Non classé·Romans étrangers

La sœur de la tempête – Tome 2 « Ally », Lucinda Riley

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En  2 mots : L’histoire de la deuxième sœur d’Aplièse, Ally, passionnée de musique et de navigation. Après un premier tome qui m’avait fait voyager au Brésil, cette nouvelle histoire m’a entraîné dans un premier temps sous le soleil des îles grecques avant de m’embarquer vers les terres norvégiennes, à la recherche des origines nordiques d’Ally.

Mon avis : Quel plaisir de retrouver la plume de Lucinda Riley! Après avoir dévoré le tome 1 de la saga des « sept sœurs« , consacré à Maia, il me tardait de découvrir l’histoire d’Ally et je n’ai pas été du tout déçue, bien au contraire! J’ai à nouveau été totalement charmée par l’histoire, les personnages et les paysages des îles grecques aux  fjords norvégiens.

Ainsi, Lucinda Riley insuffle à nouveau le goût du voyage et de l’évasion à ses lecteurs en situant la majeure partie de son roman en Norvège, donnant irrépressiblement l’envie de faire ses bagages et de découvrir ce pays si authentique et préservé.

La musique classique tient également une grande place dans ce second tome puisque les origines d’Ally la conduisent à faire des recherches sur une grande famille de musiciens norvégiens, les Halvorsen, dont la jeune femme pourrait bien être l’une des descendantes. La deuxième sœur remonte alors le temps jusqu’en 1875 afin d’en apprendre plus sur ses ancêtres, Anna et Jens, respectivement chanteuse et musicien dans l’orchestre de Christiania, désormais connue sous le nom d’Oslo. Une enquête qui la mènera jusqu’en Allemagne, dans une ville de Leipzig gagnée par la montée du nazisme en 1936.

Encore une fois, la saga des « sept sœurs » se révèle vibrante d’émotion et de passion, avec des personnages mêlés à des événements historiques d’envergure qui les ancrent ainsi dans des histoires passionnantes et addictives. Dans le roman, la famille Halvorsen est ainsi étroitement liée à un personnage réel, le compositeur et pianiste norvégien Edvard Grieg, créateur de l’opéra « Peer Gynt« , dont on assiste à la naissance sur scène aux côtés des personnages. Histoire que l’on découvre lorsque le récit d’Ally est mis entre parenthèses au profit de celui d’Anna puis de son petit-fils, Pip.

En bref, une quête passionnante, sur plusieurs générations, qui m’a tenu en haleine tout du long.

Références : « La sœur de la tempête » – tome 2 « Ally« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 600 pages, 19€.

Feel Good·Non classé

Le sourire des fées, Laure Manel

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En 2 mots : La jolie petite famille formée par Antoine, Rose et la jeune Lou, coule des jours heureux dans le chalet de montagne d’Hermance, la grand-mère d’Antoine. Heureux d’être ensemble, ils savourent leur vie tranquille après les douloureuses épreuves vécues dans un précédent roman de Laure Manel « La mélancolie du kangourou« . Rose, qui s’est occupée de Lou dès ces premiers jours d’existence après le décès de sa maman lors de l’accouchement, forme un couple uni avec Antoine et veille comme une maman sur l’espiègle petite fille, le tout sous l’œil de Gramima Hermance. Les journées d’école, les soirées au coin du feu, les tartes aux pommes et les randonnées en montagne rythment leur quotidien enfin apaisé.

Mon avis : Une grosse première moitié du roman respire la bienveillance et la douceur! Dans leur cocon préservé des Alpes, Antoine, Rose, Hermance et la petite Lou profitent de l’existence, pour le plus grand bonheur du lecteur qui prend plaisir à partager ces moments de complicité. L’atmosphère familiale imprègne le roman tout du long, rendant la lecture très enveloppante, comme un plaid agréable dans lequel se lover! En effet, ce qui m’a le plus marqué c’est vraiment ce bonheur diffus qui se dégage des personnages, simplement heureux de partager les plaisirs simples du quotidien, ensemble. Cette vision quelque peu idéalisée peut, par moment, se révéler un peu lassante car on a l’impression que tout est trop parfait, trop lisse et qu’une telle félicité est trop belle pour être vraie. Qu’importe, un livre aussi positif, ça fait du bien!

