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La sœur du soleil, Lucinda Riley

Les vacances sont l’occasion d’attaquer enfin les gros pavés qui attendaient sagement dans ma pal😅! Et je ne regrette pas d’avoir attendu le bon moment car ce 6e tome de la saga des « Sept Sœurs » tient toutes ses promesses!

En 2 mots : C’est Electra, la sœur la plus imprévisible, caractérielle et instable qui est ici à l’honneur. Une personnalité extrême, mannequin vedette accro aux drogues et à l’alcool qui s’étourdie dans les fêtes et paradis artificiels pour éviter de prendre sa vie en main. Lorsqu’elle retrouve sa grand-mère biologique, la jeune femme décide de faire face à ses démons et d’en apprendre plus sur son histoire familiale. Une histoire dont les racines nous conduisent dans le Kenya de la fin des années 30.

Mon avis : Dépaysement, histoire et exotisme sont donc à nouveau au rendez-vous dans ce tome un peu moins mielleux que les précédents puisque Electra n’a rien d’une gentille jeune fille en détresse ! Sa force de caractère et ses fêlures me l’ont rendu attachante, loin des clichés que je pouvais avoir d’elle en ayant effleuré le personnage dans les précédents tomes. Ce n’est pas une peste égoïste et prétentieuse que j’ai découverte mais une héroïne blessée, sombre et lumineuse à la fois, décidée à reprendre sa vie en main et à combattre ses addictions. Je l’ai trouvé particulièrement inspirante, tout comme sa grand-mère, la militante Stella Jackson. Passionnant également fut le récit des origines de la famille biologique d’Electra – à travers le personnage de Cecily – entre New-York, l’Angleterre et le Kenya alors que le monde est au bord de la seconde guerre mondiale.

C’est un roman ambitieux, pleinement d’actualité, même si l’action contemporaine se situe en 2008. On y évoque les ravages de la drogue et du VIH chez les jeunes, les émeutes raciales et les prémices du mouvement « Black Lives Matter ». Malgré ces presque 700 pages, ce roman se dévore tant il est passionnant, vibrant et émouvant!

Références : « La sœur du soleil » – La saga des sept sœurs, Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 775 pages, 22,50€.

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Un souffle sur la main, Bruno Combes

En 2 mots : Lou est une working girl de choc! Agent immobilière à Paris, elle passe sa vie entre son travail et des rencontres éphémères avec des hommes mariés – son crédo sur les sites de rencontres. Un curieux passe temps qu’elle doit à une scène jamais oubliée lorsque, à l’âge de 16 ans, elle a surpris son père adoré en flagrant délit d’adultère. Depuis, elle ne s’est jamais autorisée à tomber amoureuse et se venge encore et encore en piégeant des hommes de passage dans des relations adultérines cruelles et passionnées. Son bol d’oxygène, elle se l’octroie chaque été lorsqu’elle retourne sur ses terres provençales en passant quelques semaines dans la résidence d’artistes de sa meilleure amie, Mélina. C’est là qu’elle fait la connaissance de Perceval, un musicien à la dérive aussi tourmenté qu’elle. Presque prête à fendre enfin un peu son armure, Lou est à nouveau propulsée en plein drame familial lorsque sa mère lui apprend une terrible nouvelle…

Mon avis : Encore une fois avec un roman de Bruno Combes, je me suis laissée totalement embarquée dès les premières pages! L’histoire de Lou est particulièrement riche en rebondissements et j’ai aimé la subtilité et les nuances que Bruno Combes a su donner à sa personnalité complexe. Sous ses abords de femme forte et indépendante, elle cache une sensibilité à fleur de peau et souffre de ne pas parvenir à lâcher, à rompre les défenses qui lui permettent de tenir depuis tant d’années. Il faudra un surcroit de drame et de souffrance pour qu’elle s’autorise enfin à craquer et à libérer sa parole et les émotions qu’elle gardait contenue en elle depuis bien trop longtemps. En ce sens, ce roman est un beau plaidoyer pour la libération de la parole, en soulignant à quel point les secrets et les non-dits peuvent être destructeurs.

