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La sœur de la tempête – Tome 2 « Ally », Lucinda Riley

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En  2 mots : L’histoire de la deuxième sœur d’Aplièse, Ally, passionnée de musique et de navigation. Après un premier tome qui m’avait fait voyager au Brésil, cette nouvelle histoire m’a entraîné dans un premier temps sous le soleil des îles grecques avant de m’embarquer vers les terres norvégiennes, à la recherche des origines nordiques d’Ally.

Mon avis : Quel plaisir de retrouver la plume de Lucinda Riley! Après avoir dévoré le tome 1 de la saga des « sept sœurs« , consacré à Maia, il me tardait de découvrir l’histoire d’Ally et je n’ai pas été du tout déçue, bien au contraire! J’ai à nouveau été totalement charmée par l’histoire, les personnages et les paysages des îles grecques aux  fjords norvégiens.

Ainsi, Lucinda Riley insuffle à nouveau le goût du voyage et de l’évasion à ses lecteurs en situant la majeure partie de son roman en Norvège, donnant irrépressiblement l’envie de faire ses bagages et de découvrir ce pays si authentique et préservé.

La musique classique tient également une grande place dans ce second tome puisque les origines d’Ally la conduisent à faire des recherches sur une grande famille de musiciens norvégiens, les Halvorsen, dont la jeune femme pourrait bien être l’une des descendantes. La deuxième sœur remonte alors le temps jusqu’en 1875 afin d’en apprendre plus sur ses ancêtres, Anna et Jens, respectivement chanteuse et musicien dans l’orchestre de Christiania, désormais connue sous le nom d’Oslo. Une enquête qui la mènera jusqu’en Allemagne, dans une ville de Leipzig gagnée par la montée du nazisme en 1936.

Encore une fois, la saga des « sept sœurs » se révèle vibrante d’émotion et de passion, avec des personnages mêlés à des événements historiques d’envergure qui les ancrent ainsi dans des histoires passionnantes et addictives. Dans le roman, la famille Halvorsen est ainsi étroitement liée à un personnage réel, le compositeur et pianiste norvégien Edvard Grieg, créateur de l’opéra « Peer Gynt« , dont on assiste à la naissance sur scène aux côtés des personnages. Histoire que l’on découvre lorsque le récit d’Ally est mis entre parenthèses au profit de celui d’Anna puis de son petit-fils, Pip.

En bref, une quête passionnante, sur plusieurs générations, qui m’a tenu en haleine tout du long.

Références : « La sœur de la tempête » – tome 2 « Ally« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 600 pages, 19€.

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Les sept soeurs, Lucinda Riley

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En 2 mots : A la mort de leur père adoptif, surnommé Pa Salt, les six sœurs d’Aplièse se retrouvent dans la maison familiale, sur les bords du lac de Genève, pour faire le deuil de cet homme tant aimé. En guise d’héritage, Pa Salt, leur a laissé à chacune une lettre bouleversante ainsi que des coordonnées GPS indiquant leurs lieux de naissance aux quatre coins du monde – au cas où les filles désireraient un jour en apprendre davantage sur leurs origines. Ce premier opus, entièrement dévolu à Maïa, l’aînée des sœurs, entraîne le lecteur dans une quête à travers les paysages luxuriants et fiévreux du Brésil : à Rio, Maïa découvre vite qu’elle descend des Aires Cabral, l’une des familles les plus anciennes et illustres de la ville… Ses recherches la conduiront à remonter jusqu’en 1927, afin de découvrir l’histoire d’Izabela, son arrière grand-mère. Une histoire étroitement liée à l’édification de la statue du Christ Rédempteur sur les hauteurs du Corcovado

Mon avis : Très très gros coup de cœur pour ce 1er tome de la saga romanesque de Lucinda Riley! Je dois bien reconnaître qu’après avoir lu tellement d’avis dithyrambiques sur ces romans, je l’attendais un peu au tournant ce premier tome, redoutant qu’il ne se révèle trop mièvre. Mais effectivement, dès les premières pages, j’ai senti que la magie opérait et que j’allais adorer ce livre tant il pulse de vie et d’émotions!

