Feel Good·Non classé

Le sourire des fées, Laure Manel

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En 2 mots : La jolie petite famille formée par Antoine, Rose et la jeune Lou, coule des jours heureux dans le chalet de montagne d’Hermance, la grand-mère d’Antoine. Heureux d’être ensemble, ils savourent leur vie tranquille après les douloureuses épreuves vécues dans un précédent roman de Laure Manel « La mélancolie du kangourou« . Rose, qui s’est occupée de Lou dès ces premiers jours d’existence après le décès de sa maman lors de l’accouchement, forme un couple uni avec Antoine et veille comme une maman sur l’espiègle petite fille, le tout sous l’œil de Gramima Hermance. Les journées d’école, les soirées au coin du feu, les tartes aux pommes et les randonnées en montagne rythment leur quotidien enfin apaisé.

Mon avis : Une grosse première moitié du roman respire la bienveillance et la douceur! Dans leur cocon préservé des Alpes, Antoine, Rose, Hermance et la petite Lou profitent de l’existence, pour le plus grand bonheur du lecteur qui prend plaisir à partager ces moments de complicité. L’atmosphère familiale imprègne le roman tout du long, rendant la lecture très enveloppante, comme un plaid agréable dans lequel se lover! En effet, ce qui m’a le plus marqué c’est vraiment ce bonheur diffus qui se dégage des personnages, simplement heureux de partager les plaisirs simples du quotidien, ensemble. Cette vision quelque peu idéalisée peut, par moment, se révéler un peu lassante car on a l’impression que tout est trop parfait, trop lisse et qu’une telle félicité est trop belle pour être vraie. Qu’importe, un livre aussi positif, ça fait du bien!

J’ai trouvé que c’était vraiment un roman d’atmosphère et d’émotion car, du point de vue de l’intrigue, il ne se passe finalement pas grand chose pendant une grosse partie du roman. Quelques péripéties rythment l’intrigue mais elles s’insèrent presque sur la pointe des pieds, comme si elles ne voulaient pas trop bousculer l’harmonie entre les personnages, si attachants qu’on a envie de les protéger et de simplement les regarder vivre dans leur bulle de tendresse. Ce n’est qu’après avoir passé les deux tiers du roman que le drame finit, finalement, par se frayer un chemin et par tout bousculer…. C’est là que les vannes s’ouvrent et que l’émotion prend le lecteur à la gorge, le laissant exsangue après avoir cru immuable le bonheur de cette belle famille…

Beaucoup d’émotion donc dans « Le sourire des fées« ! Et d’ailleurs, des fées, le roman en compte plus d’une 😉 ! Comment ne pas fondre devant le côté espiègle de la petite Lou, la gentillesse d’Hermance ou l’optimisme à toute épreuve de Rose ? A elles trois, ces femmes font planer joie, rire et bonne humeur sur ce joli roman. Bravo à Laure Manel pour ces si jolis personnages féminins que l’on aimerait croiser dans la « vraie » vie!

Bien qu’étant la suite de « La mélancolie du kangourou » – que je n’avais pas lu – je n’ai eu aucun souci à me situer dans l’intrigue et à faire le lien entre les personnages et leurs histoires. On raccroche très vite le fil avec ce qu’il s’est passé dans le roman précédent et l’on suit avec plaisir la vie heureuse et paisible de cette famille recomposée.

Une ode à la simplicité et à la nature, une invitation à savourer les petits bonheurs de l’existence!

Références : « Le sourire des fées », Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 348 pages, 18,95€.

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Et ton cœur qui bat, Carène Ponte

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En 2 mots : Roxane tient le blog « Voyag’Elles » sur lequel elle partage ses bons plans et ses coups de cœur. Sa dernière destination la mène en Camargue, dans l’hôtel « Au Meilleur Ami de l’Homme » – concept loufoque et génialissime que ce lieu! – établissement dans lequel chaque client se voit attribuer un petit chien, qui couche devant sa porte, et qu’il est possible d’adopter à l’issue de son séjour. Là, la jeune femme se lie d’amitié avec Albane, jeune adolescente et fille du propriétaire de l’hotel, ainsi qu’avec un autre pensionnaire, Gwenole, dont l’épouse souffre d’Alzheimer. Bien vite, on découvre que si Roxanne se réfugie dans cette vie nomade, c’est pour fuir le deuil effroyable qui l’a récemment frappé : la mort de sa fille Meryl et de son frère dans un accident de voiture…

Mon avis : Avec ce nouveau roman, que j’ai trouvé particulièrement émouvant, on sent que Carène Ponte a gagné en maturité. Son talent a mûri avec le temps, ce qui lui permet ici de nous livrer une histoire moins feel good et légère que celles auxquelles elle nous avait habitué, mais quelle intensité et quelle profondeur gagnées en contre-partie!

