Non classé·Romans français

Une partie de badminton, Olivier Adam

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En 2 mots : Paul, écrivain déchu ayant connu son quart d’heure de gloire, est contraint de retourner vivre en Bretagne après avoir goûté aux fastes de la vie parisienne. Ce retour à la case départ est synonyme de mal-être pour Paul, reconverti en pigiste dans un quotidien local, mais aussi pour sa compagne et ses enfants qui subissent, avec plus ou moins de facilité, ce déracinement forcé. Dans la banlieue de St Malo, la mélancolie imprègne cette famille qui se délite inéluctablement entre secrets et non-dits : infidélité, alcool, fugue, enfant caché, etc. sur fond de paysages battus par les vents et les embruns.

Mon avis : Dur dur cette lecture d’«Une partie de badminton» d’Olivier Adam! J’ai eu du mal à accrocher avec ce texte, ses longueurs et ses errances. Pourtant je n’ai pas grand chose à lui reprocher, c’est bien écrit, la trame et les personnages sont intelligemment construits mais voilà ça n’a pas prit, l’étincelle n’est pas là… Le texte s’étire sans vivacité ni émotion, et me laisse avec une impression finale de fadeur et de platitude.

Je ne suis pas parvenue à entrer pleinement dans le roman ni à m’intéresser aux  (multiples) problèmes existentiels de Paul : ses romans qui ne se vendent plus, son couple qui se délite, la solitude,  le délabrement intellectuel…

Cette partie de badminton s’est donc révélée peu palpitante et sans éclat ! Elle se résume à un va et vient oscillant sans cesse entre Paris et la Bretagne, comme si l’auteur ne parvenait pas à se décider entre les deux, nous faisant pencher de manière indécise entre ces deux phases de la vie de son héros à la manière d’une partie de badminton dont l’issue serait incertaine. J’ai vu la fin du match venir avec soulagement!

En bref : insipide et manquant cruellement d’intensité pour moi!

Références : « Une partie de badminton« , Olivier Adam, aux éditions Flammarion, 376 pages, 21€.

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Feel Good·Non classé

Dans les pas de Valeria, Elisabet Benavent

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En 2 mots : Focus sur une nouvelle saga féminine dont vous allez prochainement entendre parler « Dans les pas de Valeria« , bientôt adaptée par le géant Netflix! Résolument moderne et girly, ce mélange entre les mythiques « Bridget Jones » et « Sex and the city » ne pouvaient que me taper dans l’œil! Le roman met en scène 4 amies : il y’a bien sûr Valeria, héroïne de 27 ans qui s’ennuie dans sa vie de femme mariée. Lola,  amoureuse d’un « super coup » mais malheureusement déjà engagé auprès d’une autre. Carmen, qui craque en secret sur l’un de ses collègues de boulot sans oser le lui avouer, et enfin Nérea, qui vient de faire LA rencontre! Ces quatre drôle de dames sont pleines d’énergie et de pep’s et j’ai beaucoup aimé leur côté pétillant et vitaminé! Bien ancrées dans leur époque, elles abordent sans tabou les problèmes des filles d’aujourd’hui : la lassitude dans le couple, le coup de foudre, les relations toxiques, etc.
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Mon avis : lecture très fluide grâce au ton léger et pimpant adopté par l’autrice, Valeria et ses copines m’ont entraîné dans un tourbillon de fêtes et de soirées! Je me suis amusée en découvrant les péripéties de cette bande de 4 amies qui partagent problèmes et petits bonheurs en sirotant des cocktails. « Sex and the city » n’est définitivement pas loin!
L’humour est également au rendez-vous ainsi que quelques scènes piquantes et torrides! Petit bémol pour les récits parfois trop détaillés qui m’ont fait perdre le fil et décrocher un peu de ma lecture, mais c’est un petit détail 😉
Une lecture tourbillonnante et fun, garantie sans prise de tête!
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Références : « Dans les pas de Valeria« , Elisabeth Benavent, aux éditions de l’Archipel, 432 pages, 17€.
Non classé·Romans étrangers