Si j’ai tout d’abord été agréablement surprise par le style tout en fluidité de Lucinda Riley, c’est bien vite la force et la densité de l’intrigue qui m’ont conquises! Il n’y a ainsi aucun temps mort dans cette histoire et, malgré les 500 pages, on ne les voit pas passer. Ce roman est un concentré d’énergie et de vitalité et il a réussi le tour de force de m’immerger dans cette ville de Rio, m’en faisant ressentir pleinement toute l’effervescence. Très bien documenté d’un point de vue historique et culturel, on sent que tout a été très bien pensé et construit lors de la rédaction, l’intrigue et les personnages étant ainsi maîtrisés de bout en bout.

J’ai particulièrement aimé le dépaysement que j’ai ressenti tout au long de ma lecture avec cette immersion dans la culture brésilienne que l’on voit évoluer de la fin des années 20 à nos jours, en découvrant l’histoire de l’arrière grand-mère de Maïa, la fougueuse Izabela Aires Cabral. Le volet historique, avec l’édification en fil rouge de la statue du Christ Rédempteur, apporte également beaucoup à l’intrigue, mêlant ainsi la petite et la grande histoire. Alternant entre deux époques et deux héroïnes – Maïa et Izabela – le roman distille habilement suspens, exotisme et histoire d’amour. La coupure qui intervient au premier tiers du livre, pour laisser la place à Izabela, m’a sans doute un peu frustré au début mais j’ai ensuite pris réellement plaisir à découvrir l’histoire incroyable de cette jeune fille. Les deux récits se complétant finalement de manière harmonieuse et équilibrée avec deux héroïnes très attachantes.

Une histoire forte, qui marque les esprits, et dont on a du mal à se défaire une fois le livre refermé. En bref  un bonheur de lecture !

Références : « Les sept sœurs« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 512 pages, 19€.

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Le crocus jaune, Laila Ibrahim

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En 2 mots : Dépaysement géographique et historique avec ce roman qui débute en 1837 dans une plantation de coton du sud des États-Unis ! Une petite fille vient de naître dans la demeure de Fair Oaks et Mattie, esclave aux champs qui vient elle-même d’avoir un fils, est réquisitionnée par ses maîtres pour devenir la nourrice du nouveau-né, mademoiselle Elizabeth. Une relation fusionnelle se créée dès lors entre la petite fille blanche et sa nounou noire.

Mon avis : Un petit côté «Autant en emporte le vent» souffle indéniablement sur ce roman qui réunit plusieurs des ingrédients ayant fait le succès du mythique roman!  Amour, violence, injustice, révolte, tout y est! Néanmoins, « Le crocus jaune » a le mérite de développer une intrigue peu conventionnelle autour de l’attachement quasi-maternel qui lie une esclave noire à sa petite maîtresse blanche. La force de leur lien se révèle particulièrement touchant et souligne à quel point les soins et l’affection du jeune enfant sont primordiaux dès sa venue au monde, afin de lui permettre de se développer de manière sécure. Mattie et Lisbeth ne sont peut-être pas liées par les liens du sang mais l’amour et l’attachement qu’elles éprouvent l’une pour l’autre sont criant de sincérité car tissés sur des bases solides dès les premiers instants de vie de la petite fille.

Bien sûr, j’ai trouvé que ce roman, aussi beau et lumineux soit-il, avait un petit côté conte de fée, comme si l’histoire était trop parfaite pour être vraie. Difficile en vérité d’imaginer qu’une telle relation ait pu perdurer et être tolérée dans un monde régit par le racisme et les préjugés. Le tournant que prend la vie de Mattie, une fois Lisbeth devenue grande, m’a certes fait plaisir pour cette femme incroyable mais là encore j’ai trouvé que cela manquait de crédibilité, les choses tournant rarement aussi bien dans la « vraie » vie.

Ce roman se lit admirablement bien grâce à la fluidité de son style et à la beauté de l’histoire qu’il déroule. On s’attache très vite à ces deux personnages féminins et l’on se passionne pour les péripéties qui agitent leurs existence, permettant ainsi de passer par toute la gamme des émotions. On vibre en effet à la lecture de ce roman, on tremble, on espère, on se réjouit avec Mattie et Lisbeth, héroïnes du XIXe siècle et pourtant follement modernes!