En s’attaquant au sujet sensible de la perte d’un enfant, couplé ici à celle du frère jumeau, véritable double identitaire, l’autrice nous fait cheminer par toute la gamme des émotions. Aux cotés de Roxane, d’Albane, de Gwenole et des autres j’ai ri, j’ai été émue, bref j’ai vibré avec ces personnages plus vrais que nature.

C’est aussi un roman doux et délicat, porteur d’espoir, duquel de belles leçons sont à tirer. On y évoque la résilience, l’acception, le pardon, le travail de deuil, à se souvenir de manière apaisée des disparus. Car, c’est un fait, Meryl et Xavier, tiennent un rôle prépondérant dans ce roman, malgré leur disparition. Leur présence bienveillante plane sur le roman, distillant une aura chaleureuse et bienfaitrice sur l’héroïne.

Les personnages secondaires sont également très aboutis, à l’image de Gwenole qui continue de rendre visite à sa femme dans son unité Alzheimer, même si elle ne le reconnait plus. Sa gentillesse et son dévouement m’ont particulièrement touché, d’autant que son histoire fut l’occasion de retrouver la jeune Mia (découverte dans le précédent roman de Carène Ponte) et d’avoir ainsi de ses nouvelles.

Un roman intense, magnifique, que l’on referme à regret tant il est difficile de quitter ces personnages et de les laisser poursuivre le cours de leur vie!

Références : « Et ton cœur qui bat« , Carène Ponte, aux éditions Michel Lafon, 348 pages, 17,95€.

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La part des anges, Bruno Combes

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En 2 mots : Cap sur le Périgord avec ce roman, lumineux et porteur d’espoir, qui traite avec pudeur de la résilience dans le travail de deuil. Juste magnifique!

Bruno Combes nous entraîne ici à « la part des anges », une bâtisse du XVe siècle qui sert de cocon protecteur à la famille Guadet, durement ébranlée par la mort accidentelle de leur jeune fils, renversé par un chauffard à Paris. Là, dans la campagne du Périgord, Hugo, Lisa et Emilie tente de se reconstruire doucement après ce malheur effroyable qui a laissé leur famille exsangue. Si Hugo, jeune médecin, se plonge dans le travail, Lisa peine en revanche à relever la tête, traînant derrière elle une insupportable culpabilité : celle de n’avoir pas su protéger son fils. Lorsqu’elle tombe par hasard, au grenier, sur une correspondance des précédents propriétaires datée de la seconde guerre mondiale, Lisa se sent irrésistiblement attirée par le destin d’Alice, l’occupante de la bastide dans les années 40. La jeune mère ressent un certain apaisement à se plonger ainsi dans le destin de cette famille, trouvant un dérivatif à son chagrin. Petit à petit, Lisa relève la tête et retrouve goût à la vie, inspirée par l’exemple d’Alice.

Mon avis : Malgré la gravité du sujet, j’ai ressenti un profond sentiment de quiétude et de douceur durant ma lecture. Au cœur de ce territoire rural préservé, où les relations sont franches et authentiques, la famille Guadet se ressource et puise la force de regarder à nouveau vers l’avenir. La vie s’y déroule paisiblement, au rythme des saisons et de la nature, permettant à Lisa de guérir peu à peu en se recentrant sur l’essentiel : son mari et sa fille, tout en restant fidèle à la mémoire du petit Théo.

L’écriture pudique et tout en délicatesse de Bruno Combes met habilement en valeur cette histoire de résilience et de reconstruction. Il parvient ainsi à en faire un texte émouvant et touchant, sans jamais tomber dans le pathos.

L’atmosphère apaisante du Périgord, qui enveloppe Lisa de son aura protectrice et bienfaisante, m’a également donné envie de découvrir ce petit coin de France! Un très bon moment de lecture, tout en délicatesse!

Références : « La part des anges« , Bruno Combes, aux éditions Michel Lafon, 375 pages, 18,95€.

