Romans français·Témoignages

Elle a changé ma vie, Kate Abilly

En 2 mots : L’histoire de Cécile – inspirée de faits réels – qui s’ennuie dans le couple qu’elle forme de longue date avec Arnaud, son mari. Lorsqu’elle rencontre Rachel, la maman d’une amie de sa fille, les certitudes de Cécile vacillent. Jamais, jusqu’alors, elle n’aurait imaginé être attirée par une personne du même sexe. Pourtant, les faits sont là : Rachel la trouble indubitablement. L’évidence s’impose alors à mesure que les deux jeunes femmes se rapprochent et que leurs sentiments réciproques se font de plus en plus intenses, presque impérieux. Mais Rachel est également en couple et semble heureuse en ménage avec Anne, sa compagne…

Mon avis : J’ai vraiment été touchée par la simplicité de cette histoire, par le quotidien un peu tristounet de Cécile, qui s’illumine soudain grâce à la magie d’une rencontre. C’est une histoire banale en apparence, comme il en arrive tout les jours lorsque, lassé de son conjoint, on tombe sous le charme de quelqu’un de nouveau. Ici, tout l’intérêt du texte réside dans le fait que, en plus de transgresser les interdits moraux en trompant son mari, Cécile s’éprend d’une personne du même sexe, ce qui complique encore plus sa situation. Néanmoins, j’ai apprécié les notes d’espoir du texte, qui souligne qu’une fois le pas franchi, la vie peut à nouveau être belle.

Ce roman, naturel et authentique, est porté par des mots sincères, directs, justes. J’ai aimé le style un peu brut de l’auteure, qui s’attache à dire clairement les choses, sans fioritures et sans tourner autour du pot. Le délitement du couple, l’attrait pour une nouvelle personne, la peur face à ses propres ressentis devant des sentiments jugés tabous, l’audace de s’écouter et de se donner une chance de s’épanouir dans sa vie, voilà les thèmes évoqués dans ce roman aux accents criants de vérité. La question centrale des enfants et de la manière dont ils vivent une telle situation – la séparation des parents, la garde alternée, la vie avec un couple homoparental – m’a particulièrement intéressé et fait chaud au cœur en constatant que, dans la mesure où on leur explique clairement et simplement ce qui se passe, ils font preuve d’une empathie, d’une adaptation et d’une tolérance qui force l’admiration.

En bref : le récit d’une histoire d’amour, d’un combat pour faire accepter ses sentiments lorsque l’on vit dans un petit village où tout le monde se connait et commente vos moindres faits et gestes. Une leçon de vie et de courage, celui d’oser être soi et d’affirmer sans honte ses choix et ses désirs

Références : « Elle a changé ma vie« , Kate Abilly, aux éditions Plumes de Mimi, 174 pages, 14,99€

Romans français

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse

En 2 mots : « Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos.  » 

Une plongée dans la vie méconnue de la photographe Vivian Maier (1926-2009). Cette femme de l’ombre, dont l’œuvre sera découverte après sa mort, avait pour thème de prédilection les marginaux et les plus démunis, croisés au hasard de ses déambulations dans les rues de New York et de Chicago. Une photographe de la rue, capable de capter les fulgurances, les évidences et les non-dits des visages qu’elle croise au hasard de ses déambulations.

Mon avis : Portrait en pointillés donc de cette artiste dont on ne connait presque rien, qu’il faut deviner à travers les milliers de clichés et de tirages qu’elle a laissé derrière elle. Une tâche dont s’acquitte admirablement Gaëlle Josse, réussissant à faire revivre cette femme mystérieuse, pleine de contradictions et dont la vie compte de nombreuses zones d’ombre. D’origine française mais née à New-York, Vivian grandit dans une famille qui se déchire et la néglige, une famille peu familière du monde de l’art et de la culture. On suppose d’ailleurs que sa passion pour la photographie tiendrait à l’influence bénéfique d’une amie de sa grand-mère, la photographe Jeanne Bertrand. Toujours est-il que Vivian, devenue nurse d’enfants dans les beaux quartiers, ne quittera plus son appareil photo, l’un des meilleurs pour l’époque, offert grâce à l’argent hérité d’une vieille tante. Seule ou accompagnée des enfants dont elle a la garde, Vivian arpente inlassablement les rues de New-York puis de Chicago, ivre de photographier ces visages qui l’interpellent. D’autres solitudes que la sienne, qui l’attirent et la troublent.