Chère Mrs Bird, AJ Pearce

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En 2 mots : Cap sur Londres pendant la 2nd guerre mondiale, où la jeune Emmy Lake ne manque pas d’ambition! Son rêve : devenir correspondante de guerre dans un prestigieux journal londonien. Lorsqu’elle tombe sur une petite annonce puis obtient un poste au sein du London Evening Chronicles, Emmy est aux anges. Malheureusement, ce n’est pas l’aventure trépidante du front qui l’attend puisque son travail consiste principalement à rédiger des réponses convenues aux courriers des lectrices du magazine  Women’s Day, dirigée d’une main de fer par Mrs Bird. Des missives adressées à cette « Chère Mrs Bird », mais qui laissent cette dernière de glace. Elles sont néanmoins touchantes et laissent transparaître la détresse des femmes restées à l’arrière, sous les bombes du Blitz. Emmy est bien décidée à apporter son soutien à ses concitoyennes esseulées, malgré les protestations et les préjugés old school de sa patronne…

Mon avis : Une bonne dose d’humour typiquement british se dégage de ce roman qui nous plonge dans la période pourtant tourmentée du Blitz. Grâce à des descriptions très visuelles et réalistes, j’ai été plongée dans l’ambiance particulière qui régnait dans la capitale anglaise en ces temps troublés : malgré la crainte des bombardements nocturnes quasi quotidien, j’ai apprécié ce côté frivole et courageux des londoniens qui essayaient de conserver un semblant de vie normale en continuant à courir les soirées dansantes et les cinémas pour ne pas céder à la terreur du nazisme. Une sorte de gravité heureuse comme philosophie de vie chevillée au corps.

Je me suis attachée à Emmy ainsi qu’à ses amis et j’ai aimé suivre la vie de ce petit groupe, oscillant entre soirées festives et drame de guerre lorsque les bombes du Blitz frappe implacablement… J’ai trouvé cette lecture prenante et intense, très immersive, notamment grâce à la profondeur de ces personnages haut en couleur que l’on a bien vite l’impression de connaître. Les femmes tiennent ici un rôle capital, fragiles et fortes à la fois pour tenir coûte que coûte malgré les temps difficiles : de vraies héroïnes qui forcent l’admiration!

L’écriture fluide et inspirante rend la lecture de « Chère Mrs Bird » très agréable. Ce roman m’a agréablement fait penser à celui de Kate Atkinson, grande romancière britannique et auteure d' »Une vie après l’autre« , sur un sujet similaire.

Ce roman à l’atmosphère remarquablement prenante est donc une belle réussite, un vibrant hommage aux femmes, véritable leviers de l’effort de guerre!

Références : « Chère Mrs Bird« , AJ Pearce, aux éditions Le cercle des lecteurs Belfond, 360 pages, 21€. Dispo en poche.

Non classé·Romans français

Une fille sans histoire, Constance Rivière

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En 2 mots : un roman très troublant qui nous replonge dans les attentats du 13 novembre 2015. Ce soir là, Adèle, une fille un peu paumée, entend des sirènes et des cris en bas de chez elle. Terrifiée, elle absorbe, complètement fascinée, les images d’horreur qui passent en boucle sur son écran tv. Le lendemain, elle reconnait la photo de l’une des victimes présumées du Bataclan : celle de Matteo, un ancien client du bar où elle travaillait il y’a peu avant d’être renvoyée. Une impulsion la saisit alors : celle de se rendre sur place, à l’Ecole Militaire où sont accueillies les familles des victimes, pour se faire passer pour la petite amie de Matteo. Débute alors un engrenage infernal, fait de mensonges toujours plus gros, pour dissimuler l’effroyable usurpation d’une douleur indicible….

Mon avis : Roman choc aux accents du réel, cette « fille sans histoire » nous embarque dans les méandres de son esprit tortueux et malade. Seule, probablement dépressive et flirtant avec les limites de la folie, Adèle voit dans ce drame national l’occasion de reprendre sa vie en main en endossant une nouvelle identité : celle de petite amie de Matteo, étudiant italien installé à Paris depuis peu.

Tel un vampire aspirant l’histoire et la souffrance d’autrui pour se régénérer, Adèle se sent revivre en existant à nouveau dans les yeux d’autrui. Grâce au statut de petite amie d’une victime des attentats, elle n’est plus cette jeune fille transparente et insipide qui passe inaperçu : elle est elle-même une victime, considérée et respectée en tant que telle. La vie semble ainsi refluer en elle à mesure qu’elle grappille une place auprès de l’entourage de Matteo, notamment avec ses parents, qui n’avaient alors jamais entendu parler d’elle.

