Non classé·Policiers

L’impasse, Olivier Descosse

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En 2 mots : L’histoire d’un auteur de polar à succès qui a tout pour être heureux. Néanmoins la vie de Marc Caron commence vraiment à se dérégler lorsqu’il voit ses nuits se transformer en  véritable enfer : cauchemars effrayants et sanglants, terreurs nocturnes, crises de somnambulismes, etc. L’homme perd pied, peu à peu, jusqu’au point de non-retour : chargé de surveiller Arthur, son jeune fils, ce dernier disparaît de manière inexplicable. Marc, qui n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé durant les dernières 12 heures, est automatiquement suspecté d’y être pour quelque chose…

Fiction et réalité se mêlent et se confondent pour Marc qui expérimente alors le monde de violence qu’il ne faisait que décrire dans ses sombres romans.

Mon avis : Je suis malheureusement passée totalement à côté de ce thriller introspectif! Malgré plusieurs tentatives infructueuses – pauses puis reprises – je n’ai pas réussie à accrocher à la trame de « L’impasse« . A mon goût, trop d’éléments perturbateurs ont contribué à rendre ce polar bancal : une foule de personnages, une intrigue floue, des errements et des questionnements sans fin qui m’ont définitivement perdue et agacée au bout du compte.

J’ai également été perturbée par l’extrême noirceur du roman – pas dans mes habitudes de lecture – trop éprouvant, trop sanglant, trop violent. Bref, je ne suis pas allée au bout de cette lecture…

Références : « L’impasse« , Olivier Descosse, aux éditions Michel Lafon, 630 pages, 20,95€.

 

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Un(e)secte, Maxime Chattam

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En 2 mots : La fin du monde est proche. Depuis qu’Edwin Kowalski, un richissime illuminé  a comme projet d’éradiquer – ou presque – l’humanité sur notre planète, l’horreur est en marche. Pendant que la détective privée Kat Kordell se lance à la recherche d’une jeune fille disparue, le flic Atticus Gore enquête, quant à lui, sur la disparition de plusieurs individus au profil bien particulier : des SDF dont personne ne remarque la disparition. Les deux enquêteurs ne se doutent pas que leurs traques  pointent en direction de Kowalski… En effet, celui-ci a passé beaucoup de temps a domestiqué les insectes volants et rampants pour en faire des machines de guerre programmées pour tuer les êtres humains et servir ses intérêts.  

Mon avis : Avec ce roman, Maxime Chattam intègre le rang des grands auteurs du genre. Il conjugue en effet avec beaucoup de talent suspens, angoisse et horreur et m’a ainsi tenu en éveil quelques nuits, à la fois par l’effroi qu’il m’a procuré et par l’intrigue passionnante qui se déroulait sous mes yeux. Le récit est mené tambour battant et tient ses promesses grâce, notamment, à des chapitres courts et bien rythmés. 

J’ai trouvé ce polar particulièrement effrayant, notamment à travers les descriptions de scènes de crimes macabres et sordides. Les images de personnes tuées par des essaims d’insectes qui décomposent les corps m’ont littéralement glacé le sang. Autre détail particulièrement glauque : le seul indice présent sur les lieux du crime réside bien souvent dans les monticules d’insectes gisant au pied des cadavres en état de décomposition…

J’ai beaucoup apprécié ce livre manichéen même si le final m’a laissé sur ma faim : trop court et amené de façon trop rapide. Lorsque enfin Kat et Atticus se trouvent face à l’ennemi, la résolution est quelque peu abrupte et trop précipitée à mon goût…

En bref, un roman policier riche en rebondissements et en retournement de situation inattendus dans lequel Maxime Chattam se pose en visionnaire. Envisager les insectes comme armes de guerre relève t-il de l’utopie ou d’un futur dans lequel le pire est avenir? 

Références : « Un(e)secte« , Maxime Chattam, aux éditions Albin Michel, 480 pages, 22,90€.