J’ai trouvé que c’était vraiment un roman d’atmosphère et d’émotion car, du point de vue de l’intrigue, il ne se passe finalement pas grand chose pendant une grosse partie du roman. Quelques péripéties rythment l’intrigue mais elles s’insèrent presque sur la pointe des pieds, comme si elles ne voulaient pas trop bousculer l’harmonie entre les personnages, si attachants qu’on a envie de les protéger et de simplement les regarder vivre dans leur bulle de tendresse. Ce n’est qu’après avoir passé les deux tiers du roman que le drame finit, finalement, par se frayer un chemin et par tout bousculer…. C’est là que les vannes s’ouvrent et que l’émotion prend le lecteur à la gorge, le laissant exsangue après avoir cru immuable le bonheur de cette belle famille…

Beaucoup d’émotion donc dans « Le sourire des fées« ! Et d’ailleurs, des fées, le roman en compte plus d’une 😉 ! Comment ne pas fondre devant le côté espiègle de la petite Lou, la gentillesse d’Hermance ou l’optimisme à toute épreuve de Rose ? A elles trois, ces femmes font planer joie, rire et bonne humeur sur ce joli roman. Bravo à Laure Manel pour ces si jolis personnages féminins que l’on aimerait croiser dans la « vraie » vie!

Bien qu’étant la suite de « La mélancolie du kangourou » – que je n’avais pas lu – je n’ai eu aucun souci à me situer dans l’intrigue et à faire le lien entre les personnages et leurs histoires. On raccroche très vite le fil avec ce qu’il s’est passé dans le roman précédent et l’on suit avec plaisir la vie heureuse et paisible de cette famille recomposée.

Une ode à la simplicité et à la nature, une invitation à savourer les petits bonheurs de l’existence!

Références : « Le sourire des fées », Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 348 pages, 18,95€.

Non classé·Romans étrangers

Les sept soeurs, Lucinda Riley

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En 2 mots : A la mort de leur père adoptif, surnommé Pa Salt, les six sœurs d’Aplièse se retrouvent dans la maison familiale, sur les bords du lac de Genève, pour faire le deuil de cet homme tant aimé. En guise d’héritage, Pa Salt, leur a laissé à chacune une lettre bouleversante ainsi que des coordonnées GPS indiquant leurs lieux de naissance aux quatre coins du monde – au cas où les filles désireraient un jour en apprendre davantage sur leurs origines. Ce premier opus, entièrement dévolu à Maïa, l’aînée des sœurs, entraîne le lecteur dans une quête à travers les paysages luxuriants et fiévreux du Brésil : à Rio, Maïa découvre vite qu’elle descend des Aires Cabral, l’une des familles les plus anciennes et illustres de la ville… Ses recherches la conduiront à remonter jusqu’en 1927, afin de découvrir l’histoire d’Izabela, son arrière grand-mère. Une histoire étroitement liée à l’édification de la statue du Christ Rédempteur sur les hauteurs du Corcovado

Mon avis : Très très gros coup de cœur pour ce 1er tome de la saga romanesque de Lucinda Riley! Je dois bien reconnaître qu’après avoir lu tellement d’avis dithyrambiques sur ces romans, je l’attendais un peu au tournant ce premier tome, redoutant qu’il ne se révèle trop mièvre. Mais effectivement, dès les premières pages, j’ai senti que la magie opérait et que j’allais adorer ce livre tant il pulse de vie et d’émotions!

Si j’ai tout d’abord été agréablement surprise par le style tout en fluidité de Lucinda Riley, c’est bien vite la force et la densité de l’intrigue qui m’ont conquises! Il n’y a ainsi aucun temps mort dans cette histoire et, malgré les 500 pages, on ne les voit pas passer. Ce roman est un concentré d’énergie et de vitalité et il a réussi le tour de force de m’immerger dans cette ville de Rio, m’en faisant ressentir pleinement toute l’effervescence. Très bien documenté d’un point de vue historique et culturel, on sent que tout a été très bien pensé et construit lors de la rédaction, l’intrigue et les personnages étant ainsi maîtrisés de bout en bout.

J’ai particulièrement aimé le dépaysement que j’ai ressenti tout au long de ma lecture avec cette immersion dans la culture brésilienne que l’on voit évoluer de la fin des années 20 à nos jours, en découvrant l’histoire de l’arrière grand-mère de Maïa, la fougueuse Izabela Aires Cabral. Le volet historique, avec l’édification en fil rouge de la statue du Christ Rédempteur, apporte également beaucoup à l’intrigue, mêlant ainsi la petite et la grande histoire. Alternant entre deux époques et deux héroïnes – Maïa et Izabela – le roman distille habilement suspens, exotisme et histoire d’amour. La coupure qui intervient au premier tiers du livre, pour laisser la place à Izabela, m’a sans doute un peu frustré au début mais j’ai ensuite pris réellement plaisir à découvrir l’histoire incroyable de cette jeune fille. Les deux récits se complétant finalement de manière harmonieuse et équilibrée avec deux héroïnes très attachantes.

