Non classé·Romans français

Ainsi gèlent les bulles de savon, Marie Vareille

En 2 mots : Marie Vareille questionne ici la maternité et les rapports mère/fille à travers 3 personnages féminins savamment étudiés : la future mère épanouie devenue une jeune maman en plein postpartum, l’adolescente paumée et la mère accomplie (du moins en apparence). Au delà des clichés, l’auteure tisse une toile habile entre ces 3 femmes dont les destins sont plus intimement liés qu’il n’y parait de prime abord.

Mon avis : J’ai adoré ce roman qui donne un bon coup de pied dans la fourmilière et qui aborde avec subtilité les bouleversements de la maternité. J’ai l’ai surtout trouvé déculpabilisant et amenant de nombreuses possibilités de réflexion et de discussion. Très bien écrit, le roman amène une petite dose de suspens tant on se prend à chercher les liens qui pourraient bien exister entre les héroïnes. A l’arrivée, je n’ai pas été déçue!

Les personnages se révèlent touchantes car profondément humaines avec leurs fêlures et cette culpabilité écrasante dont elles peinent à se défaire. L’injonction d’être une mère parfaite pèse encore profondément sur les épaules des femmes d’aujourd’hui qui ont le sentiment de ne jamais en faire assez ni d’être suffisamment à la hauteur des standards en vigueur. Marie Vareille leur octroie ici le droit de briser les codes, de commettre des erreurs, d’essayer de les réparer, de demander de l’aide et de dire stop quand ça ne va pas. Elle met en lumière différents types de mère, sans jugement, en soulignant que derrière le sacro saint règne des apparences, la vérité n’est pas toujours aussi belle que ce que l’on veut faire croire aux autres… Etre mère n’est pas toujours innée et ce cheminement peut nécessiter du temps et du soutien.

En bref, que ça fait du bien d’envisager la maternité sous différentes façons – et pas toutes des plus glorieuses ! À mettre d’urgence entre les mains des futures et/ou jeunes mères, sans oublier les papas!

Références : « Ainsi gèlent les bulles de savon« , Marie Vareille, aux éditions Charleston, 368 pages, 19€.

Romans étrangers

Héroïnes, Sarah-Jane Stratford

En 2 mots : Au début du roman, la scénariste Phoebe Adler, accusée à tort d’être « une rouge », n’a d’autre choix que de fuir New-York pour l’Angleterre afin de continuer à exercer librement son métier. Là, un groupe d’américains exilés et blacklistés la prend sous son aile, notamment Hannah, productrice déléguée sur le point de lancer une nouvelle série révolutionnaire « les aventures de Robin des bois »! Un joli pied de nez à la censure américaine qui a contraint bon nombre de ses concitoyens à devenir des hors la loi dans leur propre pays…

Mon avis : Sujet passionnant que cette période trouble de l’histoire des États-Unis où chacun vit dans la peur à l’idée d’être accusé d’être ou d’avoir des accointances avec un communiste. Une période anxiogène et malsaine, qui voit son lot de dénonciations calomnieuses et de procès à charge, au nom de la défense de la patrie. Cette chasse aux sorcières est particulièrement virulente dans le petit monde du cinéma et des médias, contraignant les intellectuels à l’exil ou à l’emprisonnement. J’ai appris beaucoup au cours de cette lecture qui a ravivé mes cours d’histoire sur la guerre froide. Richement documenté, le roman restitue bien cette atmosphère délétère, chacun soupçonnant tout le monde et craignant d’être dénoncé ou accusé à tort.

« Héroïnes » fait brillamment la part belle aux femmes qui résistent – Phoebe et Hannah en-tête – refusant de se soumettre et de contraindre leur liberté de parole et de penser. Leurs idées s’exprimeront par le biais de la formidable portée médiatique de leur série télévisée ! Coup de ❤!

Références : « Héroïnes« , Sarah-Jane Stratford, aux éditions Belfond, 432 pages, 21€.

