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Chère Mrs Bird, AJ Pearce

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En 2 mots : Cap sur Londres pendant la 2nd guerre mondiale, où la jeune Emmy Lake ne manque pas d’ambition! Son rêve : devenir correspondante de guerre dans un prestigieux journal londonien. Lorsqu’elle tombe sur une petite annonce puis obtient un poste au sein du London Evening Chronicles, Emmy est aux anges. Malheureusement, ce n’est pas l’aventure trépidante du front qui l’attend puisque son travail consiste principalement à rédiger des réponses convenues aux courriers des lectrices du magazine  Women’s Day, dirigée d’une main de fer par Mrs Bird. Des missives adressées à cette « Chère Mrs Bird », mais qui laissent cette dernière de glace. Elles sont néanmoins touchantes et laissent transparaître la détresse des femmes restées à l’arrière, sous les bombes du Blitz. Emmy est bien décidée à apporter son soutien à ses concitoyennes esseulées, malgré les protestations et les préjugés old school de sa patronne…

Mon avis : Une bonne dose d’humour typiquement british se dégage de ce roman qui nous plonge dans la période pourtant tourmentée du Blitz. Grâce à des descriptions très visuelles et réalistes, j’ai été plongée dans l’ambiance particulière qui régnait dans la capitale anglaise en ces temps troublés : malgré la crainte des bombardements nocturnes quasi quotidien, j’ai apprécié ce côté frivole et courageux des londoniens qui essayaient de conserver un semblant de vie normale en continuant à courir les soirées dansantes et les cinémas pour ne pas céder à la terreur du nazisme. Une sorte de gravité heureuse comme philosophie de vie chevillée au corps.

Je me suis attachée à Emmy ainsi qu’à ses amis et j’ai aimé suivre la vie de ce petit groupe, oscillant entre soirées festives et drame de guerre lorsque les bombes du Blitz frappe implacablement… J’ai trouvé cette lecture prenante et intense, très immersive, notamment grâce à la profondeur de ces personnages haut en couleur que l’on a bien vite l’impression de connaître. Les femmes tiennent ici un rôle capital, fragiles et fortes à la fois pour tenir coûte que coûte malgré les temps difficiles : de vraies héroïnes qui forcent l’admiration!

L’écriture fluide et inspirante rend la lecture de « Chère Mrs Bird » très agréable. Ce roman m’a agréablement fait penser à celui de Kate Atkinson, grande romancière britannique et auteure d' »Une vie après l’autre« , sur un sujet similaire.

Ce roman à l’atmosphère remarquablement prenante est donc une belle réussite, un vibrant hommage aux femmes, véritable leviers de l’effort de guerre!

Références : « Chère Mrs Bird« , AJ Pearce, aux éditions Le cercle des lecteurs Belfond, 360 pages, 21€. Dispo en poche.

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Un été invincible, Alice Adams

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En 2 mots : Eté 1997 à Bristol : Éva, Benedict, Sylvie et Lucien s’apprêtent à commencer leur vie d’adulte, leur diplôme universitaire à présent en poche. Entre 1995 et 2015, chacun va mener sa vie avec plus ou moins de réussite et de satisfaction. Des liens vont se consolider, d’autres se distendre au fil des épreuves et des événements qui impactent le petit groupe d’amis. Déceptions, actes manqués et coups de théâtre sont les maîtres mots de ce roman d’apprentissage et d’amitié qui souligne avec justesse que rien ne se passe jamais comme prévu et que la vie passe vite si l’on y prend pas garde…

Mon avis : Il y’a beaucoup du célèbre « Un Jour » de David  Nicholls dans ce roman qui s’étale sur une vingtaine d’années, suivant de loin en loin les trajectoires de vie de ce groupe d’amis. J’ai adoré ce récit et notamment son côté sombre qui donne une vision plutôt pessimiste du passage à l’âge adulte ; en effet, si les 4 amis abordent la vingtaine remplis d’espoir et d’enthousiasme, force est de constater que malheureusement aucun ne parvient réellement à mener une vie épanouissante.