Une histoire forte, qui marque les esprits, et dont on a du mal à se défaire une fois le livre refermé. En bref  un bonheur de lecture !

Références : « Les sept sœurs« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 512 pages, 19€.

Non classé·Romans français

La terre des loups, Jeanne-Marie Sauvage-Avit

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En 2 mots : Suite à son licenciement, Jessy quitte Lyon pour s’installer dans un hameau de 11 habitants perdu dans les montagnes alpines. Passionnée d’histoire de l’art, la jeune femme est l’auteure d’une thèse sur Steffen Witzberg, un peintre allemand ayant du fuir l’Allemagne dans les années 30 pour ses peintures controversées, à charge contre le Führer et le régime nazi. L’une des cachettes de l’artiste et de son épouse fut  justement  la petite bergerie dans laquelle Jessy pose ses bagages. Là, dans ses lieux imprégnés par l’aura du peintre, la jeune femme en apprend davantage, notamment en interrogeant celui qui, à l’époque âgé de 14 ans, avait aidé Witzberg et sa femme à fuir les nazis en s’échappant dans les montagnes pour gagner la Suisse. Lorsqu’un projet immobilier de grande ampleur menace la quiétude du hameau, Jessy décide de se battre en prenant les pinceaux afin d’imiter le style de son modèle afin de réaliser une oeuvre dont la vente permettrait de sauver le village…

Mon avis : J’ai été séduite par cette histoire qui prend place dans les montagnes alpines ainsi que par ses personnages authentiques et sincères. Ce roman dégage une impression de simplicité et de calme qui m’ont ainsi rendu cette lecture apaisante et paisible. J’ai notamment aimé me fondre dans ces paysages préservés des Alpes, dans ce hameau de quelques âmes où Jessy trouve refuge suite à son licenciement. Ces instants où elle s’abandonne tout entière à la peinture, dans cette bulle protectrice que lui procure sa bergerie, m’ont paru être de très jolis moments de lecture, tout en grâce et en sensibilité.
Le côté historique, en faisant le parallèle avec le destin du peintre allemand Witzberg, en fuite durant la seconde guerre mondiale, m’a particulièrement plu, notamment car cette période troublée de l’histoire recèle encore bien des mystères autour des œuvres artistiques disparues et spoliées.
Si Jessy ne m’était guère sympathique – un peu trop froide à mon goût – j’ai néanmoins aimé suivre son combat pour sauver son village d’adoption des mains d’un promoteur immobilier.

Une lecture fluide et prenante qui mêle habilement la petite et la grande histoire, l’art, la nature et les sentiments.

Références : « La terre des loups« , Jeanne-Marie Avit-Sauvage, aux éditions Charleston, 320 pages, 18€.

Feel Good·Non classé

Et ton cœur qui bat, Carène Ponte

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En 2 mots : Roxane tient le blog « Voyag’Elles » sur lequel elle partage ses bons plans et ses coups de cœur. Sa dernière destination la mène en Camargue, dans l’hôtel « Au Meilleur Ami de l’Homme » – concept loufoque et génialissime que ce lieu! – établissement dans lequel chaque client se voit attribuer un petit chien, qui couche devant sa porte, et qu’il est possible d’adopter à l’issue de son séjour. Là, la jeune femme se lie d’amitié avec Albane, jeune adolescente et fille du propriétaire de l’hotel, ainsi qu’avec un autre pensionnaire, Gwenole, dont l’épouse souffre d’Alzheimer. Bien vite, on découvre que si Roxanne se réfugie dans cette vie nomade, c’est pour fuir le deuil effroyable qui l’a récemment frappé : la mort de sa fille Meryl et de son frère dans un accident de voiture…

Mon avis : Avec ce nouveau roman, que j’ai trouvé particulièrement émouvant, on sent que Carène Ponte a gagné en maturité. Son talent a mûri avec le temps, ce qui lui permet ici de nous livrer une histoire moins feel good et légère que celles auxquelles elle nous avait habitué, mais quelle intensité et quelle profondeur gagnées en contre-partie!