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Mitragyna, Alain Siméon et Sandrine Zorn

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En 2 mots : un captivant roman policier écrit à 4 mains et qui mêle habilement polar et science. Dans Mitragyna, titre ô combien mystérieux, Alain Siméon et Sandrine Zorn nous entraînent dans l’histoire de Camille, une ancienne chercheuse aujourd’hui reconvertie en professeur de SVT. Lors d’une visite au Musée d’Orsay à Paris, Camille est violemment agressée alors qu’elle se trouve dans les toilettes du prestigieux établissement. Lorsqu’elle recouvre ses esprits, elle constate que son sac à main a disparu… Or, ce dernier ne tarde pas à refaire surface à proximité du corps d’un SDF assassiné qui n’est autre en réalité que son ancien directeur de thèse, l’éminent Pierre Viguier. Une funeste coïncidence qui ne manque pas de faire resurgir de douloureux souvenirs dans l’esprit de Camille qui se remémore alors la trahison de son mentor, plus de 15 ans auparavant, lorsque Pierre Viguier n’avait pas hésiter à lui voler une découverte scientifique majeure. Camille décide alors de mener sa propre enquête, intriguée par cette troublante résurgence du passé.

Mon avis : coup de cœur pour ce polar scientifique grand public qui ne nécessite pas d’être un passionné de science pour se fondre dans l’intrigue! J’ai ainsi été happée par l’enquête dès les premières pages, notamment grâce à une écriture fluide et aux petites touches d’humour savamment distillées de-ci de-là. L’univers de la botanique, peu souvent exploité dans les romans policiers m’a beaucoup intéressé et j’ai apprécié les explications scientifiques abordables apportées par les auteurs. Bien ancré dans notre époque, Mitragyna mêle habilement les leviers du roman policier (meurtre, enquêteur et enquête, victime héroïne) et des sujets de société actuels tels que la recherche scientifique, la toute puissance des grands groupes pharmaceutiques, l’espionnage industriel, etc.

L’enquête prend rapidement de l’ampleur, entraînant ainsi le lecteur à Dakar, où Camille avait effectué une partie de ses études et de ses recherches scientifiques. Construit comme un jeu de piste grâce aux indices laissés par Pierre Viguier, le lecteur est invité à remonter le fil qui mène aux mystérieuses graines de Mitragyna, véritable clé du mystère!

En bref, ça change, c’est bien mené et l’on apprend pas mal de choses mine de rien!

Références : « Mitragyna« , Alain Siméon et Sandrine Zorn, aux éditions Lajouanie, 360 pages, 19€.

 

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L’ombre de la menace, Rachel Caine

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En 2 mots : C’est l’histoire saisissante de Gina, une jeune mère de famille, qui mène une existence paisible jusqu’au jour où l’impensable se produit, précipitant alors littéralement sa vie et celle de ses enfants en enfer. Tout commence par un banal accident de la circulation lorsqu’un automobiliste perd le contrôle de son véhicule et vient défoncer la porte de leur garage. L’effroyable est alors révélé au grand jour puisqu’on y découvre le corps d’une femme pendue et dépecée….

Considérée dans un premier temps comme la complice de son mari – car qui pourrait sérieusement croire que cette femme a vécu de nombreuses années aux côtés d’un tueur en série sans s’en apercevoir – Gina est incarcérée pendant que son mari écope de la peine capitale. Libérée un an plus tard, elle peine pourtant à retrouver une vie normale, menacée et harcelée par son mari et par des hordes d’internautes déchaînés. Bien décidée à protéger ses enfants, la jeune femme prend mille précautions pour dissimuler son identité et recommencer une nouvelle vie. En vain.

L’horreur finit par se répéter plusieurs années après, dans le petit village où la famille a trouvé refuge : un cadavre de femme est en effet repêché dans le lac, tué selon le même modus operandi que celui de  son mari…

Mon avis : voilà un thriller redoutablement efficace ! Pour son premier thriller à destination des adultes, l’autrice américaine a su incorporé avec brio tous les ingrédients nécessaires pour faire de son livre un triller digne de ce nom!

Servi par une écriture très visuelle et imagée, ce récit fait froid dans le dos et distille savamment suspens et angoisse. Il m’a ainsi tenu en haleine tout du long et j’avais hâte de savoir ce qu’il allait advenir de Gina et si son mari parvenait encore, même sous les verrous, à tirer les ficelles.

J’ai été happée par l’originalité de l’histoire et par cette atmosphère angoissante qui domine de la première à la dernière page. Le personnage de Gina, mère courage qui essaie coûte que coûte de s’en sortir m’a touché et intrigué à la fois : que savait-elle vraiment des agissements de son mari ? Était-elle pleinement une victime innocente ou une complice coupable ?