La force d’ « Un été invincible » réside davantage dans la capacité des personnages féminins à faire face, à s’adapter et à rebondir lorsque rien ne se déroule comme prévu. En parallèle, l’inertie des hommes est pointée du doigt, comme une forme de lâcheté consistant à se laisser porter par les événements jusqu’au point de rupture pour n’avoir pas eu le courage de prendre leur vie en main.

Je me suis attachée à ces personnages, notamment à Éva qui m’a particulièrement touchée : carriériste jusqu’au-boutiste, cette trader à la City sacrifie tout à son ambition jusqu’à la chute. Maintes fois j’ai eu envie de lui crier qu’elle faisait les mauvais choix, tout comme Lucien, Sylvie et Benedict. J’ai vécu et médité leurs histoires, que j’ai trouvé inspirantes et édifiantes, comme des avertissements face aux mauvaises décisions que l’on prend et à leurs conséquences à long terme. Reste que parfois la vie fait bien les choses et finit par s’arranger malgré les apparences de départ…

En bref, ce roman qui suit en pointillé les vies de ces 4 amis présente une vision sans concession, franche et directe  du passage à l’âge adulte. C’est direct, tourmenté, dur et sans happy end. Et ça aussi, bizarrement, ça fait du bien de temps en temps…

Références : « Un été invincible » , Alice Adams, aux éditions Le Livre de Poche, 384 pages,  7,90€.

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Un mariage anglais, Claire Fuller

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En 2 mots : Une histoire d’amour romanesque entre Ingrid, une étudiante norvégienne et Gil, son prof. d’université de 20 ans son aîné, qui s’abîme dans la banalité du quotidien. Dans cette histoire familiale, racontée du point de vue des femmes, on alterne sans cesse entre passé et présent, grâce aux lettres qu’Ingrid a dissimulé dans des livres : des missives qui explore son histoire d’amour, des années 70 au début des années 90, sur une petite île coupée du monde. En parallèle, le roman retrace les événements se déroulant en 2004 : Gil se meurt d’un cancer du pancréas, entouré par ses filles Nan et Flora, tous trois tourmentés par la disparition inexpliquée d’Ingrid en 1992 : noyade, suicide, disparition préméditée ? Cette question sans réponse détruit à petit feu les membres de la famille Coleman…

Mon avis : il y’a tout ce que j’aime dans ce roman so british de Claire Fuller : une histoire de famille, des secrets et des non-dits, une nature sauvage omniprésente, de la mélancolie et d’infinis tourments. Bref j’ai été conquise dès le début par ce roman qui,  au delà d’un mariage anglais qui se délite, dissèque les rapports complexes et distendus entre les membres de la famille Coleman : bien sûr ceux du couple, mais également les relations parents – enfants, la difficulté de devenir mère ainsi que les rivalités fraternelles. « Tout est une question de point de vue », voilà ce qui semble être le leitmotiv du roman. 

La nature tient également une place centrale, une nature déchaînée, comme en écho à la violence contenue des personnages. Les éléments impactent les membres de cette famille, tour à tour les soutenant ou s’opposant à eux, comme s’ils prenaient vie et devenaient, eux aussi, des personnages majeurs du roman. Cela apporte intensité et force à l’intrigue, un goût d’infini et d’inéluctable.

Je ressors de cette lecture marquée par l’écriture de Claire Fuller qui fait preuve d’un réel talent pour planter un décor, une atmosphère enveloppante et mélancolique tout en sublimant ces moments presque banals du quotidien. J’ai été happée par les regrets d’Ingrid qui s’enfonce dans la mélancolie lorsqu’elle constate l’échec de sa vie maritale et son peu d’amour maternel ; je me suis interrogée sur les circonstances de sa disparition et j’ai vibré à la lecture des plus belles heures de son histoire d’amour flamboyante avec Gil.

