Non classé

Comment bien rater son mariage à noël

Un livre déjanté et follement drôle qui ferait une merveilleuse adaptation en série! On est ici clairement dans la comédie romantique de noel poussée à son maximum tant Scarlett accumule les emmerdes à quelques jours de son mariage. En vrai, avoir autant la poisse c’est pas possible et c’est bien ça qui fait tout le sel de ce roman qu’on referme en étant bien contente de ne pas être à la place de notre héroïne malchanceuse!

Feel Good

Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige, Sophie Jomain

Noël sous les tropiques

En débutant ma lecture, j’avais un peu peur de ne pas y trouver mon compte tant je suis attachée aux romans de Noël dit « traditionnels » avec leur cortège de flocons de neige, chocolat chaud et feu de cheminée. Et clairement, dans « Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige », on est très loin de cette image d’Épinal puisque le récit se passe à Saint-Barth, dans les Caraïbes. Mais contre toute attente j’ai adoré 🤗!

J’ai dévoré ce roman de Sophie Jomain et me suis totalement laissée embarquer par la douceur de vivre de cette île gorgée de soleil! Surtout, j’ai adoré Rosie, cette jeune alsacienne qui tente de se reconstruire après une rupture douloureuse et à qui son Alsace natale manque cruellement (ce que je comprends tout à fait🥰!). Employée dans la plus prestigieuse agence immobilière de Saint-Barth, elle s’assure que les luxueuses villas de l’île soient en parfait état lorsque leurs richissimes propriétaires y débarquent. Un travail glamour qui lui en fait néanmoins voir de toutes les couleurs tant ses clients et sa patronne, Mary Kane, peuvent se montrer irascibles !

Grâce à sa gentillesse, Rosie se lie d’amitié avec Henry, un ado sauveteur de tortues, et ne tarde pas à emménager sur la propriété que le jeune garçon occupe avec sa grand-mère, Monica. De fil en aiguille, Rosie rencontre le professeur de francais d’Henry et tombe sous le charme du frère de celui-ci, le fantasque Bastien. Mais ce ne serait pas un roman de Noël sans une petite touche de fantaisie : elle est malicieusement apportée par la famille Claus, chargée de l’animation du marché de Noël de l’île ! Les Claus font souffler un vent de magie m et prouve que les miracles existent pour ceux qui y croient😉!

Je l’ai trouvé superbement écrit, avec une histoire qui tient la route, bien loin de la simple romance de Noël qui est ici presque secondaire. L’histoire de Rosie est riche et met autant en avant ses péripéties au travail et son empressement à aider ses nouveaux amis que son histoire naissante avec Bastien

Ce roman lumineux m’a beaucoup plu et m’a permis de débuter en beauté ma pal de Noël 🥰!

Références : « Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige« , Sophie Jomain, aux éditions Charleston, 304 pages, 19€.

Romans étrangers

Elle et son chat, Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa

Deux possibilités pour aborder cette lecture toute en délicatesse et véritable best-seller au Japon ! Pour ma part, j’ai choisi de débuter par le roman de « Elle et son chat » avant de poursuivre par la version manga.

En 2 mots : On y fait la connaissance d’une jeune fille solitaire qui recueille un petit chat blanc dans une rue de Tokyo. Entre eux se tisse immédiatement un lien fort, presque fusionnel. Dans une atmosphère feutrée, quasi silencieuse, le roman alterne alors entre deux points de vue – celui du chat et de sa maitresse – qui se répondent et se complètent parfaitement. Bientôt le petit chat part explorer son quartier et rencontre d’autres félins qui évoquent également le lien spécial qu’ils entretiennent avec les humains de leur vie

Mon avis : L’écriture épurée, toute en légèreté, rend parfaitement hommage aux félins et à leur grâce légendaire. Discrets, intelligents, clairvoyants mais aussi sources de réconfort pour les humains qui gravitent autour d’eux, ces adorables boules de poils entretiennent des liens forts avec les personnages, personnages dont on devine d’ailleurs l’immense solitude. J’ai été touchée par ces jeunes filles farouches qui ne sont pas à l’aise parmi leurs semblables mais qui se sentent bien avec leurs chats, libres d’exprimer leurs pensées et de se laisser aller sans crainte d’être jugé

J’ai aussi beaucoup aimé les monologues intérieurs de ces petits chats qui observent les humains avec un parfait mélange de naturel et de candeur. Leurs regards, si justes et vrais, vont droit au cœur et y apposent un baume réconfortant.