J’ai d’ailleurs hâte de les retrouver dans la suite : « Un grain de moutarde« !

Références : « Le crocus jaune« , Laila Ibrahim, aux éditions Charleston, 256 pages, 19,90€.

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Le silence des vaincues, Pat Barker

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En 2 mots : « Le silence des vaincues » met en lumière un épisode assez célèbre de l’Iliade d’Homère, celui de la colère d’Achille. Furieux de s’être fait prendre son trophée de guerre, la très séduisante Briséis – reine déchue de Lyrnessos devenue depuis sa concubine – Achille défi Agamemnon en refusant de continuer à prendre part à la guerre de Troie qui oppose les grecs aux troyens depuis près de 9 ans. La particularité du récit réside dans le fait qu’il se place du côté des femmes, les fameuses vaincues et victimes collatérales de cette guerre mythique. C’est à travers les yeux de Briséis, esclave d’Achille puis d’Agamemnon, que nous suivons le déroulé du conflit. Un conflit qui s’enlise sans que la victoire ne semble se dessiner pour un camp ou pour l’autre. Mais le retrait d’Achille pourrait bien tout changer…

Mon avis : Mis à part un petit souci au niveau du style (problème de traduction?) que j’ai trouvé trop contemporain et familier, je me suis laissée prendre par l’intrigue malgré les passages crus et violents. Bien sûr, qui dit récit mythologique dit également barbarie, cruauté et scènes sanglantes, ce qui peut heurter à la longue. Néanmoins, ces scènes de violences se révèlent nécessaire pour rendre compte de la condition effroyable des femmes dans l’Antiquité. Femme objet, femme trophée, Briséis n’échappe pas à la règle en étant ballottée sans égard entre les chefs grecs, niée jusque dans son individualité la plus intime.

J’ai apprécié cette lecture hors des sentiers battus et cette plongée dans l’univers de la tragédie grecque où tous les éléments du drame se trouvent réunis : héros mythiques, dieux vengeurs, batailles épiques, présages et malédictions font tout le sel de ce récit fleuve. Les grands noms de la mythologie sont réunis pour faire revivre à nouveau cette guerre mythique et les noms des dieux et héros résonnent au fil des pages comme autant de souvenirs de classe : Achille, Agamemnon, Ulysse, Zeus, Apollon, Athéna, etc.

Surtout, je me suis prise de sympathie pour Briséis, cette reine déchue qui fait face avec courage et bravoure à son sort peu enviable. Cette jeune femme qui a tout perdu trouve en elle la force de faire le deuil de sa vie passée et de continuer à avancer, animée par un élan de vie qui ne la quitte pas. Jusque dans ses faiblesses, Briséis se montre touchante. La relation ambiguë qu’elle développe ainsi avec Achille, pourtant son tortionnaire, est particulièrement intéressante à mesure que l’on voit se tisser entre eux une sorte de compréhension et d’attachement. A tel point que j’ai trouvé que parfois Achille prenait trop le pas sur Briséis, pourtant présentée comme la narratrice et personnage principal du récit ; le héros grec domine pourtant de son aura l’ensemble du roman, sa légende éclipsant parfois (trop?) le destin de la jeune esclave.

Cette histoire m’a fait forte impression, malgré quelques longueurs, j’ai trouvé qu’elle frappait les esprits. Un récit puissant et épique qu’il était de bon ton de remettre au goût du jour notamment pour le personnage de Briséis, modèle de femme forte qui inspire le respect et l’admiration dans un monde régi par les hommes…

Références : « Le silence des vaincues« , Pat Barker, aux éditions Charleston, 336 pages, 22,50€. Sorti le 25 août 2020.

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Neuf parfaits étrangers, Liane Moriarty

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En 2 mots :Après « Petits secrets, grands mensonges », qui a inspiré la série Big Little Lies, Liane Moriarty est de retour avec un huis clos magistral qui a pour cadre une luxueuse station thermale!

