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Comment bien rater son mariage à noël

Un livre déjanté et follement drôle qui ferait une merveilleuse adaptation en série! On est ici clairement dans la comédie romantique de noel poussée à son maximum tant Scarlett accumule les emmerdes à quelques jours de son mariage. En vrai, avoir autant la poisse c’est pas possible et c’est bien ça qui fait tout le sel de ce roman qu’on referme en étant bien contente de ne pas être à la place de notre héroïne malchanceuse!

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La somme de nos vies, Sophie Astrabie

En 2 mots : Tout sonne incroyablement juste dans cette histoire – pourtant remplie de faux-semblants! – qui réunit Camille, une jeune fleuriste, et Marguerite, une vieille dame qui crève de solitude. Entre elles, comme un trait d’union, il y a Thomas, agent immobilier parisien qui va les mettre en relation : l’une prétend vouloir acheter un appartement quand l’autre affirme être prête à vendre le sien. Mais les apparences peuvent être trompeuses et les motivations cachées des personnages tirent leurs petites ficelles dans l’ombre…

Mon avis : Dès le départ, j’ai trouvé que c’était drôlement bien écrit, à la fois tendre et chaleureux, profondément humain. J’ai été marqué par la solitude qui se dégage des personnages, chacun à leur manière noyé dans l’immensité de Paris où l’on se croise sans se connaître, sans approfondir les relations éphémères que l’on noue au quotidien. L’histoire de leur rencontre, bien que née sur un mensonge, est en réalité particulièrement touchante tant elle crie ce besoin des autres, de chaleur humaine et de vie qui palpite.

Voilà un vrai feel good book qu’on est content de retrouver après une dure journée 😊! On en ressort reboosté et le sourire aux lèvres, indéniablement

Références : « La somme de nos vies« , Sophie Astrabie, aux éditions « J’ai lu« , 384 pages, 7,90€.

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Une vie sur le trottoir, Cécile Crassous

Cette « vie sur le trottoir » c’est celle que déverse Martine, dans un accès de colère, en vidant la maison familiale qu’elle vient d’hériter suite au décès de sa mère et de sa sœur. Deux femmes avec qui elle n’était pas en bon terme, c’est le moins qu’on puisse dire. D’elles, elle ne veut rien garder, juste vendre la maison et mettre les voiles. La voilà qui déverse alors meubles, bibelots, vieux vêtements et autres babioles sur le devant de la porte, espérant bien que les passants se servent et la débarrasse de ces encombrants souvenirs de famille. Une telle animation dans la rue des Beaumonts, d’ordinaire si paisible, voilà qui fait les joie de Michèle, la commère du coin qui n’en perd pas une miette, planquée derrière ses rideaux.

Un mélange des styles, décalé et percutant, puisqu’on y trouve aussi bien des chapitres faisant l’inventaire des objets déversés sur le trottoir ou des discussions émanant de forums internet que de la narration plus classique autour des habitants de la rue des Beaumonts. Clairement, le parti pris est celui de l’humour tant les personnages sont caricaturaux et leurs petits travers exacerbés à outrance.

J’ai aimé l’idée d’observer le microcosme d’une petite rue, ses habitants, leurs habitudes et leurs manies.

En bref, un roman court, qui se lit d’une traite, et que l’on referme en ayant hâte de lire la suite!

Référence : « Une vie sur le trottoir« , Cécile Crassoux, 113 pages, 9,99€.

Non classé·Romans français

Ainsi gèlent les bulles de savon, Marie Vareille

En 2 mots : Marie Vareille questionne ici la maternité et les rapports mère/fille à travers 3 personnages féminins savamment étudiés : la future mère épanouie devenue une jeune maman en plein postpartum, l’adolescente paumée et la mère accomplie (du moins en apparence). Au delà des clichés, l’auteure tisse une toile habile entre ces 3 femmes dont les destins sont plus intimement liés qu’il n’y parait de prime abord.

Mon avis : J’ai adoré ce roman qui donne un bon coup de pied dans la fourmilière et qui aborde avec subtilité les bouleversements de la maternité. J’ai l’ai surtout trouvé déculpabilisant et amenant de nombreuses possibilités de réflexion et de discussion. Très bien écrit, le roman amène une petite dose de suspens tant on se prend à chercher les liens qui pourraient bien exister entre les héroïnes. A l’arrivée, je n’ai pas été déçue!