C’est un roman dense, profondément humain et qui fait la part belle à l’amour et à l’amitié. Certes, le thème principal demeure les secrets de famille mais une belle place est donnée aux amis qui savent être présents tout au long de la vie. Que ce soit Roger, l’associé du père de Lou, Mélina l’amie fidèle depuis toujours ou les artistes de sa petite communauté qui ont su constituer au fil des ans comme une seconde famille pour la jeune femme, on se rend vraiment compte que les liens du sang ne sont définitivement pas tout. L’entraide, l’écoute et le partage sont des valeurs magnifiquement mises à l’honneur dans ce roman.

Malgré la gravité des sujets abordés, il se dégage une belle atmosphère de ce roman, notamment grâce à l’ambiance estival d’Avignon et de l’arrière pays provençal. On sentirait presque déjà l’été et la chaleur sur notre peau en lisant ces lignes!

Références : « Un souffle sur la main« , Bruno Combes, aux éditions Michel Lafon, 407 pages, 18,95€.

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Petits vices et gros défauts, Collectif

Petit dej en terrasse en bonne compagnie avec ce recueil sur le thème des 7 pêchés capitaux signé des éditions Charleston! ! 7 romancières prennent leur plume pour proposer une nouvelle illustrant ces thèmes universels : la paresse, la colère, l’avarice, la gourmandise, l’orgueil, l’envie et la luxure. On y retrouve avec plaisir Agathe Ruga, Gaëlle Josse, Marie Sellier, Ariane Bois, Delphine Bertholon, Sophie Carquain et Dominique Dyens! Elles n’ont d’ailleurs pas leur pareil pour épingler les petits travers de l’âme humaine et pousser leurs héros – ainsi que leurs lecteurs! – face à leurs contradictions et à leurs défauts!

Au programme : des histoires drôles, sensibles et malicieuses qui sont la marque de fabrique des éditions Charleston! Ce recueil se dévore très vite, avec des nouvelles d’une dizaine de pages, et sera une parfaite lecture estivale sur la plage !

Références : « Petits vices et gros défauts« , Collectif, aux éditions Charleston, 192 pages, 7,90€.

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Et tu m’as offert ton soleil, Virginie Sarah-Lou

En 2 mots : Le jour où Clémence décroche un emploi dans l’entreprise de Mr Moreau, elle pense en avoir enfin terminé avec les galères! C’est sans compter sur son facétieux patron qui lui confie un poste d’un nouveau genre, crée spécialement pour elle : chargée de l’égalité femme/homme au travail! Un intitulé bien pompeux mais difficile à aborder concrètement dans une entreprise éminemment technique, spécialisée dans la production de flacons de parfum. Intimidée par ce challenge, Clémence peut néanmoins compter sur le soutien sans faille d’Adèle, sa meilleure amie depuis le collège. Et du réconfort, la jeune femme en a bien besoin, elle qui porte à bout de bras Brigitte, sa mère dépressive depuis près de trente ans suite à la mort du frère jumeau de Clémence à la naissance. Une perte que sa mère n’a jamais réussi à surmonter…

Mon avis : j’ai découvert avec plaisir la plume de Virginie Sarah-Lou qui a réussi à m’embarquer sous le soleil d’Antibes avec ce roman feel-good-mais-pas-que. J’ai en effet été agréablement surprise de voir que, pour une fois, l’intrigue ne tournait pas autour d’une histoire d’amour! Ici, nous avons à faire à une héroïne résolument moderne et même à contre-courant puisque les relations amoureuses ne l’intéressent pas! Clémence a fort à faire entre son nouveau travail et ses soucis familiaux – qu’elle traîne depuis son enfance – et ne ressent pas le besoin de rencontrer quelqu’un, ça change! Ses préoccupations tournent essentiellement autour de ses missions professionnelles (j’ai d’ailleurs adoré son idée de « vit mon job pour une journée »!) et de ses tentatives pour sortir sa mère de son marasme. Une douleur profonde que l’on découvre petit à petit lors d’allers-retours dans le passé de Brigitte et Clémence.