Non classé·Romans français

Le parfum des fleurs la nuit, Leila Slimani

En 2 mots : Une belle introspection de la part de l’auteure qui accepte, le temps d’une nuit, de se laisser enfermer dans le musée de la Punta Della Dogana (Douane) à Venise. Une idée un peu folle, proposée par son éditrice dans le cadre du projet « ma nuit au musée » lancé par les éditions Stock. Là, au milieu des œuvres d’art, Leila Slimani déambule, s’émeut ou reste perplexe devant les propositions artistiques toutes plus barrées les unes que les autres. Une nuit d’errance magnifique, durant laquelle elle convoque les «fantômes» qui lui sont chers mais également les souvenirs de son enfance au Maroc, tout en s’interrogeant sur son rapport à l’écriture, la littérature, la foi, l’art, aux autres, etc. L’inspiration sera t-elle au rendez-vous?

Mon avis : J’ai eu peur, en lisant les premières pages, que ce soit très nombriliste. Il n’en est rien car Leila Slimani m’a totalement embarqué dans son univers. J’attendais une histoire, le récit d’une nuit inattendue et je l’ai bel et bien eu. J’ai découvert une femme complexe, pleine de doutes et d’incertitudes. Surtout, j’ai aimé ses belles réflexions ainsi que les références littéraires et artistiques qui jalonnent cette nuit – un peu magique, aux frontières du fantastique et du surnaturel – au musée. Leila Slimani livre ici un récit intimiste, acceptant de lever un peu le voile sur ses fragilités au cœur d’une nuit solitaire, dans ce merveilleux décor propice aux confidences…

Références : « Le parfum des fleurs la nuit« , Leila Slimani, aux éditions Stock, 140 pages, 18€.

Feel Good

La sœur du soleil, Lucinda Riley

Les vacances sont l’occasion d’attaquer enfin les gros pavés qui attendaient sagement dans ma pal😅! Et je ne regrette pas d’avoir attendu le bon moment car ce 6e tome de la saga des « Sept Sœurs » tient toutes ses promesses!

En 2 mots : C’est Electra, la sœur la plus imprévisible, caractérielle et instable qui est ici à l’honneur. Une personnalité extrême, mannequin vedette accro aux drogues et à l’alcool qui s’étourdie dans les fêtes et paradis artificiels pour éviter de prendre sa vie en main. Lorsqu’elle retrouve sa grand-mère biologique, la jeune femme décide de faire face à ses démons et d’en apprendre plus sur son histoire familiale. Une histoire dont les racines nous conduisent dans le Kenya de la fin des années 30.

Mon avis : Dépaysement, histoire et exotisme sont donc à nouveau au rendez-vous dans ce tome un peu moins mielleux que les précédents puisque Electra n’a rien d’une gentille jeune fille en détresse ! Sa force de caractère et ses fêlures me l’ont rendu attachante, loin des clichés que je pouvais avoir d’elle en ayant effleuré le personnage dans les précédents tomes. Ce n’est pas une peste égoïste et prétentieuse que j’ai découverte mais une héroïne blessée, sombre et lumineuse à la fois, décidée à reprendre sa vie en main et à combattre ses addictions. Je l’ai trouvé particulièrement inspirante, tout comme sa grand-mère, la militante Stella Jackson. Passionnant également fut le récit des origines de la famille biologique d’Electra – à travers le personnage de Cecily – entre New-York, l’Angleterre et le Kenya alors que le monde est au bord de la seconde guerre mondiale.

C’est un roman ambitieux, pleinement d’actualité, même si l’action contemporaine se situe en 2008. On y évoque les ravages de la drogue et du VIH chez les jeunes, les émeutes raciales et les prémices du mouvement « Black Lives Matter ». Malgré ces presque 700 pages, ce roman se dévore tant il est passionnant, vibrant et émouvant!

Références : « La sœur du soleil » – La saga des sept sœurs, Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 775 pages, 22,50€.

Non classé·Romans étrangers

Agathe, Anne-Cathrine Bomann

En 2 mots : Dans les années 40, un psy en fin de carrière traîne son mal-être et sa solitude de consultation en consultation. Persuadé que la retraite lui offrira la paix à laquelle il aspire, il en vient à décompter chaque jour le nombre de séances restantes. Mais, paradoxalement, lui-même est progressivement gagné par une profonde mélancolie et peine à s’intéresser aux confidences, futiles ou glaçantes de ses patients, jusqu’au jour où Agathe franchie la porte de son cabinet. D’emblée, cette jeune femme dépressive le captive, ses tourments le revitalise et le ranime, le plongeant face à ses propres contradictions. Cette ultime et fascinante patiente pourrait bien lui redonner des raisons d’espérer…