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Le bon côté de la vie, Debbie Macomber

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J’ai eu beaucoup de mal à me fondre dans cette bluette sentimentale que j’ai trouvé passablement niaise et sans intérêt. De plus, j’ai senti dès les premières lignes que la magie n’allait pas opérer car je ne parvenais décidément pas à me faire au style et à la narration de l’autrice. Je ne sais pas si la traduction laisse à désirer mais l’utilisation abusive du passé m’a laissé l’impression que, côté style et tournure de phrases, on ne volait vraiment pas haut. C’est donc plus sur la forme que sur le fond que j’aurais des reproches à faire à « Le bon côté de la vie« .

Sur le fond, si l’histoire reste charmante et facilement compréhensible, même sans avoir lu les 3 précédents tomes, je suis restée imperméable aux péripéties de la Villa Rose. Trop mièvre, bavard et artificiel à mon goût! J’ai donc trouvé cette histoire de pension de famille poussive car tout sonnait faux, comme si c’était exagérément forcé. Ce roman étant le 4e tome de la saga, on sent également de manière palpable tout au long de la lecture que l’intrigue manque de souffle et a perdu de son essence. Globalement, j’ai trouvé les personnages creux et peu étoffés, à la limite de la caricature. En définitive, je n’ai pas accroché du tout à ce roman et son côté « soap opera » …

Références : « Le bon côté de la vie« , Debbie Macomber, aux éditions Charleston, 352 pages, 19,90€. Sortie le 15 juillet 2020.

 

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Même les méchants rêvent d’amour, Anne-Gaëlle Huon

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En 2 mots : Julia, la trentaine, quitte Paris pour s’installer dans la maison de sa grand-mère en Provence. Cette dernière, Jeannine, n’est plus tout à fait la même depuis quelques temps et une mauvaise chute dans le jardin l’a contrainte a emménager dans une résidence pour personnes âgées, sous la bonne garde de Félix, son aide de vie. Se sentant décliner, la vieille dame avait entrepris la rédaction d’un carnet contenant ses souvenirs de jeunesse ainsi que quelques secrets qu’elle désirait révéler à sa petite fille après sa mort. Mais Julia met rapidement la main sur ce carnet et part alors à la rencontre de la jeune fille enthousiaste et pleine de vie que fut sa grand-mère. En parallèle, la jeune trentenaire remet également en question sa vie, ses aspirations et ses priorités, trouvant dans les souvenirs de sa mamie, la force d’oser faire bouger les choses et de vivre enfin pleinement sa vie, en savourant l’existence et les bonheurs qu’elle lui apporte.

Mon avis : Une touchante histoire de secrets de famille sous le soleil de Provence! Malheureusement, malgré les personnages sympathiques et le joli décor, la mayonnaise a eu du mal à prendre :/

J’ai ainsi peiné tout du long, perdant le fil au gré des sauts dans le temps et des listes mnémotechniques de Jeannine. Pourtant, malgré les nombreuses coupures dans le récit, la narration reste claire et fluide, mais je n’ai pas ressenti ce petit frisson susceptible de capter mon intérêt et d’illuminer ma lecture, me donnant envie d’y revenir avec gourmandise. Un peu d’ennui donc et finalement peu d’intérêt pour le sort des personnages auxquels je n’ai jamais réellement réussi à m’attacher et j’en suis vraiment désolée car j’aurai adoré avoir un coup de cœur pour ce roman mais ce ne sera pas pour cette fois.

J’avais déjà eu un peu cette impression avec le précédent roman de l’autrice, « Le bonheur n’a pas de rides », où là encore je n’avais pas réussi à adhérer complètement à l’histoire. Néanmoins, « Même les méchants rêvent d’amour » restent une lecture divertissante et feel good même si, pour ma part, je n’ai pas été sensible à son charme…

Références : « Même les méchants rêvent d’amour« , Anne-Gaëlle Huon, aux éditions du livre de poche, 352 pages, 7,90€.

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L’habit ne fait pas le moineau, Zoe Brisby

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En 2 mots : Gros coup de cœur pour ces Bonnie and Clyde version 2.0! Les deux fugueurs sont ici incarnés par Alex, un jeune homme dépressif en plein chagrin d’amour, et Maxine, petite mamie fugueuse de 90 ans, évadée de sa sinistre maison de retraite. Les deux compères se rencontrent à l’occasion d’un covoiturage vers Bruxelles, point de départ d’un road trip déjanté😊!