Le roman se concentre donc sur des thèmes peu abordés dans ce genre littéraire, à savoir la culture d’entreprise et les relations femme/homme au travail, apportant des éclairages intéressants et inspirants sur le sujet. La relation mère-fille, ici fragile et complexe, est explorée sous le prisme du poids du deuil et de la tristesse incommensurable d’une maman en manque de son bébé. L’idée de montrer les répercussions d’une telle perte, même des années après la drame, m’a touché. En effet, Brigitte n’a jamais réussi à aller de l’avant et est restée bloquée à ce jour fatidique de la perte de son fils. Presque comme anesthésiée par la peine, elle n’a jamais réussi à être une vraie mère pour Clémence, malgré l’amour qu’elle lui porte. Tout du long, on se prend à espérer que la rencontre se fasse finalement entre elles.

Enfin, j’ai apprécié l’humour de ce roman, notamment la manie de Clémence de reprendre à sa sauce les expressions de la langue française, ainsi que le côté pétillant d’Adèle ou celui, résolument peau de vache, de Josy, la secrétaire de Mr Moreau!

Références : « Et tu m’as offert ton soleil« , Virginie Sarah-Lou, aux éditions Ramsay, 240 pages, 16,90€.

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Le craquant de la nougatine, Laure Manel

En 2 mots : Romain a le cœur brisé depuis le tragique accident qui l’a privé de sa femme, il y a 4 ans déjà, le laissant seul pour élever leurs deux enfants. Depuis, sa vie se partage entre son rôle de papa poule de Léo et Ally et la gestion de son restaurant « la toque romaine ». Il s’accroche tant bien que mal mais a l’impression de survivre plutôt que de vivre, englué dans sa routine. Lorsqu’il croise le regard de la flamboyante Alba lors d’un trajet en bus, Romain est littéralement foudroyé par la jeune femme, au point qu’il décide de la suivre et de tout faire pour la rencontrer. Le début d’une incroyable histoire d’amour, bouleversante de sincérité et de sensibilité !

Mon avis : Lu en 2 jours et gros coup de cœur pour la magnifique histoire d’amour de Romain et Alba, les personnages du dernier roman de Laurel Manel « Le craquant de la nougatine »!

J’ai aimé ces chapitres très courts qui donnent la parole en alternance à Romain et Alba, permettant au lecteur de suivre l’histoire à travers les points de vue des deux personnages. Laure Manel livre ici un grand roman d’amour, de sa naissance à son apogée jusqu’à la chute fatale. Car en effet, dès le début, on sent qu’un malheur plane sur cette idylle, que Romain n’a pas tout dit à Alba et que leur passion, aussi magique soit-elle, n’est pas destinée à durer. C’est ce qui la rend si belle, si vibrante et chargée en émotions

J’ai savouré leurs moments de bonheur, souri aux maladresses d’Alba, redouté la fin inéluctable de leur histoire, imaginé le secret de Romain, été émue par leur détresse, bref j’ai vibré comme rarement avec ces deux personnages

On sent que le roman est maîtrisé et que l’auteure possède à 100% son sujet, nous livrant sa plus belle partition sur les variations du cœur et de la raison. Chapeau!

Références : « Le craquant de la nougatine« , Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 364 pages, 18,95€.

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Plus on est de fous… Zoé Brisby

En 2 mots : La clinique psychiatrique Beausoleil accueille une joyeuse bande de doux dingues, sous le regard bienveillant du Dr Petitpas et de Marguerite, l’infirmière en chef. Des patients qui, au fil des années passées ensemble, sont devenus un groupe d’amis soudés et unis. Il y’a Yoda, persuadé d’être un maître Jedi de 900 ans, Jeanne-Elisabeth qui se prend pour une grande aristocrate, Robin qui est persuadé que les extraterrestres sont parmi nous ou encore Ernest, professionnel du suicide qui imagine chaque jour une nouvelle manière de mettre fin à ces jours! Lorsqu’un nouveau venu intègre la clinique, clamant à qui veut l’entendre qu’il n’est pas fou et qu’il a été interné de force, la petite bande décide de le prendre sous son aile : bienvenue dans la joyeuse folie douce de la clinique Beausoleil!