Un texte empreint de poésie et de sensibilité. J’ai beaucoup aimé le style feutré de Gaëlle Josse, ses jolis mots qui mettent en lumière Vivian Maier, la sondant et la révélant, exposant son génie tout comme sa noirceur…

« Saisir la lumière des choses avant qu’elle ne s’efface« 

Références : « Une femme en contre-jour« , Gaëlle Josse, aux éditions « J’ai Lu », 160 pages, 6,90€.

Non classé·Romans français

La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz

En 2 mots : Dans ce premier roman, touchant et intimiste, Olivia Ruiz nous livre une part de son histoire familiale en nous faisant découvrir la vie d’une jeune femme touchée par le décès de sa grand-mère, son abuela, si chère à son cœur. Cette femme courage, qui n’a pas été épargnée par la vie, vient de laisser un objet hors du commun en héritage à sa petite fille : sa précieuse commode aux tiroirs de couleurs qui l’a, pour ainsi dire, suivie tout au long de sa vie. A l’intérieur des tiroirs, mille trésors : des souvenirs, des cordes de guitare, des poèmes, un acte de naissance, bref, toute une vie. Mais surtout, la jeune femme y découvre les mots de son abuela qui a choisi de revenir, avec pudeur et dignité, sur les événements majeurs de sa vie, de son enfance marquée par la fuite de la dictature franquiste à ses premiers émois amoureux en passant par ses drames intimes. A l’heure de la fin de sa vie, elle a décidé de ne rien cacher à sa petite fille et de faire toute la lumière sur les secrets de famille, les distillant par ci par là, dans les tiroirs de sa commode…

Mon avis : J’ai aimé l’idée de ces confessions précieusement conservées à l’intérieur d’une vieille commode et qui retrouve une seconde vie à mesure que l’héroïne inspecte les tiroirs de couleurs. L’histoire de Rita révèle le portrait d’une femme forte, courageuse et passionnée, marquée dès l’enfance par la fuite d’Espagne avec ses deux sœurs, l’arrivée dans le sud de la France en tant que réfugiées et le suicide de ses parents. Au delà de la trajectoire de vie de Rita, Olivia Ruiz s’interroge également sur la question de l’exil, des racines, la difficulté de vivre en se sentant lié à deux pays, deux cultures, deux langues.

Si j’ai trouvé l’histoire plaisante et agréable à lire, je n’ai, en revanche, pas été plus transportée que ça par ce récit. Certes, le style est fluide et quelques passages apportent leur lot d’émotions mais j’ai parfois ressenti une certaine longueur, une impression qu’il ne se passe finalement pas grand chose. Du coup, je n’étais pas plus accrochée que ça à ma lecture ni particulièrement pressée d’en connaître le dénouement. J’aurai aimé plus de chapitres sur les années passées à tenir son café ou sur sa relation avec sa petite fille, deux éléments qui sont finalement assez survolés.

Reste un texte qui fleure bon l’Espagne, sa langue piquante ainsi que le tempérament sanguin et passionné des méditerranéens.

Références : « La commode aux tiroirs de couleurs« , Olivia Ruiz, aux éditions J.C. Lattès, 208 pages, 19,90€.

Romans étrangers

Dans la forêt, Jean Hegland

En 2 mots : Un roman vraiment pas comme les autres, qui résonne incroyablement avec la situation du monde d’aujourd’hui… Années 1990, dans une Amérique mystérieusement en déclin, ravagée par les épidémies et les crises successives, deux sœurs tentent de survivre au milieu de la forêt. Privée d’électricité, Nell et Eva subsistent dans leur petite chaumière, préservée de la folie des hommes et du monde. Certes, elles ont dû abandonner leurs rêves – entrer à Harvard pour l’une, devenir danseuse étoile pour l’autre – leurs amis et leur mode de vie mais elles tiennent bon, ensemble.

