle veut à tout prix obtenir le divorce mais son mari, lord Edgware, s’y opposerait farouchement. Jane plaisante, elle est si désespérée qu’« elle serait même prête à sauter dans le premier taxi venu pour aller assassiner son époux et régler le problème une bonne fois pour toute!» Une boutade, pense Hercule Poirot! Le souci c’est que l’homme est retrouvé assassiné le lendemain soir, un couteau dans la nuque…

Mon avis : 3e roman du challenge « Je lis Agatha Christie 2021« , ce roman m’a davantage séduit que les deux précédents. J’y ai retrouvé le plaisir de lire une enquête à rebondissements avec un vrai suspens et une fin qui m’a scotché. L’originalité du meurtre et l’ingéniosité de la mise en scène de l’intrigue ont réussi à maintenir mon intérêt tout du long. J’avais échafaudé plusieurs théories mais, encore une fois, la reine du crime m’a bien eu!

Une galerie de personnages savoureux et un mystère en trompe l’œil sont donc au menu de cette enquête du tandem Hercule Poirot – Capitaine Hastings qui s’immisce cette fois dans le milieu du show-business!

Références : « Le couteau sur la nuque« , Agatha Christie, aux éditions « Le livre de poche », 223 pages, 5,60€.

Policiers

Mr Parker Pyne, Agatha Christie

En 2 mots : 12 courtes nouvelles – d’une dizaine de pages environ – mettant en scène le personnage de Mr Parker Pyne, professeur de bonheur. Ce dernier attire une clientèle hétéroclite en faisant paraître une curieuse petite annonce dans le Times : « Etes vous heureux ? Dans le cas contraire, consulter Mr Parker Pyne, 17 Richmond Street. » Et, contre toute attente, toute sorte de personnages se pressent à sa porte, désireux d’obtenir une solution au problème qui les mine : époux délaissé par sa femme, retraité en mal d’aventure, voleuse repentie, etc. A la manière d’un mentaliste qui pressent les faiblesses de ses clients, Parker Pyne leur livre, clé en main, une méthode pour retrouver joie de vivre et tranquillité d’esprit. Pour ce faire, il a recours à des pratiques plus ou moins légales, mêlant illusion, bluff et mise en scène.

Mon avis : Un peu surprise dans un premier temps par le ton humoristique de ces nouvelles, j’ai fini par savourer avec plaisir ces petites mises en scènes, souvent assez éloignées des enquêtes policières auxquelles j’étais habituée chez Agatha Christie. La manière dont Parker Pyne profite avec malice de la crédulité de ces clients prêtent souvent à sourire mais j’ai également été impressionnée par la manière dont il met pile le doigt sur ce qui ne va pas. Une fois qu’il parvient à les percer à jour, il imagine avec intelligence une solution au problème de ses clients. Si le problème est banal, la résolution est, elle, en revanche, toujours exaltante!

J’ai également aimé le fait qu’il n’agisse pas seul mais entouré de sa petite équipe dont des visages bien connus des enquêtes d’Hercule Poirot : la romancière Mrs Oliver et Miss Lemon, fidèle secrétaire du détective belge, en tête. Si les premières affaires se déroulent à Londres, on suit également Parker Pyne à travers ces voyages au Moyen-Orient : Damas, Bagdad, Téhéran, Ispahan, Petra prêtant notamment leur cadre exotique et enchanteur aux nouvelles 7 à 12.

Références : « Mr Parker Pyne« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche, 188 pages, 5,60€ .

Policiers

Le Vallon, Agatha Christie

Première lecture dans le cadre du challenge organisé par le site « Official Agatha Christie » avec, à l’honneur pour ce mois de janvier, le roman « Le Vallon »!

En 2 mots : Ne vous fiez pas à cette couverture exotique car, dans cette enquête, il n’est point question de tropique ou de farniente mais bel et bien de meurtre dans la campagne anglaise. Et quel meurtre! Une affaire des plus simples en apparence puisque le docteur John Christow a été abattu par balle, au bord de la piscine de la propriété «le Vallon» où il passait le week-end, quasiment sous les yeux d’Hercule Poirot. En effet, arrivé sur les lieux quelques secondes après le coup de feu, le détective belge a pour ainsi dire vu la scène se dérouler sous son nez, l’épouse de Christow se tenant encore à côté de son mari, choquée et revolver à la main! Pourtant, quelque chose lui semble sonner faux, comme si tout cela n’était qu’une mise en scène, une comédie orchestrée par la famille Angkatell au grand complet pour protéger l’un des siens, le véritable meurtrier de John…

Mon avis : Une enquête brillante qui tient surtout au caractère étrange du meurtre, presque trop facile, avec un coupable évident et tout trouvé. Néanmoins, comme souvent chez Agatha Christie, les apparences sont trompeuses et une mécanique des plus intelligentes et astucieuses est à l’oeuvre pour crédibiliser cette scène de crime quelque peu « artificielle ». La famille Angkatell, qui fait bloc pour livrer une version arrangée à sa sauce, m’a séduite. Ils se révèlent d’ailleurs être de sacrés originaux, notamment la fantasque Lady Angkatell qui, sous ses faux airs d’étourdie, cache une intelligence redoutable. Les membres du clan (ainsi que le lecteur!) se font prendre à leur propre piège en essayant de multiplier les fausses pistes et les indices contradictoires : la vérité semble évidente ? Il n’en est rien en réalité, et la fin se révèle être à la hauteur des conjectures que j’ai pu faire en cours de lecture!