En s’attaquant au sujet sensible de la perte d’un enfant, couplé ici à celle du frère jumeau, véritable double identitaire, l’autrice nous fait cheminer par toute la gamme des émotions. Aux cotés de Roxane, d’Albane, de Gwenole et des autres j’ai ri, j’ai été émue, bref j’ai vibré avec ces personnages plus vrais que nature.

C’est aussi un roman doux et délicat, porteur d’espoir, duquel de belles leçons sont à tirer. On y évoque la résilience, l’acception, le pardon, le travail de deuil, à se souvenir de manière apaisée des disparus. Car, c’est un fait, Meryl et Xavier, tiennent un rôle prépondérant dans ce roman, malgré leur disparition. Leur présence bienveillante plane sur le roman, distillant une aura chaleureuse et bienfaitrice sur l’héroïne.

Les personnages secondaires sont également très aboutis, à l’image de Gwenole qui continue de rendre visite à sa femme dans son unité Alzheimer, même si elle ne le reconnait plus. Sa gentillesse et son dévouement m’ont particulièrement touché, d’autant que son histoire fut l’occasion de retrouver la jeune Mia (découverte dans le précédent roman de Carène Ponte) et d’avoir ainsi de ses nouvelles.

Un roman intense, magnifique, que l’on referme à regret tant il est difficile de quitter ces personnages et de les laisser poursuivre le cours de leur vie!

Références : « Et ton cœur qui bat« , Carène Ponte, aux éditions Michel Lafon, 348 pages, 17,95€.

Non classé·Romans français

Les victorieuses, Laetitia Colombani

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En 2 mots :  L’auteure de « La tresse » livre ici un roman social et émouvant dans lequel  Solène, une jeune avocate, accepte de jouer bénévolement les écrivains public dans un foyer d’accueil : « le Palais de la femme ». En parallèle, nous découvrons l’histoire de Blanche Peyron, figure majeure de l’Armée du Salut française dans les années 20 et fondatrice de cette immense refuge pour femmes en difficulté, dans lequel oeuvre Solène près d’un siècle plus tard : « un palais pour panser ses blessures et se relever ».

Mon avis : À la manière de « La tresse », Laetitia Colombani dresse le portrait de femmes fortes et courageuses, des femmes de l’ombre dont le seul horizon s’avère la survie, coûte que coûte, dans ce territoire aux mille dangers que représente Paris, la nuit. « C’est ainsi, dans la rue, les femmes doivent se cacher pour survivre. Un cercle infernal et vicieux : en devenant invisibles, elles s’effacent, disparaissent de la société. Elles sont des Intouchables, des fantômes errant à la périphérie de l’humanité ». A ces âmes en peine, le palais de la femme, fondé en 1926, offre la possibilité d’un abri dans lequel se réfugier afin de se reconstruire et de reprendre en main le cours de sa vie. Un lieu de vie, avec ces tensions et toute la difficulté qu’induit le vivre ensemble, mais surtout un phare dans la nuit vers lequel se tourner lorsque l’on a tout perdu, y compris l’espoir.

L’auteure rend également un bel hommage à celles et ceux qui ne se résignent pas, qui ne peuvent détourner les yeux et demeurer indifférent à la misère sociale qui les entoure. Travailleurs sociaux et bénévoles deviennent, sous la plume de Laetitia Colombani, les véritables héros d’un quotidien qui, en près de cent ans, a malheureusement peu évolué sur les sujets de la précarité et du mal-logement. Il reste encore temps à faire…

Ce roman est une claque, une prise de conscience urgente et nécessaire. Rien de moins. D’un sujet d’actualité devenu un marronnier, Laetitia Colombani parvient à créer un livre qui donne envie de se lever et d’agir, de ne plus être indifférent à la souffrance que nous côtoyons tous les jours en bas de chez nous, à chaque coin de rue. En donnant vie à ces héroïnes de papier que sont Salma, Sumeya ou la Renée, les tragédies des femmes battues, violées, excisées ou réfugiées prennent un tour plus concret. En mettant en lumière ces femmes à qui l’on donne peu la parole, l’autrice prend le pari d’éveiller les consciences et de, peut-être, attirer les projecteurs sur les petits coup de pouce que chacun est en mesure de donner, à son niveau, pour faire bouger les choses.

Un roman pour apporter sa pierre à l’édifice, à la manière du colibris de la fable de Pierre Rabhi, qui tente d’éteindre un incendie de forêt en transportant quelques gouttes d’eau dans son bec. Moqué par le tatou qui trouvait sa démarche dérisoire, le petit colibris répondit : « Je le sais, mais je fais ma part ». Et si nous, à notre tour, nous faisions un petit geste ?