Ensemble, elles se sont créées un cocon protecteur, fait d’habitudes et de gestes mille fois répétés. Un cocon tour à tour sécurisant puis oppressant, à mesure que les mois passent et que rien ne vient rompre leur isolement… Le poids de la routine, ce sentiment que rien, jamais, ne sera plus comme avant, puis le fol espoir qu’il se passe quelque chose, n’importe quoi, tout plutôt que cette routine lancinante qui les consume à petit feu.

Et bien sûr, il y a la forêt, personnage à part entière du roman. Cette forêt – tant aimée durant l’enfance – préserve les sœurs et garde leurs secrets. Elle enveloppe l’intrigue, comme pour mieux dissimuler nos deux héroïnes et leur offrir un écrin de toute beauté. Ce retour à la terre et à la nature met également en exergue l’obligation de revenir à une vie dépouillée, exempte des technologies modernes. L’on ressent ainsi ,de manière puissante, la difficulté de se déshabituer du confort que l’on a toujours connu : le téléphone ne sonne plus, les lumières ne s’allument plus, l’essence est devenue une denrée rarissime ; la vie s’écoule au rythme des saisons, simplement.

Cette vie en vase clos, seule l’une avec l’autre, permet également d’explorer la complexité des rapports humains. La violence, tapie dans l’ombre et qui ne demande qu’à sortir, lorsque l’autre nous exaspère, la peur du futur, de la mort, de la maladie, du manque de nourriture, exacerbent les sentiments de ces jeunes filles que l’on sent souvent proche de la rupture.

Une lecture qui, je le pressens, restera marquante!

Références : « Dans la forêt« , Jean Hegland, aux éditions Gallmeister, 308 pages, 9,90€.

Développement personnel

Histoires du soir pour les adultes qui ont peur du noir, Anne-Charlotte Sangam

« Des histoires réconfortantes et douillettes comme un édredon bien dodu et chaud, qui vous attendrait pour vous couver toute la nuit. »

Dans ce recueil, vous trouverez donc des histoires méditatives pour le bien-être psychique, des visualisations, des recettes, mais aussi des conseils pour passer de bonnes nuits de sommeil et se relaxer. L’idée est d’offrir via la lecture d’histoires courtes, apaisantes et réconfortantes, un moment pour souffler avant de se laisser glisser vers le sommeil et pourquoi pas de trouver matière à méditer tout en dormant ! Je trouve vraiment sympa de renouer avec ce rituel de l’enfance, de prendre un petit temps calme après une journée chargée afin de bien accueillir la nuit à venir. Et quelle meilleure façon de le faire que de se plonger dans un joli texte doux et bienveillant😊

J’avoue être totalement fan de cette idée et, dès ce soir, je lirai ma première histoire. Je l’ai d’ailleurs déjà choisie, ce sera « l’atelier de Lucie ou la nécessité d’hiberner « !

Feel Good·Policiers

Fête de famille fatale, Juliette Sachs

En 2 mots : Amatrice des romans de M. C. Beaton et de Julia Chapman, je suis ravie d’avoir trouvé un équivalent à la française grâce aux romans de Juliette Sachs! Ici, c’est Camille, une jeune journaliste qui est à la manœuvre pour résoudre les crimes commis dans son entourage. Dans ce volet, notre détective en herbe se retrouve accusée du meurtre d’un vieux monsieur, décédé subitement lors d’une fête de noël après avoir été empoisonné au cyanure. Le hic, c’est que c’est Camille elle-même qui a servi la coupe de champagne fatale à la victime… Ni une ni deux, il n’en faut pas plus à l’officier de police du village – un peu trop zélé – pour placer la jeune femme en garde en vue. Bien décidée à prouver son innocence et à faire toute la lumière sur cette affaire, Camille décide de mener sa propre enquête, quitte à délaisser son chéri et sa belle famille avec qui elle passe son premier noël!

Mon avis :  un cozy mystery à la française, drôle et rafraîchissant! J’ai beaucoup aimé l’écriture de Juliette Sachs qui nous propose une héroïne gaffeuse et hilarante aux faux airs de Bridget Jones! Son talent pour se fourrer dans des situations inextricables – certes bien aidée par sa fofolle de mère – est à l’origine de scènes vraiment cocasses! Lucie, l’ex revancharde de Marc, est également parfaite dans le rôle de la peste qui met des bâtons dans les roues de l’héroïne. Tout ce petit monde, ainsi que l’atmosphère des fêtes de fin d’année, m’ont permis de passer un bon moment de lecture 😊

L’enquête en elle-même est distrayante et se résout d’une manière différente de celle que j’avais imaginé! Enfin, comme dans tout bon cozy mystery, on ne vient pas forcément pour le suspens mais pour trouver une lecture un peu mystérieuse tout en évitant la violence et les scènes glauques ou choquantes. Contrat rempli donc😊!