Mon avis : J’ai passé un excellent moment en compagnie des résidents de cette clinique pas comme les autres! Un endroit de rêve pour les patients un peu différents, un lieu où règne la bienveillance et la tolérance, un havre de paix pour penser ses plaies et soigner les blessures du cœur et de l’esprit. Je me suis sentie bien en compagnie de ces personnages atypiques et hauts en couleur, d’ailleurs je n’avais pas envie de les quitter! J’ai surtout énormément rigolé car Zoé Brisby manie comme personne l’humour, le second degré et le comique de répétition !

L’auteure réussit ainsi le pari de traiter un sujet sérieux – voire tabou – avec légèreté tout en faisant passer des messages fondamentaux : au final, le fou n’est pas toujours celui qu’on croit! Surtout, à travers les parcours de vie des différents protagonistes, on se rend compte que tout peut rapidement déraper et que personne n’est à l’abri d’un pétage de plomb ou de voir un jour son cerveau refuser d’accepter un drame ou un deuil.

Enfin, les fans de « L’habit ne fait pas le moineau » apprécieront le passage éclair de Maxine, la mamie loufoque qui fait une apparition remarquée en toute fin de roman.

En bref, une belle leçon de vie, hyper drôle, avec des personnages inoubliables!

Références : « Plus on est de fous… » Zoé Brisby, aux éditions Michel Lafon, 381 pages, 18,95€.

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Les sales gosses, Charlye Ménétrier Mcgrath

En 2 mots : Lorsque Jeanne est placée en maison de retraite par ses enfants, à presque 82 ans, c’est la soupe à la grimace! C’est bien simple, la vieille dame ne supporte pas d’avoir été admise en institution contre son gré et elle compte bien le faire savoir en rendant la vie impossible à sa famille. Pour ce faire, elle a l’idée de simuler une démence afin de les faire tourner en bourrique : Jeanne se met alors à parler à tort et à travers, à jurer à tout bout de champ et n’hésite d’ailleurs pas à leur faire honte en public histoire de bien enfoncer le clou! Mais, petit à petit, Jeanne fait la connaissance de Léon puis de Lucienne, Loulou, Paddy et Jo, eux aussi résidents de la maison de retraite. Cette petite bande fait une place à cette mamie farceuse qui se sent bien en leur compagnie. Ensemble, ils rient, s’amusent, profitent de l’existence tout en se livrant également à des confidences sur leurs moments de bonheur mais aussi sur les regrets qu’ils éprouvent à l’aube de leur vie.

Mon avis : Un vrai bol d’air frais que ce roman qui nous fait découvrir une petite bande de retraités pas comme les autres! C’est frais, dynamique, très drôle et vraiment bien écrit, dans la lignée des romans de Zoé Brisby et Virginie Grimaldi! Il y’a par contre beaucoup de personnages – Jeanne ayant une très très grande famille – et j’ai parfois été un peu perdue avec tous ces noms et pour m’y retrouver dans qui était qui.

J’ai été attendrie par cette petite communauté qui se sert les coudes et décide de profiter à fond des dernières années de leur vie. Bien sûr, cela relève un peu de l’utopie mais qu’est ce que ça fait du bien et donne foi en l’avenir! Les escapades à Paris, Manchester et chez Bocuse (!) apportent un vrai plus avec des situations tour à tour cocasses et touchantes car, lorsque la bande part en vadrouille, ça déménage et ils ne sont pas à une excentricité près!

Belle idée également d’aborder les relations amoureuses des personnes âgées qui osent ici ouvrir leur cœur, se laissant ainsi la possibilité de vivre une dernière histoire d’amour. Un sujet trop souvent tabou, tout comme la sexualité des ainés d’ailleurs, qui est ici envisagé avec naturel et sensibilité. Bravo!

Références : « Les sales gosses« , Charlye Ménétrier Mcgrath, aux éditions Pocket, 304 pages, 6,95€.