Bref un roman intense et marquant qui fait passer le lecteur par toute la gammes des émotions.

Références : « Un mariage anglais« , Claire Fuller, aux éditions Le livre de poche, 432 pages, 8,20€.

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Le meurtre du commandeur livre 1, Haruki Murakami

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En 2 mots : c’est une histoire intimiste que nous conte ici Murakami, celle de la relation ambiguë et complexe qui s’établie petit à petit entre un peintre et son modèle, le richissime Menshiki. Un jour, dans la maison de location qu’occupe le peintre après s’être séparée de sa femme, celui-ci découvre un mystérieux tableau dans le grenier : « le meurtre du commandeur« , une toile virtuose qui semble inspirée du fameux « Don Giovanni » de Mozart mais qui trouble extrêmement le narrateur. Dans le même temps, une étrange clochette se met à tinter toutes les nuits dans les bois à proximité de la maison… Le peintre, accompagné du mystérieux Menshiki, décide de percer ce mystère. Peu de personnages, un lieu reculé du monde puisque situé dans les montagnes japonaises et des mystères qui ont progressivement capté mon intérêt : voici la promesse de ce premier volet intitulé « Une idée apparaît« .

Mon avis : je dois dire que pour ma première incursion dans l’oeuvre du maître Murakami, j’ai été séduite par la plume très feutrée de l’écrivain japonais! Un style posé, qui nous enveloppe comme une délicate vague de brume mais qui annonce en réalité les prémices d’un événement inquiétant! On peut le redouter, sentir la menace se mettre en marche. J’ai ainsi lu ce livre en étant dans l’attente du moment où le piège inéluctable allait se refermer sur le naïf narrateur. De nombreuses questions accompagnent la lecture et participent à l’installation de cette atmosphère mystérieuse : qui agite nuit après nuit cette clochette? Pourquoi ce bruit étrange a t’il débuté peu de temps après sa rencontre avec Menshiki et la découverte du tableau «le meurtre du commandeur» qui tourmente depuis le portraitiste?

Une tension émerge ainsi progressivement, comme si un piège guettait le narrateur et menaçait à tout moment de se refermer sur lui. Le personnage de Menshiki notamment tisse petit à petit sa toile autour du peintre et l’attire dans ses filets sans que l’on sache précisément quelles sont ses intentions vis à vis de lui.

J’ai également apprécié les réflexions autour des méandres de la création artistique et des tourments et obsessions d’un peintre soumis aux caprices de son art et de son mécène. « Le meurtre du commandeur » comporte ainsi plusieurs thématiques qui contribuent à donner de la profondeur à l’intrigue et suscitent tour à tour de l’émotion,  de la réflexion ou de la tension. Un roman captivant dont il me tarde de découvrir la suite!

Le petit + : Le livre 2 « La métaphore se déplace » est déjà disponible, toujours chez Belfond.

Références : « Le meurtre du commandeur livre 1 : une idée apparaît » d’Haruki Murakami, aux Editions Belfond, 456 pages, 23,90€.

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A la mesure de l’univers, Jon Kalman Stefansson

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En 2  mots : un livre difficile à résumer tant les histoires et les époques s’imbriquent les unes dans les autres, à la manière de poupées russes. Au centre de l’histoire, le personnage d’Ari, que l’on découvre enfant orphelin de mère puis adolescent travaillant dans une usine de poissons et enfin adulte désabusé, de retour en Islande après avoir vécu plusieurs années au Danemark. Autour de lui gravitent les histoires familiales de son père, de ses oncles et tantes ainsi que de son grand père. Une chronique familiale complexe et torturée sur fond de paysages sauvages et solitaires.

« Ils se tiennent là, l’un face à l’autre, et n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils doivent se dire, rien ne leur vient à l’esprit, tous deux sont des spécialistes du silence, qui se retrouvent ici pour comparer leurs versions« .