Références : « Fête de famille fatale« , Juliette Sachs, aux éditions City, 256 pages, 16,90€.

Romans étrangers

Un garçon sur le pas de la porte, Anne Tyler

En 2 mots : « On se demande ce qui peut bien se passer dans la tête d’un tel homme. Tellement étroit d’esprit, borné ; avec des idées si arrêtées. Il n’a aucune perspective ni ambition particulière.  » Voilà en quels termes peu sympathiques Anne Tyler décrit son personnage principal : Micah Mortimer. Et de fait, cet homme englué dans ses habitudes mène une existence plutôt monotone, se partageant entre son auto-entreprise de dépannage informatique et son rôle de concierge au sein de sa petite résidence. Côté vie sociale, Micah a bien une petite-amie mais, là encore, c’est semble t-il, sans entrain particulier. Lorsqu’il trouve un jour sur le pas de sa porte un jeune adolescent qui prétend être son fils, le monde de Micah vacille enfin de sa trajectoire!

Mon avis : Ce roman a eu sur moi un effet presque relaxant tant la vie routinière de Micah inspire la monotonie et le calme. Sans surprise, tout en lui respire la précision et le méticulosité de gestes mille fois répétés. Un mode de vie qui, finalement, loin d’être anxiogène se révèle apaisant car prévisible, anticipable. L’écriture, elle aussi très détaillée, résonne avec ce personnage pointilleux, décrivant ainsi précisément son quotidien, son caractère, les lieux et les gens fréquentés, et ce jusque dans les moindres détails.

J’ai finalement aimé la manière dont Anne Tyler décortique son personnage ainsi que son caractère insipide pour mieux le pousser dans ses retranchements, faisant alors surgir l’inconnu, l’imprévisible sur le pas de sa porte. Dès lors, on se prend à guetter l’électrochoc qui sortira Micah de sa mélancolie. L’envie de le secouer est présente mais l’on se laisserait presque glisser à ses côtés dans cette sorte de torpeur qui le caractérise…

En bref, pas un coup de coeur mais une histoire qui a le mérite d’être calme et tranquille, sans surprise (ni bonne ni mauvaise).

Références : « Un garçon sur le pas de la porte« , Anne Tyler, aux éditions Phébus, 170 pages, 18€.

Romans français

Ma Louise, Edouard Moradpour

En 2 mots : L’histoire d’amour fulgurante d’Arnaud et de Louise dans le Paris de nos jours. Elle, jeune factrice, s’éprend au premier regard de ce gynécologue bon chic bon genre à qui elle doit remettre un recommandé. S’ensuit une première lettre, une première rencontre puis, bien vite, une liaison passionnelle. Fou amoureux de cette jeune fille lumineuse et pleine de vie, Arnaud quitte sa petite vie bien rangée, son appartement des beaux quartiers, son épouse et ses enfants pour s’installer avec Louise. Mais est-elle vraiment celle qu’elle prétend être ?

Mon avis : Le roman se divise réellement en deux parties, avec un premier temps plutôt convenu mettant en scène une histoire d’amour interdite et passionnée. Louise et Arnaud s’aiment, envers et contre tous, et laissent une chance à leur histoire de s’épanouir. La seconde partie, plus sombre, rabat les cartes de cette romance un peu trop cousue de fil blanc. Enfin nous découvrons les vrais visages de Louise et d’Arnaud, personnages moins lisses que ce que l’on pouvait penser. Le récit s’emballe alors, prenant un virage beaucoup plus sombre et la noirceur envahie alors le dernier tiers du roman. La fin m’a surprise, au point qu’elle m’a même mise mal à l’aise tant je ne m’attendais pas à ce dénouement…

Si l’histoire se révèle intéressante et plutôt bien ficelée, j’ai en revanche eu du mal avec le style de l’auteur que j’ai trouvé un peu désuet. Il y’a finalement beaucoup de descriptions et pas suffisamment de dialogues à mon goût entre les deux principaux protagonistes. M’est donc restée de cette lecture l’impression d’un roman un peu trop bavard, le style manquant de légèreté et de fluidité pour ma part …

Références : « Ma Louise« , Edouard Moradpour, aux éditions Michel de Maule, 221 pages, 20€.