Mon avis : Un roman feutré et intimiste, ponctué de petits chapitres mettant en lumière l’immense solitude d’un homme qui a passé sa vie au service des autres. L’atmosphère élégante du Paris des années 40 ajoute une touche d’élégance à ce texte pudique et sensible. J’ai beaucoup apprécié cette réflexion autour du métier de psy tant il est vrai que l’on se pose peu la question du ressenti de celui qui écoute et recueille les confidences. La lassitude d’entendre sans cesse les mêmes complaintes en devant conserver une attitude égale et posée sans surréagir, la difficulté de maintenir une écoute attentive lorsque l’on est soi-même tourmenté, la nécessité de rester à distance de ces patients – même quand leur histoire est touchante – sans pouvoir créer une relation plus intime sont des questions explorées de manière passionnante dans ce petit texte qui mérite le détour!

Références : « Agathe« , Anne-Cathrine Bomann, aux éditions J’ai lu, 160 pages, 6,80€.

Policiers

L’affaire Protheroe, Agatha Christie

Le challenge « Je lis Agatha Christie » nous propose, pour ce mois de juillet 2021, de lire une histoire mettant en scène un vicaire! « L’affaire Protheroe« , première enquête de miss Marple publiée en 1930, paraissait donc tout indiquée puisqu’elle met en scène le meurtre du colonel Protheroe au sein même du presbytère du petit village de Saint Mary Mead! Le pasteur Clement, vicaire de la communauté, se retrouve donc au coeur de l’enquête, secondant Miss Marple dans ses investigations.

En 2 mots : Protheroe, un notable imbuvable du village, est retrouvé assassiné d’une balle dans la tête alors qu’il attendait le pasteur Clément dans son bureau du presbytère afin de vérifier les comptes de la paroisse. Appelé pour une affaire urgente, le pasteur arrive en retard à leur rdv de 18h15 et découvre le cadavre de Protheroe. A ses côtés, un réveil fracassé indiquant 18h22. Réveil que le pasteur réglait toujours avec 15 minutes d’avance pour s’assurer d’être à l’heure…Évidemment personne n’a rien vu mais deux personnes s’accusent du meurtre alors qu’il semble évident qu’elles n’ont pas pu matériellement commettre le crime. Un véritable écheveau de laine que miss Marple saura dénouer avec brio!

Mon avis : J’ai adoré ce cosy mystery avant l’heure où la curiosité et les talents de miss Marple pour les commérages font merveille ! Un meurtre incroyablement audacieux et complexe, commis dans un petit bourg sans histoire, suffit à mettre tout un village en émoi. Les langues se délient, les ragots s’échangent autour d’une tasse de thé et les vieilles filles épient leurs voisins derrière leurs fenêtres. Un régal de mauvaise foi et de faux-semblants !

J’ai particulièrement aimé cette ambiance de village au sein de laquelle le pasteur Clement – dont le presbytère constitue la scène de crime – se démène tant bien que mal pour remettre sa communauté sur le droit chemin… Beaucoup de fausses pistes et de petits détails en apparence anodin m’ont tenu en haleine jusqu’au bout! Et bien sûr miss Marple, avec son air de ne pas y toucher et ses gros sabots, m’a totalement conquise ! Un très bon cru et une belle manière de découvrir notre charmante et espiègle détective amatrice !

Références : « L’affaire Protheroe« , Agatha Christie, aux éditions Le livre de poche, 220 pages, 5,60€.

Romans français

L’inconnu de la poste, Florence Aubenas

En 2 mots : Florence Aubenas, grand reporter au journal Le Monde, retrace l’histoire d’un crime sordide commis dans le petit village de Montréal-la-Cluse, au mois de décembre 2008 : l’assassinat d’une postière, Catherine Burgot, tuée de 26 coups de couteau dans son petit bureau de poste, alors qu’elle était enceinte…
Un suspect atypique se dessine dès les premières pages : Gérald Thomassin, marginal autrefois acteur et lauréat d’un César en 1991, nouvellement résidant de cette petite communauté où tout le monde se connaît. Lui, l’étranger, comédien à la dérive, paumé pet drogué, a tout du parfait coupable. Presque trop…

Mon avis : Lecture passionnante et passionnée! Florence Aubenas fait mouche à chaque fois! Comme dans « La quai de Ouistreham », ce récit d’un -vrai – fait divers nous happe dès les premières lignes!