Neuf parfaits étrangers se retrouvent dans la station thermale huppée de Tranquillum House, perdue dans la campagne australienne. L’objectif : suivre pendant 10 jours une cure bien-être visant à se reconnecter à son « moi profond », à lâcher prise, bref à repartir sur de nouvelles bases. Bien que soumis à des règles drastiques par l’intransigeante Masha, la directrice du centre, les participants acceptent de se soumettre au programme concocté pour eux : massages, Tai-chi, méditation guidée, jeûne, silence imposé, etc. Un séjour qui remplit en apparence toutes ses promesses jusqu’au jour où tout bascule…

Mon avis : J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman atypique, qui démarre comme un feel good classique et finit en thriller haletant! Un peu à la manière des « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, on sent dès le départ que ce séjour est trop beau pour être vrai et que, sous le vernis idyllique de cette cure révolutionnaire, se cache en réalité du louche…

La force du roman réside également dans cette galerie de personnages bien campés, que l’auteur nous rend presque instantanément familiers. On s’attache en effet très rapidement à ces Monsieur et Madame tout le monde, venus à Tranquillium House pour se remettre d’un deuil, d’une rupture ou pour sauver leur couple. Certes, ils sont un peu caricaturaux mais cela ne m’a pas dérangé, Liane Moriarty étant parfaitement capable de les moquer pour leurs petits travers tout en les rendant attachants et digne d’intérêt.

En bref, j’ai adoré l’originalité de l’intrigue, dans laquelle la tension monte crescendo pour plonger le lecteur dans une ambiance tendue, où l’on pressent que tout peut arriver. L’angoisse s’installe d’ailleurs de manière paradoxale puisque les personnages sont censés se trouver dans un cadre apaisant et préservé. Liane Moriarty montre encore une fois à quel point le drame peut tout aussi bien se déployer dans un cadre esthétique et luxueux, dissimulé derrière des manières et un visage apparemment charmants…

Références : « Neuf parfaits étrangers« , Liane Moriarty, aux éditions Albin Michel, 512 pages, 22,90€.

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Home, Toni Morrison

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En 2 mots : survivant de la guerre de Corée, le soldat afro-américain Frank Money entreprend un long périple à travers les Etats Unis pour retourner chez lui, en Géorgie, et retrouver sa petite sœur gravement malade. Un voyage difficile d’autant que le jeune soldat reste hanté par la guerre et les atrocités qu’il y a vécu, souffrant probablement de stress post traumatique. Il cède alors fréquemment aux tentations que sont l’alcool, le jeu et la violence, désireux de faire taire cette culpabilité d’avoir survécu alors que ses amis sont mort, ce dégoût de lui-même qui ne le quitte jamais vraiment… Ce voyage sera pour lui l’occasion de faire preuve d’introspection et de résilience.

Mon avis : un texte court mais marquant, tant sur le fond que sur la forme. L’écriture franche et directe va droit au but, laissant toute la place à l’émotion. En suivant le parcours semé d’embûches de Frank Money, de Seattle à Atlanta, le lecteur ne peut qu’être ébranlé par les horreurs en tout genre que subissent les personnages, victimes de violence et d’humiliation intolérables dans cette Amérique en proie à la folie du racisme.

En parallèle de l’histoire de Frank, anti-héros malmené par ses faiblesses, se dessine également le destin des femmes importantes de sa vie : sa jeune sœur et sa petite amie. Deux femmes fortes qui se battent pour trouver leur place, coûte que coûte, dans une société hostile aux afro-américains et ne rien céder à la haine.

Un roman puissant qui expose les heures sombres des Etats Unis, une période trouble dont il est plus que jamais nécessaire de se souvenir…

Références : « Home« , Toni Morrison, aux éditions 10/18, 144 pages, 6,10€.

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Le meurtre du commandeur partie 2 – la métaphore se déplace, Haruki Murakami

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En 2 mots : Le tome 2 reprend exactement là où s’achevait le tome 1, sans temps mort. Le narrateur occupe toujours la maison, isolée dans la montagne, du célèbre peintre Tomohiko Amada, désormais mourant. Sa vie tranquille et bien réglée s’organise autour de ses cours de peinture, des visites de son voisin, le richissime et mystérieux Menshiki, et de deux toiles qu’il peint en parallèle : celle d’une fosse mystérieuse découverte dans les bois dans le tome 1 et le portrait d’une jeune fille de 13 ans, Marié Akikawa, qui pourrait bien être la fille biologique de Menshiki.