En bref, un thriller efficace et très bien écrit qui saura vous tenir en haleine grâce à ses nombreux rebondissements!

Références : « L’ombre de la menace« , Rachel Caine, aux éditions de l’Archipel, 336 pages, 20,99€.

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Le crime de l’Orient Express, Agatha Christie

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Indémodable et définitivement dans mon top 3 des romans d’Agatha Christie, découvrez cet incroyable huis-clos dans le mythique train de l’Orient Express!

En 2 mots : « Le train est aussi dangereux que le paquebot » déclare un Hercule Poirot clairvoyant, et pour cause! Rappeler d’urgence à Londres, le détective belge, alors en villégiature à Istanbul, attrape in extremis l’Orient Express. 3 jours de voyage à travers l’Europe et les Balkans attendent les passagers de la voiture Istanbul – Trieste – Calais, parmi lesquels se trouve du beau monde : une princesse russe, un couple de diplomates ainsi que l’inquiétant Mr Ratchett, un américain richissime qui fait très mauvaise impression au détective. Une nuit, le train est bloqué par la neige en rase campagne yougoslave. C’est là, dans cette atmosphère de solitude glaciale, que le corps de Ratchett est découvert, allongé dans sa couchette, le corps criblé de coups de couteau… Poirot en arrive rapidement à la conclusion que le meurtrier ne peut être que l’un de ses respectables compagnons de voyage…

Mon avis : un roman policier culte et fascinant, peut-être la plus célèbre enquête d’Hercule Poirot, et dont la mécanique implacable fonctionne toujours aussi bien malgré le temps qui passe et mes multiples relectures. Ce qui me captive le plus dans cette affaire, c’est ce huis clos qui confine les passagers dans un train à l’arrêt au beau milieu de nulle part. La tempête de neige coupe les protagonistes du monde extérieur et attise la tension : le meurtrier n’a pas pu fuir et se trouve forcément parmi les passagers du wagon ; suspicion peur et méfiance flottent donc dans l’atmosphère…

Le détective belge Hercule Poirot, passager imprévu de ce voyage, mène l’enquête pour notre plus grand plaisir, bien décider à élucider le meurtre de Ratchett. Les interrogatoires se succèdent, les preuves s’accumulent et les fausses pistes sont petit à petit écartées jusqu’à la résolution finale qui tient toutes ses promesses, offrant un dénouement inoubliable au lecteur. Ce côté spectaculaire du meurtre, ainsi que son mode opératoire m’ont durablement marqué et fasciné tant j’ai savouré les explications de Poirot qui, comme d’habitude, a tout compris bien avant son lecteur… Néanmoins, le détective est également mis devant un cas de conscience : Ratchett, homme abject s’il en est, n’a t-il pas, en définitive, eu ce qu’il méritait ?

Enfin, j’adore tout particulièrement le décor de cette enquête, cette ambiance surannée de l’Orient Express, avec ses passagers cosmopolites, me transporte à chaque fois avec délice dans une autre époque, celle des épopées ferroviaires à travers l’Europe.

Références : « Le crime de l’Orient Express« , Agatha Christie, aux éditions du livre de Poche, 250 pages, 5,60€.

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Diskø, Mo Malø

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En 2 mots : Qaanaaq Adriensen, récemment promu à la tête de la police du Groenland, est appelé dans la baie touristique de Diskø pour une bien étrange affaire : un corps, prisonnier d’un iceberg récemment vêlé, a été repéré par un bateau touristique. A l’intérieur, mort asphyxié, le glaciologue américain Léonard Kelly. Bien vite, les premières constations concluent que cette tombe a été creusée par la main de l’homme et que le jeune scientifique n’y est pas tombé par accident : on l’a sciemment emprisonné dans cette étroite et inextricable cavité, le condamnant à une mort certaine. Quelques heures plus tard, le drame se répète lorsque Qaanaaq reçoit une vidéo en direct diffusant une nouvelle agonie dans un cercueil de glace : celle de Bodil, la sœur cadette de son adjoint, Appu. Une terrible course contre la montre s’engage alors pour tenter de retrouver la jeune femme…

Mon avis : J’ai été conquise par cette lecture franchement dépaysante et très bien documentée! Au delà de l’enquête, j’ai appris beaucoup de choses sur ce pays méconnu, ses traditions ancestrales ainsi sur que les relations complexes qui unissent inuits et danois dans l’administration du territoire groenlandais. Un petit bémol néanmoins pour l’abondance d’explications et de détails techniques, certes pertinents, mais parfois fastidieux.