Les personnages se révèlent touchantes car profondément humaines avec leurs fêlures et cette culpabilité écrasante dont elles peinent à se défaire. L’injonction d’être une mère parfaite pèse encore profondément sur les épaules des femmes d’aujourd’hui qui ont le sentiment de ne jamais en faire assez ni d’être suffisamment à la hauteur des standards en vigueur. Marie Vareille leur octroie ici le droit de briser les codes, de commettre des erreurs, d’essayer de les réparer, de demander de l’aide et de dire stop quand ça ne va pas. Elle met en lumière différents types de mère, sans jugement, en soulignant que derrière le sacro saint règne des apparences, la vérité n’est pas toujours aussi belle que ce que l’on veut faire croire aux autres… Etre mère n’est pas toujours innée et ce cheminement peut nécessiter du temps et du soutien.

En bref, que ça fait du bien d’envisager la maternité sous différentes façons – et pas toutes des plus glorieuses ! À mettre d’urgence entre les mains des futures et/ou jeunes mères, sans oublier les papas!

Références : « Ainsi gèlent les bulles de savon« , Marie Vareille, aux éditions Charleston, 368 pages, 19€.

Non classé·Romans français

Le parfum des fleurs la nuit, Leila Slimani

En 2 mots : Une belle introspection de la part de l’auteure qui accepte, le temps d’une nuit, de se laisser enfermer dans le musée de la Punta Della Dogana (Douane) à Venise. Une idée un peu folle, proposée par son éditrice dans le cadre du projet « ma nuit au musée » lancé par les éditions Stock. Là, au milieu des œuvres d’art, Leila Slimani déambule, s’émeut ou reste perplexe devant les propositions artistiques toutes plus barrées les unes que les autres. Une nuit d’errance magnifique, durant laquelle elle convoque les «fantômes» qui lui sont chers mais également les souvenirs de son enfance au Maroc, tout en s’interrogeant sur son rapport à l’écriture, la littérature, la foi, l’art, aux autres, etc. L’inspiration sera t-elle au rendez-vous?

Mon avis : J’ai eu peur, en lisant les premières pages, que ce soit très nombriliste. Il n’en est rien car Leila Slimani m’a totalement embarqué dans son univers. J’attendais une histoire, le récit d’une nuit inattendue et je l’ai bel et bien eu. J’ai découvert une femme complexe, pleine de doutes et d’incertitudes. Surtout, j’ai aimé ses belles réflexions ainsi que les références littéraires et artistiques qui jalonnent cette nuit – un peu magique, aux frontières du fantastique et du surnaturel – au musée. Leila Slimani livre ici un récit intimiste, acceptant de lever un peu le voile sur ses fragilités au cœur d’une nuit solitaire, dans ce merveilleux décor propice aux confidences…

Références : « Le parfum des fleurs la nuit« , Leila Slimani, aux éditions Stock, 140 pages, 18€.

Non classé·Romans étrangers

Agathe, Anne-Cathrine Bomann

En 2 mots : Dans les années 40, un psy en fin de carrière traîne son mal-être et sa solitude de consultation en consultation. Persuadé que la retraite lui offrira la paix à laquelle il aspire, il en vient à décompter chaque jour le nombre de séances restantes. Mais, paradoxalement, lui-même est progressivement gagné par une profonde mélancolie et peine à s’intéresser aux confidences, futiles ou glaçantes de ses patients, jusqu’au jour où Agathe franchie la porte de son cabinet. D’emblée, cette jeune femme dépressive le captive, ses tourments le revitalise et le ranime, le plongeant face à ses propres contradictions. Cette ultime et fascinante patiente pourrait bien lui redonner des raisons d’espérer…

Mon avis : Un roman feutré et intimiste, ponctué de petits chapitres mettant en lumière l’immense solitude d’un homme qui a passé sa vie au service des autres. L’atmosphère élégante du Paris des années 40 ajoute une touche d’élégance à ce texte pudique et sensible. J’ai beaucoup apprécié cette réflexion autour du métier de psy tant il est vrai que l’on se pose peu la question du ressenti de celui qui écoute et recueille les confidences. La lassitude d’entendre sans cesse les mêmes complaintes en devant conserver une attitude égale et posée sans surréagir, la difficulté de maintenir une écoute attentive lorsque l’on est soi-même tourmenté, la nécessité de rester à distance de ces patients – même quand leur histoire est touchante – sans pouvoir créer une relation plus intime sont des questions explorées de manière passionnante dans ce petit texte qui mérite le détour!