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La Datcha, Agnès Martin-Lugand

En 2 mots : La « Datcha » c’est avant tout un lieu – de vie, de mémoire, de résilience – un refuge pour les âmes en peine comme pour les amoureux de la vie. Cet hôtel, au cœur de la Provence et du Luberon, fait la fierté de ses propriétaires, Jo et Macha, depuis des décennies. C’est là qu’un jour, n’écoutant que leur bon cœur, ils recueillent une jeune vagabonde paumée et déboussolée qui ne les quittera plus. Cette égarée se nomme Hermine et c’est elle dont nous suivons l’histoire, 20 ans après son arrivée à la « Datcha« . Désormais bras droit de Jo et Macha, la jeune femme a su se reconstruire, entourée de l’amour et de l’affection du couple, prenant au fil des ans la place de fille spirituelle dans leur cœur. Le roman s’ouvre sur l’enterrement de Jo, parti à plus de 80 ans, laissant la « Datcha » orpheline de son roc et de son âme…

Mon avis : J’ai aimé beaucoup de choses dans ce roman mais je ne dirais malgré tout pas que ce fut un coup de cœur… Je suis un peu embêtée car si j’ai adoré ce lieu unique qu’est la Datcha ainsi que ses propriétaires, Jo et Macha, leurs fils et leurs employés, je n’ai décidemment pas accrochée avec Hermine, l’héroïne… Sa manière de se comporter, sa façon d’être autocentrée, entièrement dévouée à l’hôtel au mépris parfois de ses enfants et de son couple m’ont vite tapé sur les nerfs. Heureusement, tout ce qui gravite autour d’elle m’a conquise!

Le rythme est doux, parfois même un peu trop lent à mon goût, mais il a le mérite de laisser le temps au temps. L’intrigue se met ainsi doucement en place, pudiquement car, il est vrai que l’histoire reste environnée d’un voile de tristesse qui a du mal à se dissiper malgré les petites lueurs de bonheur apportées par les fêtes de la « Datcha » et les souvenirs des jours heureux.

J’ai trouvé que la question du deuil était abordée de manière particulièrement adroite et sensible, sans verser dans le pathos. Au contraire, l’accent est mis sur la célébration de la vie de celui qui part, sur la meilleure manière de rendre hommage et d’honorer le travail de toute une vie. La filiation, la transmission, la perpétuation des traditions jalonnent également le texte, toujours de manière lumineuse et positive.

En bref, une belle histoire qui fait la part belle à la nostalgie et à la mélancolie!

Références : « La Datcha« , Agnès Martin-Lugand, aux éditions Michel Lafon, 344 pages, 19,95€.

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Les demoiselles, Anne-Gaëlle Huon

En 2 mots : Au début des années 20, la rencontre d’une jeune espagnole avec de drôles de demoiselles, fantasques et attachantes. Ensemble, elles vont conquérir le monde!

Rosa n’a que 15 ans en 1923 lorsqu’elle quitte son petit village de Fago, en Espagne, direction le pays basque français. Accompagnée de sa sœur aînée, Alma, elle espère décrocher un emploi de couseuse dans une usine d’espadrilles. De nombreuses jeunes filles les accompagnent, bien décidées à passer la frontière espagnole et les Pyrénées en quête d’un peu d’argent. A la manière des hirondelles, cette migration n’est censée durer que le temps d’une saison. Pour Rosa, elle durera toute la vie. Malmenée au travail et par ses condisciples, la jeune espagnole ne tarde pas à trouver refuge chez une collègue de l’atelier qui n’a pas sa langue dans sa poche : Colette. Cette dernière vit dans une splendide demeure, à l’écart du village, en compagnie de deux autres femmes, les fameuses demoiselles, d’un majordome prénommé Lupin et de leur perroquet Gédéon. Cette joyeuse troupe accueille Rosa avec chaleur mais dissimule bien des secrets derrière le faste des fêtes et la gaieté apparente.

Mon avis : J’avais eu un peu de mal avec les deux précédents romans de Anne-Gaëlle Huon mais j’ai bien fait de m’accrocher car, enfin, le coup de foudre a eu lieu! C’est peu dire que j’ai adoré cette histoire, ces héroïnes et surtout ce grain de folie qui constitue leur marque de fabrique! Anne-Gaëlle Huon a su imaginer des personnages puissants, révélant chacun à leur manière une profondeur et une originalité qui m’ont séduites!