La propriété du Vallon, personnage à part entière, donne également une vision idyllique d’une campagne anglaise automnale et sublimée. C’est le cadre idéal pour une bonne enquête policière, menée tambour battant par Hercule Poirot, qui trouve ici des adversaires à sa mesure, bien décidés à faire front pour protéger les liens du sang…

Un polar efficace – bien qu’un peu fade – qui fait une belle place à la nature et aux secrets de famille.

Références : « Le Vallon« , Agatha Christie, aux éditions « Le livre de poche », 256 pages, 5,60€.

Feel Good·Policiers

Fête de famille fatale, Juliette Sachs

En 2 mots : Amatrice des romans de M. C. Beaton et de Julia Chapman, je suis ravie d’avoir trouvé un équivalent à la française grâce aux romans de Juliette Sachs! Ici, c’est Camille, une jeune journaliste qui est à la manœuvre pour résoudre les crimes commis dans son entourage. Dans ce volet, notre détective en herbe se retrouve accusée du meurtre d’un vieux monsieur, décédé subitement lors d’une fête de noël après avoir été empoisonné au cyanure. Le hic, c’est que c’est Camille elle-même qui a servi la coupe de champagne fatale à la victime… Ni une ni deux, il n’en faut pas plus à l’officier de police du village – un peu trop zélé – pour placer la jeune femme en garde en vue. Bien décidée à prouver son innocence et à faire toute la lumière sur cette affaire, Camille décide de mener sa propre enquête, quitte à délaisser son chéri et sa belle famille avec qui elle passe son premier noël!

Mon avis :  un cozy mystery à la française, drôle et rafraîchissant! J’ai beaucoup aimé l’écriture de Juliette Sachs qui nous propose une héroïne gaffeuse et hilarante aux faux airs de Bridget Jones! Son talent pour se fourrer dans des situations inextricables – certes bien aidée par sa fofolle de mère – est à l’origine de scènes vraiment cocasses! Lucie, l’ex revancharde de Marc, est également parfaite dans le rôle de la peste qui met des bâtons dans les roues de l’héroïne. Tout ce petit monde, ainsi que l’atmosphère des fêtes de fin d’année, m’ont permis de passer un bon moment de lecture 😊

L’enquête en elle-même est distrayante et se résout d’une manière différente de celle que j’avais imaginé! Enfin, comme dans tout bon cozy mystery, on ne vient pas forcément pour le suspens mais pour trouver une lecture un peu mystérieuse tout en évitant la violence et les scènes glauques ou choquantes. Contrat rempli donc😊!

Références : « Fête de famille fatale« , Juliette Sachs, aux éditions City, 256 pages, 16,90€.

Non classé·Policiers

La dame de Reykjavík, Ragnar Jonasson

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En 2 mots : A Reykjavík, Hulda Hermannsdóttir est proche de la retraite. Enquêtrice expérimentée, elle n’est pourtant pas prête à raccrocher pour embrasser une vie de jeune retraitée et, surtout, se retrouver seule avec elle-même et ses démons. Lorsque Magnus, son chef, la convoque pour lui signifier son départ en retraite forcée dans les 15 jours qui viennent, Hulda lui arrache une dernière faveur : lui permettre de rouvrir un dossier non résolu, histoire de finir sa carrière sur un succès. Cette dernière enquête, sous forme de compte-rebours, sera celle de la mort suspecte d’Elena, une jeune demandeuse d’asile russe, retrouvée morte dans une crique il y’a quelques mois. Convaincue que l’affaire a été bâclée par un collègue peu scrupuleux, Hulda jette ses dernières forces dans cette enquête de la dernière chance, en mémoire d’Elena.

Mon avis : Je trouvais que la série des enquêtes de Siglufjördur s’essoufflait un peu et je suis donc ravie de retrouver la plume de Ragnar Jonasson au service d’une nouvelle héroïne. Et quelle belle héroïne il nous offre là! Toutes en nuances et en contradictions, Hulda se révèle être un personnage tourmenté, solitaire, et cachant de sombres secrets! Elle m’a inspiré des sentiments ambivalents car, si elle possède des qualités admirables telles que le courage, la ténacité et l’empathie, elle est aussi très fragile, autocentrée et peu portée sur le travail en équipe. Je me suis néanmoins attachée à elle, à cette héroïne si peu conventionnelle qui a déjà sa carrière derrière elle et qui a du mal à lâcher prise. On sent en elle un désir d’aller mieux et de faire table rase de ce passé douloureux qui lui colle à la peau et que l’on découvre au fil du roman, en même temps que la personnalité trouble de Hulda.

L’enquête est menée sur un rythme haletant, grâce à des chapitres très courts, alternant entre Hulda et le meurtrier, distillant ainsi des indices petit à petit. Les paysages du sud-est de l’Islande sont comme toujours omniprésents et confère au roman ce côté sauvage ainsi que cette atmosphère isolée de bout du monde qui fait froid dans le dos.

Coup de chapeau pour le final – incroyable, inattendu – que je n’avais absolument pas vu venir et qui m’a bluffé! Il est cependant amené de manière un peu trop brutal pour moi et j’aurai aimé en avoir un peu plus, voir s’éclairer davantage de zones d’ombre…

En bref, « La dame de Reykjavik » est un polar efficace, fluide, prenant mais un peu trop court à mon goût!

Références : « La dame de Reykjavik« , Ragnar Jonasson, aux éditions Points, 312 pages, 7,60€.