Mon avis : Dès les premières lignes, j’ai senti le coup de cœur se profiler tant ce roman est bourré d’humour et de bonne humeur! Ces deux âmes en peine vont tenter, chacune à leur manière, d’adoucir les bleus à l’âme et le blues de l’autre. Alex qui n’a plus foi en l’avenir et Maxine dont la vie est désormais derrière elle, vont se tirer vers le haut et cheminer de concert pour se convaincre mutuellement que la vie vaut la peine d’être vécue. Ce roman éminemment positif souligne ainsi le bien fondé de vivre l’instant présent, de faire des projets afin de ne pas ressasser sans fin ses problèmes, d’élargir son horizon et d’arrêter de se regarder le nombril.

Beaucoup de tendresse émane également des personnages et il est difficile de ne pas être touché par leurs histoires. Si Maxine a vécu en profitant de chaque instant de son incroyable vie, Alex, lui, s’est toujours senti de trop, pas à sa place, osant à peine respirer. Le contact avec cette vieille dame pleine de punch va lui permettre de sortir enfin de sa coquille et de révéler sa personnalité, assumant enfin haut et fort ses envies. Par effet de contagion, Maxine se rendra elle-même compte que sa vie n’est pas terminée et qu’elle peut encore lui réserver de bien jolies surprises! L’association de ces deux loustics donne ainsi un cocktail détonnant et vitaminé que j’ai aimé accompagné le temps d’un covoiturage décidément pas comme les autres!

En bref, cette comédie intergénérationnelle m’a fait hurler de rire, surtout quand les médias s’emparent de la fugue des deux compères, qualifiant Alex de malfrat en cavale et de kidnappeur de petite vieille! Un nouveau duo au grand cœur est né!

Références : « L’habit ne fait pas le moineau« , Zoe Brisby, aux éditions du Livre de poche, 512 pages, 8,70€.

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Hamish Macbeth dans « Qui a une taille de guêpe », M. C. Beaton

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En 2 mots : J’ai attaqué cette saga de la regrettée M. C. Beaton (créatrice de la série « Agatha Raisin »), par le tome 4. On y retrouve bien l’esprit décalé et british d’Agatha, transposé ici dans les Highlands écossaises avec son cortège de clichés : loch, whisky,  châteaux et mauvais temps, pour ne citer qu’eux! Petite précision d’importance : nul besoin d’avoir lu les tomes précédents pour s’y retrouver grâce aux nombreuses allusions au passé d’Hamish, policier dans le petit village de Lochdubh. L’histoire tourne ici autour d’une nouvelle venue dans le bourg, Trixie Thomas, une ménagère particulièrement despotique et autoritaire, promesse d’ennuis en perspective pour les femmes au foyer du coin!

Mon avis : J’ai apprécié ce cosy mystery, plus pour le charme de l’Écosse et ses personnages haut en couleur, que pour le suspens de l’intrigue. En effet, j’ai trouvé un côté enfantin à cette histoire, un peu comme dans les romans de la bibliothèque verte que je lisais enfant. Tout y est un peu trop lisse et gentillet, à commencer par le détective Macbeth, héros lunaire et désintéressé, uniquement préoccupé par le bien-être de sa communauté. Un policier dévoué, culotté mais aussi un amoureux transi puisque ce cher Hamish a le béguin pour la riche héritière du coin, Priscilla Hallburton-Smythe. L’ensemble est finalement très convenu mais ça remplit le job de lecture doudou et réconfortante.

Cela reste donc plaisant à lire car très feel good, l’enquête ajoutant simplement au plaisir de s’immerger dans la vie d’un petit village écossais, mais elle reste à mon sens assez secondaire…

Références : « Hamish Macbeth tome 4« , M. C. Beaton, aux éditions Albin Michel, 252 pages, 14€.