Un livre qui respire le calme et dont on ressort zen et apaisée par tant de grâce et de beauté!

Références : « Elle et son chat« , Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa, aux éditions Charleston / Pika, 224 pages, 18€.

Policiers

Le sanatorium, Sarah Pearse 

Lecture-page-turner avec ce thriller psychologique aux faux-airs de Shining signé Sarah Pearse !

En 2 mots : Un huis clos qui plonge le lecteur au cœur du Sanatorium, une ancienne maison de repos nouvellement reconvertie en hôtel de luxe perdu au milieu des montagnes suisses. Là, Eline – lieutenant de police britannique récemment mise sur la touche – retrouve son frère, venu y fêter ses fiançailles. Mais bientôt la tempête fait rage, coupant l’hôtel du monde et instillant une ambiance oppressante parmi les clients et les employés. Lorsque Laure, la fiancée de son frère, est introuvable au matin, Elin décide de reprendre du service et de mener l’enquête…

Mon avis : Si j’ai bien aimé cette atmosphère coupée du monde, j’aurai aimé que l’auteure aille encore plus loin car la tension peine un peu à monter. L’intrigue a su m’accrocher mais je n’ai pas été vraiment surprise ou happée par l’histoire. La fin est plutôt convenue, ce qui est toujours dommage pour un polar! Reste que c’est une lecture plaisante, typiquement de saison avec ces tempêtes de neige qui se succèdent et donnent envie de se mettre au chaud

Références : « Le sanatorium« , Sarah Pearse, aux éditions Michel Lafon, 400 pages, 19,95€.

Feel Good

Une folie passagère, Nicolas Robin

Celui-ci, je me le suis bien gardé au chaud pour mes vacances car c’était la promesse assurée d’un moment de lecture cash et hilarant! Pari tenu tant j’ai retrouvé cet humour et cette liberté de ton que j’avais adoré dans « Roland est mort ».

En 2 mots : Ici, attachez bien vos ceintures car vous allez embarquer aux côtés de Bérengère, une hôtesse de l’air « bien-comme-il-faut » (enfin presque) sur un vol cauchemardesque à destination de Vancouver! Rien ne sera épargné à notre pauvre héroïne, ni les collègues peau de vache, ni les passagers plus casse-pied-tu-meurs qu’on aurait bien envie d’encastrer dans le hublot…

Mon avis : si je me suis bien marrée à la lecture des aventures de cette hôtesse de l’air poissarde, qui a d’ailleurs un petit côté Bridget Jones (!), j’ai aussi eu un peu de peine pour elle. Bérangère cumule les clichés et subit les préjugés de son entourage, elle l’hôtesse de l’air célibataire de 40 ans, qui n’entre décidément pas dans les cases…

J’ai aimé cette écriture fiévreuse, rythmée par des punchlines qui partent dans tous les sens! Nicolas Robin, à travers la voix de Bérangère, ne manque décidément pas d’humour et de second degré! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut une forte dose d’autodérision pour survivre dans ce huis-clos en plein air! L’auteur, steward de profession, concède d’ailleurs qu’une grande partie des mésaventures de la pauvre Bérangère sont autobiographiques…

Références : « Une folie passagère« , Nicolas Robin, aux éditions Le livre de poche, 224 pages, 7,40€.