Florence Aubenas remonte le fil de ce fait divers et invite le lecteur au cœur d’une enquête palpitante, richement documentée et immersive. Sous sa plume, les différents éléments de l’affaire sont analysés méthodiquement et c’est alors toute la communauté de ce petit village de montagne qui reprend vie pour tenter de faire la lumière sur ce meurtre particulièrement violent, opportuniste et sans explication logique face à un tel acharnement.

J’ai été captivée dès les premières lignes par cette affaire particulièrement mystérieuse ; difficile de croire que tout est vrai et que cela s’est réellement produit tant ce crime semble fou, improbable et inexplicable.

Références : « L’inconnu de la poste« , Florence Aubenas, aux éditions de l’Olivier, 240 pages, 19,90€.

Romans étrangers

La reine et moi, Sue Townsend

En 2 mots : Voilà un roman complètement décalé! Ecrit au début des années 90 par la romancière britannique Sue Townsend, « La reine et moi » plonge le lecteur dans une sorte d’annus horribilis parallèle à celle évoquée – et maintes fois commentée – par la reine Elizabeth pour qualifier l’année 1992. Imaginez un peu : les Républicains remportent les élections et décident d’abolir sur le champ la monarchie! La reine et l’ensemble de sa famille se retrouvent donc éjectés sans ménagement hors de leurs royaux palais direction la banlieue! Shocking ! Surtout que ce nouveau lieu de résidence n’envoie clairement pas du rêve, entre coupe gorge et no man’s land!

Mon avis : on est clairement dans la surenchère et on sent que l’auteure a pris un malin plaisir à infliger aux royaux tout ce qui lui passait par la tête : conditions de vie exécrables, pauvreté, voisinage haut en couleur, etc. ! Pas étonnant que le prince Philip déprime au fond de son lit et que la princesse Diana – présentée comme une ravissante idiote – batifole à droite à gauche pour oublier un quotidien devenu cauchemardesque.

C’est terriblement drôle, avec un humour au 2nd voire au 3e degré tant la déchéance de la famille royale est caricaturale, les laissant boire le calice jusqu’à la lie! C’est bien simple, rien ne leur est épargné et c’est cette image parfaite de la monarchie, enfin égratignée et confrontée au commun des mortels, qui se révèle particulièrement savoureuse!

Je me suis régalée, littéralement, et quel plaisir de retrouver les années 90, Lady Di, la reine mère ou encore la princesse Margareth! La reine Elizabeth qui économise chaque sou pour nourrir Harris, son précieux corgi, Charles et sa passion pour le jardinage, William et Harry devenus des petits voyous des rues, on accumule les clichés et situations loufoques mais c’est délicieusement rafraichissant! Pour les fans de la famille royale britannique qui ne se prennent pas (trop) au sérieux!

Références : « La reine et moi« , Sue Townsend, aux éditions Points, 320 pages, 7,30€.

Non classé

La lumière était si parfaite, Carène Ponte

En 2 mots : Megg végète dans sa vie parfaite de pseudo mère au foyer épanouie. Voilà des années qu’elle partage son temps entre l’éducation de ses enfants et la tenue de sa maison, se délitant dans son rôle de « meilleure épouse qu’un homme puisse avoir » dixit son mari! Mais voilà, depuis quelques temps, ce quotidien ronronnant l’étouffe et l’asphyxie. Lorsqu’en vidant la maison de sa mère, décédée il y’a 6 mois, elle tombe sur une pellicule photo, Megg ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir en faisant développer le film : sur les clichés, sa mère, rayonnante et amoureuse, dans les bras d’un homme sur une plage de Bulgarie. Le choc est rude, blessant profondément la jeune femme qui se pensait si proche de sa mère. Pourtant, elle n’a jamais soupçonné qu’il puisse y avoir un autre homme que son père dans sa vie. Pour tenter de faire toute la lumière sur ce secret, Megg s’embarque, avec sa meilleure amie et sa fille adolescente, pour un road trip à travers l’Europe, direction la Bulgarie!