Mon avis : « A la mesure de l’univers » s’est révélé être un livre dense et exigeant qui m’a apprivoisé petit à petit,  parvenant à me prendre dans sa toile pour m’entraîner dans ses méandres. Ainsi, malgré les difficultés liées à l’alternance des époques et à la multitude de personnages aux prénoms typiquement islandais, je suis finalement parvenue à me laisser happer par cette saga familiale du grand nord. J’ai ressenti à la lecture un goût de bout du monde, une terre loin de tout, presque abandonnée, coupée du reste du monde et peuplée de personnages brutes au tempérament sauvage. L’auteur a su créer une atmosphère surannée, comme figée hors du temps, une ambiance qui se fait presque écrasante lors des description de paysages grandioses et inquiétants. Ainsi, progressivement, la menace se précise, les histoires s’épaississent et prennent corps, se font lourdes, plombantes mais c’est déjà trop tard! Prise au piège, je poursuis ma lecture au côté d’Ari, personnage secret et distant que j’ai désormais envie de percer à jour. 

J’ai vraiment été séduite par la qualité de l’écriture de Jon Kalman Stefansson et par ses mots ensorcelants. Des mots qui vous enveloppent, vous endorment pour mieux vous frappez en plein cœur et ébranler votre âme. C’est âpre, rude, avec du tempérament : une oeuvre de caractère!

Le petit + : le tome 1 de cette chronique familiale « D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds » est également disponible.
Référence :« A la mesure de l’univers » de Jon Kalman Stefansson, aux éditions Folio, 464 pages, 8,30€.

 

 

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Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa

Envie de dépaysement ? Je vous propose d’embarquer pour une escapade gourmande au pays du soleil levant avec « les délices de Tokyo » (Livre de poche)! Dans ce petit conte japonais plein de poésie et de sensibilité, Durian Sukegawa – dont c’est le premier livre traduit en français – nous fait saliver en plantant le décor de son roman dans une pâtisserie tokyoïte !

En 2 mots : Sentarô, un repris de justice en cours de réinsertion, tient sans entrain une échoppe de pâtisseries à Tokyo. Sa spécialité ? Les dorayaki, sorte de pancakes fourrés à la pâte de haricots rouges. Peu motivé, il se contente de les préparer avec de la pâte industrielle livrée prête à l’emploi et tout juste bonne à contenter le palais pas trop regardant des collégiennes qui s’arrêtent à son comptoir après la classe.

Lorsqu’il recrute Madame Yoshii, âgée de 76 ans, pour le seconder, Sentarô pense surtout avoir réalisé une bonne opération financière : en effet, la vieille dame accepte de travailler pour une bouchée de pain !

Mais Madame Yoshii se révèle pleine de surprises : malgré ses doigts déformés par une mystérieuse maladie, elle décide d’apprendre à son patron à fabriquer de manière artisanale la pâte de haricots qui constitue la farce des fameux dorayaki. Et ça change tout !

En parallèle, un troisième personnage fait son entrée en la personne de Wakana, lycéenne tourmentée adepte des dorayaki et des conseils de Madame Yoshii.

Pendant un temps, le succès est au rendez-vous et la boutique voit ses ventes décoller en flèche. Pourtant, lorsque des clients commencent à suggérer que le mystérieux mal dont souffre Madame Yoshii pourrait être la lèpre, les ennuis commencent pour Sentarô qui voit son commerce péricliter sous le poids de la calomnie et de la bêtise humaine.

Mon avis : Je me suis presque immédiatement attachée à ces deux personnages aux antipodes l’un de l’autre. Ce drôle de binôme, qui cache volontairement son passé et œuvre à faire progresser la petite boutique de dorayaki. La transmission du savoir de Madame Yoshii à Sentarô, pour ne pas qu’il disparaisse avec elle, est d’ailleurs réellement touchant. De même, bouleversant est le récit du destin de Madame Yoshii, atteinte de la lèpre à 14 ans et confinée toute sa vie durant dans un sanatorium.