Références : « Agathe« , Anne-Cathrine Bomann, aux éditions J’ai lu, 160 pages, 6,80€.

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La lumière était si parfaite, Carène Ponte

En 2 mots : Megg végète dans sa vie parfaite de pseudo mère au foyer épanouie. Voilà des années qu’elle partage son temps entre l’éducation de ses enfants et la tenue de sa maison, se délitant dans son rôle de « meilleure épouse qu’un homme puisse avoir » dixit son mari! Mais voilà, depuis quelques temps, ce quotidien ronronnant l’étouffe et l’asphyxie. Lorsqu’en vidant la maison de sa mère, décédée il y’a 6 mois, elle tombe sur une pellicule photo, Megg ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir en faisant développer le film : sur les clichés, sa mère, rayonnante et amoureuse, dans les bras d’un homme sur une plage de Bulgarie. Le choc est rude, blessant profondément la jeune femme qui se pensait si proche de sa mère. Pourtant, elle n’a jamais soupçonné qu’il puisse y avoir un autre homme que son père dans sa vie. Pour tenter de faire toute la lumière sur ce secret, Megg s’embarque, avec sa meilleure amie et sa fille adolescente, pour un road trip à travers l’Europe, direction la Bulgarie!

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman de Carène Ponte, aussi lumineux que son titre! Fan de road trip, celui dans lequel se lance l’héroïne à partir de la seconde moitié du roman, m’a particulièrement enthousiasmé justement parce qu’il vend du rêve! Les escales idylliques à Milan, Vérone ou encore Venise m’ont transporté dans cette Italie gorgée de soleil et de lumière, salivant aux côtés des personnages sur les petits plats dont ils se régalent tout du long, enviant leurs virées shopping et les longues soirées à rire et bavarder. Mais, au delà du côté touristique, c’est la démarche même de cette fuite en avant, ce voyage décidé sur un coup de tête parce qu’on a besoin de respirer/de faire le point/de mettre un peu de magie dans sa vie/de se retrouver et de se reconnecter que j’ai aimé, quelle belle idée! Une introspection ne doit pas forcement être synonyme de sérieux et de gravité, elle peut aussi être joyeuse et porteuse de beaux moments, des moments qui comptent et aiderons à tenir le coup lors de périodes difficiles.

J’ai aussi été très touchée par certains passages mentionnant la relation si spéciale unissant Megg à sa mère, récemment disparue. Sa souffrance face au manque de ses parents dont elle était si proche, m’a bouleversée. Elle, aujourd’hui épouse et mère de famille, peine à se remettre du deuil d’une mère tant aimée, véritable pilier de sa vie, depuis toujours. Forcement, cela fait écho chez moi, me faisant prendre conscience de l’importance de profiter de ses proches… Avancer sans ce rempart, sans cette présence rassurante et bienveillante, se révèle atroce pour Megg. En se lançant dans ce voyage, c’est un peu sur les traces de sa mère qu’elle part, comme un moyen de renouer un lien ultime et intime avec elle, malgré la peine et les secrets.

Coup de cœur enfin pour le personnage fantasque et haut en couleur de Romy! Amie loyale et sincère dont la fantaisie égaye le roman, c’est LA personne que l’on aimerait avoir dans son entourage pour prendre un bon shot de courage, de résilience et d’optimisme en cas de coup de mou!

En bref, un livre qui m’a vraiment fait du bien! Chaleureux, touchant, le roman parfait pour s’évader cet été!

Références : « La lumière était si parfaite« , Carène Ponte, aux éditions Fleuves, 288 pages, 17,90€.

Non classé·Romans français

Nuits d’été à Brooklyn, Colombe Schneck

En 2 mots : Le récit s’articule autour d’un accident survenu le 19 août 1991 à Brooklyn : un enfant noir est tué par un chauffard, juif, ayant perdu le contrôle de son véhicule. Un fait divers tragique qui dégénère en émeutes dans les heures qui suivent, mettant le quartier de Crown Heights à feu et à sang. Voilà pour l’arrière plan qui sert de décor à l’amourette d’Esther, jeune journaliste juive pour 3 mois à New-York, et de Frederick, professeur de littérature à l’université, noir, marié et père de famille. Le temps d’un été, ils vivent une passion torride mais entachée par les préjugés, la morale, et le qu’en-dira-t-on.