Références : « Les victorieuses« , Laetitia Colombani, aux éditions du Livre de poche, 240 pages, 7,40€.

Feel Good·Non classé

La part des anges, Bruno Combes

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En 2 mots : Cap sur le Périgord avec ce roman, lumineux et porteur d’espoir, qui traite avec pudeur de la résilience dans le travail de deuil. Juste magnifique!

Bruno Combes nous entraîne ici à « la part des anges », une bâtisse du XVe siècle qui sert de cocon protecteur à la famille Guadet, durement ébranlée par la mort accidentelle de leur jeune fils, renversé par un chauffard à Paris. Là, dans la campagne du Périgord, Hugo, Lisa et Emilie tente de se reconstruire doucement après ce malheur effroyable qui a laissé leur famille exsangue. Si Hugo, jeune médecin, se plonge dans le travail, Lisa peine en revanche à relever la tête, traînant derrière elle une insupportable culpabilité : celle de n’avoir pas su protéger son fils. Lorsqu’elle tombe par hasard, au grenier, sur une correspondance des précédents propriétaires datée de la seconde guerre mondiale, Lisa se sent irrésistiblement attirée par le destin d’Alice, l’occupante de la bastide dans les années 40. La jeune mère ressent un certain apaisement à se plonger ainsi dans le destin de cette famille, trouvant un dérivatif à son chagrin. Petit à petit, Lisa relève la tête et retrouve goût à la vie, inspirée par l’exemple d’Alice.

Mon avis : Malgré la gravité du sujet, j’ai ressenti un profond sentiment de quiétude et de douceur durant ma lecture. Au cœur de ce territoire rural préservé, où les relations sont franches et authentiques, la famille Guadet se ressource et puise la force de regarder à nouveau vers l’avenir. La vie s’y déroule paisiblement, au rythme des saisons et de la nature, permettant à Lisa de guérir peu à peu en se recentrant sur l’essentiel : son mari et sa fille, tout en restant fidèle à la mémoire du petit Théo.

L’écriture pudique et tout en délicatesse de Bruno Combes met habilement en valeur cette histoire de résilience et de reconstruction. Il parvient ainsi à en faire un texte émouvant et touchant, sans jamais tomber dans le pathos.

L’atmosphère apaisante du Périgord, qui enveloppe Lisa de son aura protectrice et bienfaisante, m’a également donné envie de découvrir ce petit coin de France! Un très bon moment de lecture, tout en délicatesse!

Références : « La part des anges« , Bruno Combes, aux éditions Michel Lafon, 375 pages, 18,95€.

Feel Good·Non classé

Le bon côté de la vie, Debbie Macomber

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J’ai eu beaucoup de mal à me fondre dans cette bluette sentimentale que j’ai trouvé passablement niaise et sans intérêt. De plus, j’ai senti dès les premières lignes que la magie n’allait pas opérer car je ne parvenais décidément pas à me faire au style et à la narration de l’autrice. Je ne sais pas si la traduction laisse à désirer mais l’utilisation abusive du passé m’a laissé l’impression que, côté style et tournure de phrases, on ne volait vraiment pas haut. C’est donc plus sur la forme que sur le fond que j’aurais des reproches à faire à « Le bon côté de la vie« .

Sur le fond, si l’histoire reste charmante et facilement compréhensible, même sans avoir lu les 3 précédents tomes, je suis restée imperméable aux péripéties de la Villa Rose. Trop mièvre, bavard et artificiel à mon goût! J’ai donc trouvé cette histoire de pension de famille poussive car tout sonnait faux, comme si c’était exagérément forcé. Ce roman étant le 4e tome de la saga, on sent également de manière palpable tout au long de la lecture que l’intrigue manque de souffle et a perdu de son essence. Globalement, j’ai trouvé les personnages creux et peu étoffés, à la limite de la caricature. En définitive, je n’ai pas accroché du tout à ce roman et son côté « soap opera » …

Références : « Le bon côté de la vie« , Debbie Macomber, aux éditions Charleston, 352 pages, 19,90€. Sortie le 15 juillet 2020.