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Tout ce que tu vas vivre, Lorraine Fouchet

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En 2 mots : Dom Le Goff, 15 ans, vit seul à Paris avec son père depuis le départ de sa mère, voilà 5 ans. Cette chirurgienne orthopédique est en effet partie panser ses blessures en Argentine après une opération qui a mal tourné. Depuis, le jeune adolescent se languit d’elle, espérant son retour. Lorsqu’une nuit son père décède subitement d’une crise cardiaque entre les bras d’une mystérieuse femme blonde, Dom se retrouve orphelin. Son oncle et sa tante veillent d’un œil bienveillant sur leur neveu qui tente, tant bien que mal de surmonter son chagrin ; d’abord en trouvant refuge sur l’île de Groix, berceau de sa famille, puis en partant au bout du monde sur les traces de sa mère, jusqu’au mythique cap Horn…

Mon avis : Un formidable élan de vie se dégage de ce roman qui aborde la mort et le deuil d’une bien douce manière. Lorraine Fouchet ne tombe jamais dans le pathos et traite ces sujets délicats avec humanité et pudeur. Tout sonne juste dans l’histoire de Dom qui trouve en lui les ressources pour ne pas s’effondrer et poursuivre son chemin en restant fidèle aux valeurs qui lui ont été transmises. L’évasion, les grands espaces, la fuite en avant pour essayer de renouer avec ses racines et ses origines, sont ainsi les thèmes qui rythment ce roman, entraînant le lecteur à travers des lieux refuges qui apaisent l’âme. C’est d’abord la sauvage île de Groix puis l’éblouissante Patagonie et son cortège de paysages grandioses. J’ai ainsi eu un véritable coup de cœur pour le voyage de Dom en Amérique du sud, pour ces lieux aux noms chantant : Ushuaia, le glacier Upsala, le lac Argentino, le lac Guillermo, le Perito Moreno… J’en ai pris plein les yeux sans quitter mon chez moi!

Ce petit Dom qui fait face à la perte douloureuse de son père m’a touché, mais je retiens surtout la présence de ses proches. Son oncle Gaston, sa tante Tifenn, Mathilde l’amie fidèle restée à Groix, la petite concierge allemande, le patron du café breton juste en face de chez lui à Montparnasse. A eux tous ils forment une petite tribu soudée qui prend l’adolescent sous son aile, l’entoure, le soutienne et le conseille, l’aidant à se relever quand il trébuche. Un formidable élan de bonté et d’entraide qui m’a fait du bien.

Références : « Tout ce que tu vas vivre« , Lorraine Fouchet, aux éditions du Livre de poche, 352 pages, 7,90€.

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Né sous une bonne étoile, Aurélie Valognes

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En 2 mots : J’ai eu un vrai coup de cœur pour le dernier roman d’Aurélie Valognes, « Né sous une bonne étoile » ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que le petit Gustave, héros du roman, ne semble justement pas né sous une bonne étoile, lui. Né un 11 mars, journée mondiale des catastrophes (tsunami au Japon, attentat de Madrid, mort de Claude François, etc.), l’enfant grandit dans une cité tristounette de la banlieue parisienne, entre une sœur aînée surdouée et des parents à bout de souffle. Mais surtout, le grand drame du petit Gustave, sa blessure intime, c’est l’école…
L’école, Gustave aimerait tellement y réussir et s’y épanouir. Malheureusement, le petit garçon est un doux rêveur, toujours dans la lune, maladroit et gaffeur. Le retard s’accumule, les années passent et Gustave perd pied, malgré sa bonne volonté et tous les efforts engagés. Pourtant, il est loin d’être bête notre petit bonhomme et, heureusement, quelqu’un va finir par lui tendre la main!

Mon avis : C’est peu dire que le petit Gustave m’a touché et ému! Avec son langage poétique et plein d’humour, le jeune garçon pose un regard presque naïf sur la vie mais , à force de prendre des coups, il perd peu à peu confiance en lui-même et en ses capacités. Certains passages m’ont aussi révolté, notamment lorsque les enseignants de Gustave, désabusés, ne se rendent pas compte de ses tourments et le laisse s’enfoncer dans la tristesse et la conviction qu’il ne vaut rien. Heureusement, Mlle Bergamotte, sa professeur de français qui fait un peu office de bonne fée, va tout mettre en oeuvre pour lui donner une réelle chance de prouver sa valeur. Et le combat de cette enseignante fait un bien fou!

Le roman se révèle particulièrement tendre mais pas mièvre, au contraire il rebooste les batteries grâce à l’admiration que suscite ce petit garçon courageux qui ne lâche rien. Rythmé par des chapitres courts et les péripéties de Gustave, le roman se lit très vite et parvient à maintenir l’attention du lecteur jusqu’au bout, notamment grâce à la curiosité qu’il suscite : que va t-il advenir du petit Gustave une fois devenu adulte ? Est-il, en fin de compte, né sous une bonne étoile ?