Au contact de ces demoiselles, anciennes cocottes du Paris mondain de l’entre-deux-guerres, Rosa va prendre sa vie en main, assumer ses ambitions et vivre les plus belles fêtes que l’on puisse imaginer. Cette joyeuse cohabitation réunie des personnalités atypiques et hautes en couleur dont j’ai aimé la bienveillance et la tolérance. Les différences d’âge, de nationalité, de couleur de peau ou de milieux sociaux n’ont ici que peu d’importance tant ces êtres se sont choisis et prennent plaisir à cette vie en communauté, affranchie du qu’en-dira-t-on.

Le style est dynamique, punchy et l’on sent le peps d’Anne-Gaëlle Huon infusé à travers ses personnages. C’est lumineux, parfois tragique, mais il se dégage une belle énergie de ce roman qui tire aussi sa force des paysages splendides du pays basque.

Mêlant la petite et la grande histoire, l’autrice nous fait également découvrir la tradition et le savoir-faire ancestral de la fabrication des espadrilles. Une institution, ancrée au cœur de la ville de Mauléon, et qui perdure encore de nos jours.

En bref, ce roman a tout bon !

Références : « Les demoiselles« , Anne-Gaëlle Huon, aux éditions Le livre de poche, 352 pages, 7,90€.

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Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée, Charlotte Leman

En 2 mots : Clémence vit dans sa petite bulle aux côtés de son mari Antoine, un important DRH, et de leur fils adolescent. Certes, elle subit les brimades de son boss mais dans l’ensemble elle s’estime plutôt satisfaite de sa petite vie bien tranquille, d’autant qu’elle trouve son bonheur dans sa passion pour la pâtisserie qu’elle partage sur internet avec un groupe de copines : « les toquées »! Mais, lorsqu’elle tombe par hasard sur un sms compromettant dans le portable de son mari, son univers s’écroule : Antoine la trompe avec son assistante et est fermement décidé à demander le divorce pour vivre pleinement sa crise de la quarantaine! Clémence doit alors prendre un nouveau départ et, qui sait, peut-être trouver le moyen de changer radicalement sa vie…

Mon avis : j’ai bien aimé ce roman feel-good parce qu’il présente une héroïne un peu différente, plus ancrée dans la réalité que celle que l’on a l’habitude de lire dans ce type de roman. Clémence accumule certes les clichés puisqu’elle a 43 ans, que son mari la quitte pour une jeune collègue de 26 ans et qu’elle se fait marcher sur les pieds par tout le monde, son boss et sa mère en tête. Néanmoins, j’ai apprécié le récit de sa renaissance, la manière dont elle reprend sa vie en main sans en faire des tonnes : elle ne se jette pas sur les bouquins de développement personnel, n’enchaine pas les sorties alcoolisées en boite de nuit et les coups d’un soir, non, ça ce n’est définitivement pas Clémence. Elle, elle décide de relever la tête petit à petit, de faire le dos rond et de préparer en sous-main sa petite revanche sur la vie ; un côté de sa personnalité, tout en dignité, qui m’a séduite.

Il se dégage une certaine sérénité de ce roman, une force cachée qui habite l’héroïne et lui permet de relever la tête, notamment grâce à son entourage. Elle se rend finalement compte que cette séparation ne signe pas la fin de sa vie et qu’elle peut encore tout réinventer et reconstruire, de manière à être plus en accord avec elle-même. Une philosophie à laquelle elle prend goût et qu’elle va mettre à profit pour modifier, par petites touches, ce qui ne lui convenait pas dans sa vie d’avant.

Une belle leçon de vie et de résilience, embellie par une petite escapade à Biarritz qui m’a rappelé de bons souvenirs et donner envie de filer quelques jours sur la côte basque!

Références : « Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée« , Charlotte Leman, autoédition, 247 pages, 12,90€. A paraître le 20 mai 2021 aux éditions de l’Archipel.