L’écriture délicate, tout en finesse et en simplicité insuffle une force tranquille à ce récit qui met à l’honneur l’amitié sincère. Une amitié qui regarde au-delà de la maladie, de l’âge, du milieu social et des erreurs du passé. Sentarô, Madame Yoshii et Wakana tissent une amitié franche et puissante où chacun accepte l’autre tel qu’il est, avec son histoire et ses fêlures.

La lecture s’est également faire gourmande puisque les mots très visuels et sensoriels de Durian Sukegawa m’ont fait saliver, notamment lors de la description des étapes de préparation des dorayaki.

Le petit film : le film éponyme, signé Naomi Kawase, primée à Cannes.

Référence : « Les délices de Tokyo » de Durian Sukegawa, aux éditions du Livre de Poche, 224 pages, 6,90€.

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Chaleur, Joseph Incardona

 

« Les corps deviennent plastiques et fondent. Les peaux tendres se confondent avec la sueur molle de la graisse. On se demande d’où vient toute cette eau, comment il est possible de générer autant de liquide tout en restant encore entier, masses de chair assises sur leurs fesses, bras croisés serrés contre la poitrine pour que le cœur n’explose pas. »

En 2 mots : Bienvenue à Heinola – la Mecque du sauna – où s’affronte chaque année une centaine de challengers prêt à risquer leur vie pour rester le plus longtemps possible dans une cabine (sur)chauffée à 110°C. Parmi eux, 2 challengers se disputent avec acharnement le titre suprême : d’un côté, Igor, ancien militaire russe et de l’autre, Niko, star du porno finlandais ! La chaleur est présente en fil rouge, que ce soit dans ces organismes malmenés par des températures suffocantes ou dans les débauches sexuelles auxquelles se livrent les participants afin de décharger les tensions corporelles avant l’ultime compétition, poussant les corps jusqu’à leurs dernières limites… Chaud bouillant !

Mon avis : Si le pitch de départ a de quoi déconcerter par son absurdité, ce livre mérite néanmoins le détour puisqu’il propose une vraie réflexion sur le rapport au corps : son esthétique, sa mécanique, son culte.

L’idée véhiculée par les personnages d’Igor et Niko – certes caricaturaux – est celle d’aller au bout de soi-même, de faire triompher la volonté sur le corps. Ici, le corps est perçu comme un outil qu’il faut soumettre, convaincre, entretenir ; il est le vecteur de la détermination des participants, engagés dans une lutte sans merci où le triomphe passe par une victoire du corps propre sur soi-même et sur celui des autres. J’ai trouvé qu’il y’avait quelque chose qui transcendait l’absurde dans ce combat, qui le magnifiait et rendait touchant ces guerriers d’un nouveau genre.

Certes, les personnages sont si extrêmes dans leur manière d’envisager le corps comme l’outil suprême qui leur permettra de faire triompher leur masculinité qu’ils en deviennent  pathétiques. Pathétiques mais touchants.

La lecture est fluide, le texte découpé en courts chapitres qui alternent pour l’essentiel entre les 2 principaux prétendants au titre, Igor et Niko, en apparence aux antipodes l’un de l’autre mais finalement unis par la même quête absolue du triomphe du corps.

En bref, un petit livre au thème loufoque mais avec une gravité et un sens du tragique qui dépassent finalement l’absurdité du contexte.

Le petit + : l’auteur s’est inspiré du championnat du monde d’endurance au sauna qui se déroulait depuis 1998 dans la ville d’Heinola en Finlande. Malheureusement, en 2010, l’un des finalistes succomba à ses brûlures tandis qu’un autre fut grièvement brûlé. Ils étaient tous deux restés six minutes dans une cabine chauffée à 110°C. La ville a décidé de ne plus poursuivre la tenue annuelle de cette compétition suite à cet événement.

Référence : « Chaleur » de Joseph Incardona, aux éditions Pocket, 160 pages, 5,95€.