J’ai ressenti une vraie fascination pour Adèle, personnage tortueux et torturé qui finit par ne plus savoir elle-même où sont les frontières entre fantasme et réalité. Un certain malaise se dégage aussi de cette histoire car, comment rester insensible face à l’ampleur du mensonge qu’elle met en place ? Sa souffrance et sa terreur du monde extérieur sont telles qu’elle en vient à usurper ce drame vécu par les proches des victimes. Elle se sent exister en se plongeant dans cette atmosphère mortifère, tire des forces du malheur qui l’environne, pour se renforcer, se forger une nouvelle identité. Très active sur la scène médiatique et dans les associations de victimes, Adèle incarne avec exaltation ce rôle de madone de la république.

J’ai également apprécié que le roman s’intéresse au point de vue des différents protagonistes de l’histoire ; ainsi, certains chapitres donnent la parole à la mère de Matteo, à ses amis parisiens, ou au psychologue de l’Ecole Militaire. L’histoire progresse ainsi en montrant les deux versants, la folie d’Adèle face aux doutes grandissants de ses proches. On sent ainsi grimper la tension à mesure que le vernis se craquelle et que la vérité lutte pour éclater.

Roman très psychologique sur les mécanismes de l’esprit humain, « Une fille sans histoire » frappe par son côté spectaculaire et sordide. On ressort soufflé de cette lecture, époustouflé à la fois par l’énormité du mensonge et par l’intense souffrance d’Adèle qui la pousse à de telles extrémités.

Références : « Une fille sans histoire« , Constance Rivière, aux éditions Stock, 144 pages, 17,50€.

Non classé·Romans français

Soif, Amélie Nothomb

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En 2 mots : Amélie Nothomb se glisse dans la peau de Jésus Christ et campe un Messie terriblement humain, terriblement Nothomb! À travers ses propos, c’est Amélie qui s’exprime, réécrivant le mythe mille fois entendu. Sous sa plume malicieuse et non dénuée d’humour, Jésus/Amélie se raconte, livrant ses états d’âme sans rien omettre : les miracles, la parodie de procès, les personnages principaux et secondaires, tout y est! Un roman fulgurant, une réécriture moderne et brillante qui m’a totalement embarquée dès les premières lignes. Quel cadeau de la grande Amélie pour ouvrir le bal de cette rentrée littéraire 2019!

Mon avis : Vous l’aurez compris, c’est un immense coup de cœur pour ce Nothomb 2019! Si le sujet peu à priori mettre mal à l’aise, le malaise se dissipe dès la première page. Ce roman est en effet, contre toute attente, très agréable à lire! Le sujet, grave et généralement pesant, est ici traité avec une certaine légèreté et certains passages sont même franchement drôles, à l’image du procès de Jésus : véritable farce qui tourne au ridicule lorsque les miraculés viennent se plaindre desdits miracles! Pour la bonté de la nature humaine on repassera!

J’ ai adoré ce phrasé, cette manière qu’a Amélie de faire parler Jésus comme si c’était elle, sans filtre et avec beaucoup de naturel. Il émane de lui une naïveté touchante mais aussi du désenchantement : un héros désabusé par ses contemporains qui n’ont pas su l’apprécier, le comprendre.

Jésus fait ici figure de héros des temps moderne, martyr à qui on donne enfin l’occasion de s’exprimer par sa propre voix sans les déformations inévitables et les interprétations hasardeuses des apôtres et autres ayatollahs de la chrétienté qui prétendent détenir la vérité absolue. Ici c’est un Jésus terriblement humain qui s’exprime, une nouvelle version, et c’est comme cela qu’il faut la lire : une possibilité, ni plus ni moins délirante que les versions des évangiles, simplement un autre éclairage.

C’est également une réflexion tout à fait intéressante sur la complexité de la nature humaine et des hommes, leur tendance à mordre la main qui les a nourrit. Les digressions sur l’amour, la mort, la soif (triade encensée par Amélie) sont pertinentes : la puissance de la soif, cette exaltation sublime que l’on ressent au moment d’étancher sa soif est ici décrite, avec justesse, comme une expérience quasi mystique : la parfaite sublimation du désir ultime.

Enfin, il y’a évidement beaucoup d’intensité lorsque s’ouvre le passage de la Passion du Christ et de sa crucifixion. L’expérience est décrite dans les moindres détails mais l’écrivaine parvient à la rendre supportable sans tomber dans un récit nauséeux et insoutenable. L’occasion de livrer d’ultimes et puissantes réflexions.

Soif est donc le portrait d’un homme empêtré dans ses contradictions ; un rebelle touchant et flamboyant qui trouve ici une tribune pour aller à l’encontre de l’Histoire. Bref, ça pétille!

Références : « Soif« , Amélie Nothomb, aux éditions Albin Michel, 162 pages, 17,90€.