Non classé·Romans français

Une joie féroce, Sorj Chalandon

En 2 mots : Elles sont quatre. Brigitte, Assia, Mélody et Jeanne. Quatre femmes frappées par le cancer ayant fait connaissance dans les couloirs d’un service d’oncologie. Quatre solitudes qui vont s’unir, se soutenir et se redonner le sourire autour d’un mantra : embrasser leur vie d’une joie féroce. Cohabitant toutes les quatre dans un appartement parisien, n’ayant plus rien à perdre ni personne d’autre à qui se raccrocher, ces femmes décident de tenter un coup de folie. Une fulgurance insensée, une belle connerie comme elles le reconnaissent elles-mêmes : organiser le braquage d’une luxueuse bijouterie de la place Vendôme afin de payer la rançon exigée par l’ex compagnon de Mélody, en échange de sa fille, emmenée de force en Russie.

Mon avis : Très très gros coup de cœur pour ce roman! C’est un texte incroyable, fort et lumineux, parfois douloureux, mais quelle histoire! Malgré les passages bouleversants, je me suis accrochée, bien décidée à accompagner les héroïnes vers des jours meilleurs. Ainsi, si le début du roman met l’accent sur la sidération qui saisit Jeanne à l’annonce de sa maladie et sa tristesse devant l’éloignement de son mari, bien vite, comme Jeanne, le roman se ressaisit et replace le curseur sur le combat de ces femmes. Ces femmes bien décidées à ne pas subir sans se battre, à se révolter face à ce corps qui les trahit. Quitte à tenter un coup de folie pour se prouver qu’elles sont encore bien vivantes.

J’ai adoré ces femmes qui veillent les unes sur les autres. Tout particulièrement Brigitte, la meneuse, qui rassure et console, s’efforçant de rester forte pour ces compagnes. Et Jeanne, frappée par le cancer alors qu’elle a déjà perdu son petit garçon et qui voit son mari prendre la poudre d’escampette après l’annonce du diagnostic.

Je ne suis pas prête d’oublier ce texte magnifique, remarquablement bien écrit et qui ne sombre jamais dans le pathos. Ces femmes restent dignes dans l’épreuve, nous donnant une belle leçon de vie et d’espérance!

Références : « Une joie féroce« , Sorj Chalandon, aux éditions du Livre de poche, 320 pages, 7,90€.

Romans étrangers

La chambre aux papillons, Lucinda Riley

En 2 mots : L’Angleterre déploie ses charmes dans cette saga familiale signée Lucinda Riley, célèbre pour sa série phénomène « Les sept sœurs« . Comme souvent chez l’auteure, le roman alterne entre passé et présent, autour de son héroïne, Posy. Nous faisons ainsi sa connaissance en 1943 alors qu’enfant la petite fille s’amuse dans le jardin familial à attraper les papillons. Spécimens collectionnés par son père dans sa « folie », au fond du domaine. Le temps idyllique de l’enfance prend fin lorsque le père est rappelé au combat. Nous retrouvons ensuite Posy en 2006, âgée de près de 70 ans. Alors qu’elle va bientôt se séparer du domaine familial d’Admiral House, l’occasion est donnée à Posy de revenir sur les évènements qui ont marqué sa vie et celle de sa famille.

Mon avis : Une saga familiale « classique » avec ses joies, ses peines, ses drames et ses secrets de famille. J’ai tout particulièrement aimé les descriptions de cette magnifique demeure familiale et de son jardin luxuriant et enchanteur! J’ai toutefois trouvé cette saga un peu longue, mon intérêt ayant mis plus de temps à s’éveiller et à se maintenir que lors de mes lectures des tomes des « Sept sœurs« .

Néanmoins j’ai retrouvé avec plaisir la plume de Lucinda Riley qui n’a pas son pareil pour raconter des histoires de famille et nous embarquer dans des récits romanesques et exaltants.