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman de Carène Ponte, aussi lumineux que son titre! Fan de road trip, celui dans lequel se lance l’héroïne à partir de la seconde moitié du roman, m’a particulièrement enthousiasmé justement parce qu’il vend du rêve! Les escales idylliques à Milan, Vérone ou encore Venise m’ont transporté dans cette Italie gorgée de soleil et de lumière, salivant aux côtés des personnages sur les petits plats dont ils se régalent tout du long, enviant leurs virées shopping et les longues soirées à rire et bavarder. Mais, au delà du côté touristique, c’est la démarche même de cette fuite en avant, ce voyage décidé sur un coup de tête parce qu’on a besoin de respirer/de faire le point/de mettre un peu de magie dans sa vie/de se retrouver et de se reconnecter que j’ai aimé, quelle belle idée! Une introspection ne doit pas forcement être synonyme de sérieux et de gravité, elle peut aussi être joyeuse et porteuse de beaux moments, des moments qui comptent et aiderons à tenir le coup lors de périodes difficiles.

J’ai aussi été très touchée par certains passages mentionnant la relation si spéciale unissant Megg à sa mère, récemment disparue. Sa souffrance face au manque de ses parents dont elle était si proche, m’a bouleversée. Elle, aujourd’hui épouse et mère de famille, peine à se remettre du deuil d’une mère tant aimée, véritable pilier de sa vie, depuis toujours. Forcement, cela fait écho chez moi, me faisant prendre conscience de l’importance de profiter de ses proches… Avancer sans ce rempart, sans cette présence rassurante et bienveillante, se révèle atroce pour Megg. En se lançant dans ce voyage, c’est un peu sur les traces de sa mère qu’elle part, comme un moyen de renouer un lien ultime et intime avec elle, malgré la peine et les secrets.

Coup de cœur enfin pour le personnage fantasque et haut en couleur de Romy! Amie loyale et sincère dont la fantaisie égaye le roman, c’est LA personne que l’on aimerait avoir dans son entourage pour prendre un bon shot de courage, de résilience et d’optimisme en cas de coup de mou!

En bref, un livre qui m’a vraiment fait du bien! Chaleureux, touchant, le roman parfait pour s’évader cet été!

Références : « La lumière était si parfaite« , Carène Ponte, aux éditions Fleuves, 288 pages, 17,90€.

Policiers

Némésis, Agatha Christie

Le challenge « Je lis Agatha Christie » du mois de juin proposait comme thème : une intrigue ayant trait aux jardins! Connaissant la passion de Miss Marple pour le jardinage, c’est donc bien évidemment elle qui est à l’honneur ce mois-ci avec le roman « Némésis »!

Écrit en 1971, c’est un Agatha Christie tardif que j’ai découvert mais dans lequel notre demoiselle est toujours aussi pimpante et prompte à déterrer de vieilles affaires, même en faisant un banal voyage touristique à travers l’Angleterre à la découverte des demeures et jardins célèbres! Une excursion offerte par un vieil ami récemment décédé et qui n’est pas sans arrière pensée puisque, dans ses dernières volontés, Mr Rafiel prie expressément Miss Marple d’élucider pour lui un certain crime, ne lui fournissant pour tout indice que le seul mot de « Némésis ». La déesse de la vengeance et de la justice inspirera t-elle la vieille dame qui n’a pas son pareil pour sentir le mal et le faire sortir de son trou ?

J’ai lu très rapidement ce roman et je dois dire qu’il m’a davantage séduite que le précédent « une poignée de seigle« . Dans « Némésis », Miss Marple occupe clairement le devant de la scène et mène habilement les conversations pour faire toute la lumière sur un cold case. Avec son air de ne pas y toucher, elle parvient à tirer les fils de cette énigme bien mystérieuse tant elle semble orchestrée dans l’ombre par feu Mr Rafiel. J’ai bien aimé également l’originalité de cette excursion en bus à travers les plus belles demeures d’Angleterre, les participants formant de fait un petit groupe que l’on se prend à examiner à la loupe, à la recherche d’un potentiel criminel. Mais pas facile d’y voir claire tant la petite bande semble inoffensive, et pourtant, lorsqu’un « accident » sème le trouble, notre Némésis des temps modernes n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour que chacun reçoive ce qu’il mérite…

Références : « Némésis« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/Le livre de poche, 248 pages, 5,60€ .