Non classé·Témoignages

A la table des diplomates, l’histoire de France racontée à travers ses grands repas (1520-2015), Collectifs

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En 2 mots : Merveilleux ouvrage qui rassemble historiens et chefs cuisiniers autour des grands repas qui ont marqué l’histoire de France depuis l’époque moderne. Reprennent ainsi vie : les festins du camp du drap d’or réunissant les cours de François I et Henri VIII d’Angleterre, le repas expéditif des noces de Napoléon et Marie-Louise d’Autriche, les festivités des expositions universelles de 1889 et 1900 ou encore la visite d’état des Kennedy, du Shah d’Iran ou de la reine Elisabeth II. Comme le disait à juste titre Talleyrand : « On ne fait pas de bonne diplomatie sans bons déjeuners ».

Mon avis : Petite pépite pour les amateurs d’histoire et de gastronomie! L’art de recevoir à la Française, les traditions et la gastronomie de notre pays sont ainsi admirablement mis à l’honneur dans cet ouvrage que j’ai trouvé passionnant, un vrai régal pour les sens!

J’ai apprécié également sa composition très vivante avec, outre les récits et descriptions historiques, des anecdotes caustiques, des recettes inspirées des mets servis lors de ces festins, des reproductions de menus d’époque, des photographies, etc.

En bref, très belle idée que de faire (re)découvrir ces moments historiques pour la diplomatie de notre pays en rassemblant des passionnés : des historiens pour faire revivre ces repas passés à la postérité, et des chefs pour décortiquer les mets de prédilection et les traditions culinaires des puissants de notre pays depuis la Renaissance.

Références : « A la table des diplomates, l’histoire de France racontée à travers ses grands repas (1520-2015), aux éditions Folio, 352 pages, 7,90€.

Non classé·Policiers

Diskø, Mo Malø

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En 2 mots : Qaanaaq Adriensen, récemment promu à la tête de la police du Groenland, est appelé dans la baie touristique de Diskø pour une bien étrange affaire : un corps, prisonnier d’un iceberg récemment vêlé, a été repéré par un bateau touristique. A l’intérieur, mort asphyxié, le glaciologue américain Léonard Kelly. Bien vite, les premières constations concluent que cette tombe a été creusée par la main de l’homme et que le jeune scientifique n’y est pas tombé par accident : on l’a sciemment emprisonné dans cette étroite et inextricable cavité, le condamnant à une mort certaine. Quelques heures plus tard, le drame se répète lorsque Qaanaaq reçoit une vidéo en direct diffusant une nouvelle agonie dans un cercueil de glace : celle de Bodil, la sœur cadette de son adjoint, Appu. Une terrible course contre la montre s’engage alors pour tenter de retrouver la jeune femme…

Mon avis : J’ai été conquise par cette lecture franchement dépaysante et très bien documentée! Au delà de l’enquête, j’ai appris beaucoup de choses sur ce pays méconnu, ses traditions ancestrales ainsi sur que les relations complexes qui unissent inuits et danois dans l’administration du territoire groenlandais. Un petit bémol néanmoins pour l’abondance d’explications et de détails techniques, certes pertinents, mais parfois fastidieux.

Ce deuxième volet des aventures de Quaanaaq tient ses promesses et apporte une bonne dose de suspens grâce à une enquête menée tambour battant. L’originalité et la cruauté du mode opératoire – des victimes emmurées vivantes à l’intérieur d’icebergs – aboutissent à une intrigue palpitante et rythmée. Aucun temps mort n’est donc à déplorer et j’ai vraiment eu l’impression d’être immergée dans l’enquête, vivant chaque rebondissements avec intensité et urgence. Ces meurtres spectaculaires et hors du commun m’ont donc tenu en haleine tout au long de ma lecture, me laissant longtemps dans le flou.

Mo Malø, auteur français écrivant sous pseudonyme, a su distiller sa pâte française dans ce polar nordique. Son style, direct et franc, n’est toutefois pas dénué de chaleur humaine et d’humour. Avec talent, il est parvenu à créer une atmosphère captivante dans ce décor  hostile et mythique du grand nord, tout en donnant vie à des personnages atypiques auxquels je me suis très vite attachée.

En bref, coup de cœur pour ce nouvel enquêteur dont je lirais les prochaines aventures avec plaisir, notamment le tome 1 « Qaanaaq« , du nom de son héros éponyme!

Références : « Diskø« , Mo Malø, aux éditions de la Martinière, 416 pages, 20,90€.