« Les paroles sont inassimilables, elles se répètent dans le vide. Chacun reste dans son camp avec l’histoire qui l’arrange. La douleur de l’autre est étrangère. »

Mon avis : un joli titre qui m’évoquait un texte exaltant, la promesse d’une plongée dans une ville de New-York vibrante et pleine d’énergie. De l’énergie certes il y’en a mais elle est plutôt perverse, négative et conflictuelle. Ici, il est surtout question de haine raciale, de violences urbaines et d’incompréhension entre les communautés noires et juives.

Si j’ai trouvé ce texte intéressant, notamment du point de vue historique, je me suis en revanche lassée de ces allers-retours intempestifs – 2 semaines avant l’accident, 3 jours après, etc – qui m’ont donné l’impression d’un texte décousu, avec des personnages satellites qui gravitent autour de cet élément central, mais l’ensemble manque de lien et de cohérence.

Références : « Nuits d’été à Brooklyn« , Colombe Schneck, aux éditions Le livre de poche, 240 pages, 7,40€.

Feel Good·Non classé

Le craquant de la nougatine, Laure Manel

En 2 mots : Romain a le cœur brisé depuis le tragique accident qui l’a privé de sa femme, il y a 4 ans déjà, le laissant seul pour élever leurs deux enfants. Depuis, sa vie se partage entre son rôle de papa poule de Léo et Ally et la gestion de son restaurant « la toque romaine ». Il s’accroche tant bien que mal mais a l’impression de survivre plutôt que de vivre, englué dans sa routine. Lorsqu’il croise le regard de la flamboyante Alba lors d’un trajet en bus, Romain est littéralement foudroyé par la jeune femme, au point qu’il décide de la suivre et de tout faire pour la rencontrer. Le début d’une incroyable histoire d’amour, bouleversante de sincérité et de sensibilité !

Mon avis : Lu en 2 jours et gros coup de cœur pour la magnifique histoire d’amour de Romain et Alba, les personnages du dernier roman de Laurel Manel « Le craquant de la nougatine »!

J’ai aimé ces chapitres très courts qui donnent la parole en alternance à Romain et Alba, permettant au lecteur de suivre l’histoire à travers les points de vue des deux personnages. Laure Manel livre ici un grand roman d’amour, de sa naissance à son apogée jusqu’à la chute fatale. Car en effet, dès le début, on sent qu’un malheur plane sur cette idylle, que Romain n’a pas tout dit à Alba et que leur passion, aussi magique soit-elle, n’est pas destinée à durer. C’est ce qui la rend si belle, si vibrante et chargée en émotions

J’ai savouré leurs moments de bonheur, souri aux maladresses d’Alba, redouté la fin inéluctable de leur histoire, imaginé le secret de Romain, été émue par leur détresse, bref j’ai vibré comme rarement avec ces deux personnages

On sent que le roman est maîtrisé et que l’auteure possède à 100% son sujet, nous livrant sa plus belle partition sur les variations du cœur et de la raison. Chapeau!

Références : « Le craquant de la nougatine« , Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 364 pages, 18,95€.

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Hamlet, William Shakespeare

En 2 mots : «Il y’a quelque chose de pourri au royaume du Danemark» lance un ami d’Hamlet au début de la pièce, et pour cause! Lorsque le spectre de son défunt père, le roi du Danemark, lui révèle qu’il n’est pas mort de cause naturelle mais de la main de son propre frère, désireux de monter à sa place sur le trône et d’épouser la reine, les dés sont jetés. Hamlet, choqué par ses révélations, n’aura alors plus qu’un seul désir : venger la mort de son père en révélant aux yeux de tous les actes monstrueux de son oncle, nouveau souverain du pays.

Mon avis : Sur la dizaine de livres lus en ce début d’année 2021, deux mentionnaient Shakespeare et ses oeuvres. Il ne m’en fallait pas plus pour retrouver l’envie de me plonger dans ses pièces, que je connais d’ailleurs assez peu – mis à part Macbeth, lu au lycée.

J’ai beaucoup aimé ce drame en 5 actes, cette histoire de secrets de famille, de vengeance et de folie, matinée d’une touche de surnaturel! «Hamlet» est un texte fort, sombre, qui monte en puissance au fur et mesure des pages et de la résolution du héros qu’il va falloir en découdre, écœuré par les faux semblants de la cour. Un héros qui ne manque pas de panache!

Références : « Hamlet« , William Shakespeare, aux éditions Folio classique, 288 pages, 2€.