 

Feel Good·Non classé

Même les méchants rêvent d’amour, Anne-Gaëlle Huon

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En 2 mots : Julia, la trentaine, quitte Paris pour s’installer dans la maison de sa grand-mère en Provence. Cette dernière, Jeannine, n’est plus tout à fait la même depuis quelques temps et une mauvaise chute dans le jardin l’a contrainte a emménager dans une résidence pour personnes âgées, sous la bonne garde de Félix, son aide de vie. Se sentant décliner, la vieille dame avait entrepris la rédaction d’un carnet contenant ses souvenirs de jeunesse ainsi que quelques secrets qu’elle désirait révéler à sa petite fille après sa mort. Mais Julia met rapidement la main sur ce carnet et part alors à la rencontre de la jeune fille enthousiaste et pleine de vie que fut sa grand-mère. En parallèle, la jeune trentenaire remet également en question sa vie, ses aspirations et ses priorités, trouvant dans les souvenirs de sa mamie, la force d’oser faire bouger les choses et de vivre enfin pleinement sa vie, en savourant l’existence et les bonheurs qu’elle lui apporte.

Mon avis : Une touchante histoire de secrets de famille sous le soleil de Provence! Malheureusement, malgré les personnages sympathiques et le joli décor, la mayonnaise a eu du mal à prendre :/

J’ai ainsi peiné tout du long, perdant le fil au gré des sauts dans le temps et des listes mnémotechniques de Jeannine. Pourtant, malgré les nombreuses coupures dans le récit, la narration reste claire et fluide, mais je n’ai pas ressenti ce petit frisson susceptible de capter mon intérêt et d’illuminer ma lecture, me donnant envie d’y revenir avec gourmandise. Un peu d’ennui donc et finalement peu d’intérêt pour le sort des personnages auxquels je n’ai jamais réellement réussi à m’attacher et j’en suis vraiment désolée car j’aurai adoré avoir un coup de cœur pour ce roman mais ce ne sera pas pour cette fois.

J’avais déjà eu un peu cette impression avec le précédent roman de l’autrice, « Le bonheur n’a pas de rides », où là encore je n’avais pas réussi à adhérer complètement à l’histoire. Néanmoins, « Même les méchants rêvent d’amour » restent une lecture divertissante et feel good même si, pour ma part, je n’ai pas été sensible à son charme…

Références : « Même les méchants rêvent d’amour« , Anne-Gaëlle Huon, aux éditions du livre de poche, 352 pages, 7,90€.

Feel Good·Non classé

L’habit ne fait pas le moineau, Zoe Brisby

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En 2 mots : Gros coup de cœur pour ces Bonnie and Clyde version 2.0! Les deux fugueurs sont ici incarnés par Alex, un jeune homme dépressif en plein chagrin d’amour, et Maxine, petite mamie fugueuse de 90 ans, évadée de sa sinistre maison de retraite. Les deux compères se rencontrent à l’occasion d’un covoiturage vers Bruxelles, point de départ d’un road trip déjanté😊!

Mon avis : Dès les premières lignes, j’ai senti le coup de cœur se profiler tant ce roman est bourré d’humour et de bonne humeur! Ces deux âmes en peine vont tenter, chacune à leur manière, d’adoucir les bleus à l’âme et le blues de l’autre. Alex qui n’a plus foi en l’avenir et Maxine dont la vie est désormais derrière elle, vont se tirer vers le haut et cheminer de concert pour se convaincre mutuellement que la vie vaut la peine d’être vécue. Ce roman éminemment positif souligne ainsi le bien fondé de vivre l’instant présent, de faire des projets afin de ne pas ressasser sans fin ses problèmes, d’élargir son horizon et d’arrêter de se regarder le nombril.

Beaucoup de tendresse émane également des personnages et il est difficile de ne pas être touché par leurs histoires. Si Maxine a vécu en profitant de chaque instant de son incroyable vie, Alex, lui, s’est toujours senti de trop, pas à sa place, osant à peine respirer. Le contact avec cette vieille dame pleine de punch va lui permettre de sortir enfin de sa coquille et de révéler sa personnalité, assumant enfin haut et fort ses envies. Par effet de contagion, Maxine se rendra elle-même compte que sa vie n’est pas terminée et qu’elle peut encore lui réserver de bien jolies surprises! L’association de ces deux loustics donne ainsi un cocktail détonnant et vitaminé que j’ai aimé accompagné le temps d’un covoiturage décidément pas comme les autres!

En bref, cette comédie intergénérationnelle m’a fait hurler de rire, surtout quand les médias s’emparent de la fugue des deux compères, qualifiant Alex de malfrat en cavale et de kidnappeur de petite vieille! Un nouveau duo au grand cœur est né!

Références : « L’habit ne fait pas le moineau« , Zoe Brisby, aux éditions du Livre de poche, 512 pages, 8,70€.