Romans français

Enfant de salaud, Sorj Chalandon

Dommage pour le Goncourt mais cela restera mon petit coup de cœur de l’automne!

Sorj Chalandon m’avait déjà ému avec « Une joie féroce » puis bouleversé dans « Le quatrième mur« . Cette fois, il m’a passionné avec ce récit fort, puissant et o combien essentiel.

Il y aborde sa relation conflictuelle avec son père, un menteur pathologique au tempérament irascible, alors que s’ouvre le procès de Klaus Barbie au printemps 1987. Procès que le jeune journaliste est chargé de couvrir alors que l’ancien nazi exerce une fascination morbide sur son père, qui ne loupe pas une audience. Se dessine alors un étrange face à face entre le père et le fils mais aussi entre le journaliste fasciné par le sujet que représente cette figure paternelle insaisissable qui se prétend tour à tour ancien membre des SS ayant défendu le bunker d’Hitler, puis militant communiste quand il n’était pas dans la résistance ! Bref on s’y perd tant cet homme semble avoir vécu mille vies et prêté pléthore d’allégeances durant la guerre. J’ai trouvé ce récit passionnant et ai beaucoup appris sur des épisodes méconnus de la seconde guerre mondiale comme la rafle des enfants d’Izieu. Même si j’ai parfois eu du mal à suivre, j’ai trouvé fascinant ce père mythomane, obsédé par l’idée de sublimer son passé en multipliant les mensonges auxquels il semble croire lui-même. Mais j’ai surtout été touchée par son authenticité car l’on sent que Sorj Chalandon y a mis toutes ses tripes, couchant sur le papier ses blessures intimes comme pour mieux les exorciser et commencer un travail de catharsis…

Références : « Enfant de salaud« , Sorj Chalandon, aux éditions Grasset, 336 pages, 20,90€.

Policiers

Le flambeau, Agatha Christie

Lecture pile dans le thème du jour avec ce recueil de nouvelles fantastiques signé Agatha Christie !

Ici, point de miss Marple ou d’Hercule Poirot mais des textes courts, mystérieux et surprenants. On y retrouve tout le talent de la romancière qui, en quelques pages à peine, arrive à planter le décor, donnant vie à des personnages et créant une atmosphère qui embarque directement le lecteur. On flirte clairement avec le fantastique, les superstitions ou encore la médiumnité et c’est précisément ce que je recherchais pour cette journée d’Halloween. Pour une fois, pas d’explication logique aux mystères proposés puisque, dans la majorité des nouvelles, Agatha Christie laisse planer le doute, n’apportant pas toujours une solution rationnelle aux étranges histoires qu’elle nous livre

En bref, à savourer sous un plaid à la lueur des bougies (ou d’un bon feu de cheminée 😉 )

Références : « Le flambeau« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche / Le Masque, 219 pages, 5,60€ .

Policiers

Le train de 16h50, Agatha Christie

En 2 mots : Dans ce roman, une vieille amie de Miss Marple est témoin d’un meurtre incroyable puisqu’elle aperçoit un homme en train d’étrangler une femme dans le train qui circule parallèlement au sien. Impossible de donner l’alerte à temps car, un train finissant par en distancer un autre, le meurtrier disparaît dans la nuit. Les heures passent et personne ne signale de cadavre abandonné dans un wagon… Le coupable aurait il profité de la faveur de l’obscurité pour jeter le corps par dessus bord?