C’est aussi l’occasion pour Aurélie Valognes de dénoncer les manques et les errances de l’école de la République qui a parfois tendance à baisser les bras et à passer à côté d’enfants en difficulté d’apprentissage… Le parcours de Gustave souligne à quel point les amalgame sont rapides et destructeurs entre un enfant qui n’a pas envie, n’est pas intéressé par l’école et un enfant timide qui se sent seul face à des difficultés qu’il ne s’explique pas. Heureusement, l’autrice met également en valeur ces enseignants qui ne se résignent pas, animés par la passion de leur métier, leur rendant ainsi un bien bel hommage!

Autant j’avais eu du mal à accrocher avec son précédent roman, « La cerise sur le gâteau« , autant celui-là m’a embarqué dès les premières lignes! J’y ai vraiment retrouver tout ce que j’aime chez Aurélie Valognes : tendresse, humour et optimisme!

En bref, un roman de l’enfance touchant et débordant d’humanité qui aborde le décrochage scolaire avec bienveillance et espoir!

Références : « Né sous une bonne étoile« , Aurélie Valognes, aux éditions Mazarine, 342 pages, 18,90€.

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La femme au manteau violet, Clarisse Sabard

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En 2 mots : Dans ce nouveau roman, sans doute le plus abouti de Clarisse Sabard, nous faisons connaissance avec deux héroïnes, deux jeunes femmes à la croisée des chemin : Jo, qui vit de nos jours dans l’ouest de la France, et Charlotte, que nous découvrons abandonnée à New-York par son mari français, à la fin de l’année 1929. Au début du roman, Jo, qui est thanatopractrice, découvre qu’elle risque de mourir à tout moment d’une rupture d’anévrisme si elle ne prend pas la décision de se faire opérer rapidement. Une situation anxiogène qui pousse son grand-père à l’envoyer en Angleterre percer un mystérieux secret de famille afin de lui changer les idées. Accompagnée d’Adeline, sa meilleure amie, Jo se lance sur les traces de la mystérieuse Charlotte, bien décidée à découvrir qui est cette femme au manteau violet qui hante son grand père depuis des décennies….

Mon avis : Construit autour de deux femmes et de deux époques, ce grand roman romanesque porte ainsi en lui deux histoires fortes et captivantes. Son attrait réside notamment dans le talent de l’autrice à nous embarquer dans cette intrigue double, jusqu’à parvenir à révéler ce lien ténu qui relie les deux héroïnes et leurs familles l’une à l’autre.

J’ai beaucoup aimé suivre ces deux histoires en parallèle et passer de l’une à l’autre ne pose pas de difficulté particulière ; au contraire, cela offre même des pauses bienvenues dans le récit. Si l’intrigue autour de Jo, très contemporaine, nous permet de nous plonger dans une histoire résolument moderne, celle de Charlotte en revanche apporte ce côté suranné que j’adore. Les deux récits se complètent admirablement bien et se révèlent touchants chacun à leur manière, l’un plus doux et introspectif, l’autre plus « paillettes » et glamour.

Jo m’a touché car, bien que frappée par le spectre de la maladie, la jeune femme n’hésite pas à se lancer dans cette quête pour mettre à jour un secret de famille et ainsi apporter la vérité à son grand-père. Digne et courageuse, son désir d’épargner ses proches, en leur cachant son état de santé m’a ému. Quant à Charlotte, outre le fait que j’ai beaucoup aimé l’atmosphère des années 30, sa détermination à prendre sa vie en main et à ne pas subir les événements m’a vraiment passionné. Cette femme abandonnée par son mari dans un pays étranger, privée de son bébé resté en France, se bat pour s’en sortir et se relève de chaque épreuve. Son destin, étroitement lié à celui de son amant américain, m’a apporté cette dose exaltante de romance, sulfureuse et interdite, sur fond de prohibition : un régal! Le tout dans le cadre magique et enjôleur de New-York avec ses clubs de jazz, le commerce illicite d’alcool et son cortège de gangsters, etc.

Un vrai coup de foudre pour ce roman chaleureux, bienveillant et vibrant d’émotion. On sent que Clarisse Sabard y a mis tout son cœur!

Références : « La femme au manteau violet« , Clarisse Sabard, aux éditions Charleston, 368 pages, 19,90 .