Ce deuxième volet des aventures de Quaanaaq tient ses promesses et apporte une bonne dose de suspens grâce à une enquête menée tambour battant. L’originalité et la cruauté du mode opératoire – des victimes emmurées vivantes à l’intérieur d’icebergs – aboutissent à une intrigue palpitante et rythmée. Aucun temps mort n’est donc à déplorer et j’ai vraiment eu l’impression d’être immergée dans l’enquête, vivant chaque rebondissements avec intensité et urgence. Ces meurtres spectaculaires et hors du commun m’ont donc tenu en haleine tout au long de ma lecture, me laissant longtemps dans le flou.

Mo Malø, auteur français écrivant sous pseudonyme, a su distiller sa pâte française dans ce polar nordique. Son style, direct et franc, n’est toutefois pas dénué de chaleur humaine et d’humour. Avec talent, il est parvenu à créer une atmosphère captivante dans ce décor  hostile et mythique du grand nord, tout en donnant vie à des personnages atypiques auxquels je me suis très vite attachée.

En bref, coup de cœur pour ce nouvel enquêteur dont je lirais les prochaines aventures avec plaisir, notamment le tome 1 « Qaanaaq« , du nom de son héros éponyme!

Références : « Diskø« , Mo Malø, aux éditions de la Martinière, 416 pages, 20,90€.

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Meurtre en Mésopotamie, Agatha Christie

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En 2 mots : Un huis-clos sous haute tension! Le chantier de fouilles archéologiques de  Tell Yarimjah au Moyen-Orient rassemble sous le même toit un petit groupe hétéroclite : deux archéologues et leurs épouses, un prêtre, une infirmière, de jeunes chercheurs, etc. La cohabitation est houleuse, d’autant que Mrs Leidner, l’épouse du professeur dirigeant les fouilles, semble attiser les tensions. Cette dernière, « fragile des nerfs », prétend avoir aperçu un visage à la fenêtre de sa chambre en pleine nuit et avoir reçu des lettres de menaces de son premier époux, prétendument décédé. Si les autres membres de l’expédition paraissent ajouter peu de crédit à ses craintes, la situation devient explosive lorsque la jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée dans sa chambre… Hercule Poirot, appelé en renfort, devra faire la lumière sur ce huis-clos hors du commun.

Mon avis : j’ai aimé cette énigme mettant en scène un meurtre, a priori, impossible à réaliser! Comment une femme peut-elle être assassinée, en plein jour, alors que sa porte donne sur une cour intérieure fréquentée et gardée en permanence ? Je me suis beaucoup creusée les méninges et la solution m’a laissé sans voix, je n’avais rien vu venir!

Poirot fait à nouveau mouche par son talent de déduction et sa capacité à faire parler les différents protagonistes, s’appuyant sur les ressorts de la psychologie et sur ses fameuses « petites cellules grises ». Des méthodes à l’ancienne, des détails d’importance, des fausses pistes, une situation de huis-clos qui met les personnages sous tension : voilà les ingrédients prometteurs de « Meurtre en Mésopotamie« ! Ajouté à cela l’exotisme et le dépaysement d’un chantier de fouilles irakien en plein désert et le décor parfait d’un polar suffocant est planté.

Bien sûr on retrouve le style suranné des années 30 dans l’écriture de la romancière et quelques réflexions un peu limite, notamment en matière de misogynie, qui pourraient faire froncer les sourcils d’un lecteur non averti. Néanmoins, j’ai plus accroché à cette énigme qu’à celle des «Vacances d’ Hercule Poirot»!

J’ai également apprécié la présence au premier plan de Miss Leatheran, l’infirmière et la narratrice du roman, qui, de par son franc parler et ses fines capacités d’observation, apporte un regard aiguisé sur le déroulé de l’histoire. Ses réflexions sont également imprégnées de ses propres impressions sur les personnages qui l’entourent et sur le déroulé des événements, ce qui conduit habilement le lecteur à regarder dans de fausses directions, le laissant totalement surprit par la révélation finale (moi en tout cas!).

Références : « Meurtre en Mésopotamie« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche/le Masque, 223 pages, 5,60€.