Mon avis : J’ai adoré le titre du challenge « Read Christie 2021 » de ce mois d’octobre qui proposait de lire un roman d’Agatha Christie qui se passe dans un moyen de transport! Un thème qui offrait de nombreuses possibilités dont des enquêtes très célèbres comme « Mort sur le Nil » ou « Le crime de l’Orient Express » mais j’ai préféré choisir « Le train de 16h50 »

Dès le début j’ai aimé l’idée de ce meurtre audacieux et hors du commun ainsi que la manière dont se déroule le crime. Quel effroi de voir un meurtre en train d’être commis sous ses yeux et ne rien pouvoir faire! Cela relève presque de la mise en scène ou du fantasme et d’ailleurs Mrs McGillicuddy a bien du mal à convaincre les autorités qu’elle n’a pas rêvé! Si le roman démarre dans un train, il se poursuit bien vite dans une vieille demeure, bastion de la famille Crackenthorpe. Il ne m’en a alors que plu davantage, à mesure qu’il prenait des allures de huis clos dans la froide et hivernale campagne anglaise.J’ai néanmoins regretté que Miss Marple soit autant en retrait : très âgée, elle délègue l’enquête de terrain à sa protégée, l’intrépide Lucy Eyelesbarrow. Un personnage dont j’ai d’ailleurs adoré la ruse et l’intelligence mais Miss Marple m’a quand-même un peu manqué….

Références : « Le train de 16h50« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche / Le Masque, 256 pages, 5,60€.

Non classé

La somme de nos vies, Sophie Astrabie

En 2 mots : Tout sonne incroyablement juste dans cette histoire – pourtant remplie de faux-semblants! – qui réunit Camille, une jeune fleuriste, et Marguerite, une vieille dame qui crève de solitude. Entre elles, comme un trait d’union, il y a Thomas, agent immobilier parisien qui va les mettre en relation : l’une prétend vouloir acheter un appartement quand l’autre affirme être prête à vendre le sien. Mais les apparences peuvent être trompeuses et les motivations cachées des personnages tirent leurs petites ficelles dans l’ombre…

Mon avis : Dès le départ, j’ai trouvé que c’était drôlement bien écrit, à la fois tendre et chaleureux, profondément humain. J’ai été marqué par la solitude qui se dégage des personnages, chacun à leur manière noyé dans l’immensité de Paris où l’on se croise sans se connaître, sans approfondir les relations éphémères que l’on noue au quotidien. L’histoire de leur rencontre, bien que née sur un mensonge, est en réalité particulièrement touchante tant elle crie ce besoin des autres, de chaleur humaine et de vie qui palpite.

Voilà un vrai feel good book qu’on est content de retrouver après une dure journée 😊! On en ressort reboosté et le sourire aux lèvres, indéniablement

Références : « La somme de nos vies« , Sophie Astrabie, aux éditions « J’ai lu« , 384 pages, 7,90€.

Non classé

Une vie sur le trottoir, Cécile Crassous

Cette « vie sur le trottoir » c’est celle que déverse Martine, dans un accès de colère, en vidant la maison familiale qu’elle vient d’hériter suite au décès de sa mère et de sa sœur. Deux femmes avec qui elle n’était pas en bon terme, c’est le moins qu’on puisse dire. D’elles, elle ne veut rien garder, juste vendre la maison et mettre les voiles. La voilà qui déverse alors meubles, bibelots, vieux vêtements et autres babioles sur le devant de la porte, espérant bien que les passants se servent et la débarrasse de ces encombrants souvenirs de famille. Une telle animation dans la rue des Beaumonts, d’ordinaire si paisible, voilà qui fait les joie de Michèle, la commère du coin qui n’en perd pas une miette, planquée derrière ses rideaux.

Un mélange des styles, décalé et percutant, puisqu’on y trouve aussi bien des chapitres faisant l’inventaire des objets déversés sur le trottoir ou des discussions émanant de forums internet que de la narration plus classique autour des habitants de la rue des Beaumonts. Clairement, le parti pris est celui de l’humour tant les personnages sont caricaturaux et leurs petits travers exacerbés à outrance.

J’ai aimé l’idée d’observer le microcosme d’une petite rue, ses habitants, leurs habitudes et leurs manies.

En bref, un roman court, qui se lit d’une traite, et que l’on referme en ayant hâte de lire la suite!

Référence : « Une vie sur le trottoir« , Cécile Crassoux, 113 pages, 9,99€.