Le narrateur reste cependant troublé par des visions, fantasmées ou non, d’un étrange petit bonhomme, copie conforme d’un personnage représenté sur un tableau de Tomohiko Amada trouvé au grenier : «le meurtre du commandeur». La fosse mystérieuse débusquée dans les bois jouxtant la maison semble également exercer sur lui une étrange et irrationnelle attraction. Lorsque la jeune Marié, dont il peint le portrait chaque dimanche, disparaît sans laisser de trace, commence alors pour le narrateur un voyage initiatique pour retrouver la fillette disparue. Une quête qui le conduira dans un monde parallèle, étrange et mystérieux, aux confins de sa conscience…

Mon avis : Un livre à part, hors du commun, dans lequel l’inattendu surgit à chaque page! L’irruption du merveilleux, dans ce récit calme et monotone, confère d’ailleurs tout son attrait au roman, le rendant mystérieux, audacieux et imprévisible!

Ce temps du confinement s’est vraiment révélé idéal pour entamer la lecture du tome 2. Bien qu’ayant lu le tome 1 il y’a environ un an, les détails de l’intrigue me sont rapidement revenus en mémoire. J’ai donc pu retrouver avec plaisir cette atmosphère que j’avais tant aimé dans le premier livre : une maison isolée dans les montagnes japonaises, un peintre solitaire en proie à d’étranges visions, une atmosphère à la fois feutrée et inquiétante. Toutes les conditions étaient donc réunies pour un grand moment de lecture et me laisser complètement absorber par cette histoire troublante, intense…

J’ai également savouré les nombreuses références littéraires, musicales, philosophiques et artistiques qui nourrissent les échanges du narrateur et de ses interlocuteurs. Ces petites joutes verbales et intellectuelles se révèlent particulièrement stimulantes et ne sont jamais superflues.

En bref : une dilogie incroyable qui bluffe le lecteur de bout en bout par ses surprenants détours!

Références : « Le meurtre du commandeur livre 2 – la métaphore se déplace« , Haruki Murakami, aux éditions Belfond / 10/18, 23,90€.

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Anatomie d’un scandale, Sarah Vaughan

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En 2 mots : Un thriller addictif que je n’ai pas lâché! L’histoire du procès pour viol d’un jeune et fringant député britannique, James Whitehouse, du point de vue de ce dernier, de sa femme, Sophie, et de l’avocate de l’accusation. Une affaire sordide, au fort retentissement médiatique, et qui prend racine dans le passé des trois protagonistes, plus étroitement liés qu’il n’y parait au premier abord.

Mon avis : Les arcanes de la politique britannique et les jeux de pouvoir sont habilement disséqués dans ce thriller psychologique qui met en lumière toute la complexité d’un scandale sexuel dans les hautes sphères du pouvoir et la difficulté pour la justice de faire éclater la vérité face à toutes les pressions et manipulations qui s’exercent en coulisse. .

J’ai adoré suivre ce procès en alternant entre les états d’âme et les points de vue des différents personnages. Rien n’est évident dans cette affaire complexe qui prend de l’ampleur à mesure que le passé des protagonistes se dévoile, que la toile se tisse et prend le lecteur dans ses filets. Le récit du procès et des témoignages amènent la tension à son paroxysme pour le plus grand plaisir du lecteur avide de découvrir l’issue de cette histoire.

Glaçant et brillant, ce roman mériterait une adaptation en série TV tant sa trame est addictive, enchaînant avec talent les rebondissements et les révélations! En tout cas, il m’a vraiment permis de me changer les idées et de me plonger dans une histoire passionnante en ces temps de confinement😊

Références : « Anatomie d’un scandale« , Sarah Vaughan, aux éditions du Livre de poche, 480 pages, 8,70€ .

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Le livre de Rachel, Esther David

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En 2 mots : Esther David embarque le lecteur en Inde à la rencontre de Rachel, dernière représentante de la communauté juive de Denda, près de Bombay, et gardienne de la petite synagogue abandonnée qui jouxte sa maison. Tous les jours, Rachel s’y rend et prend soin des lieux avec dévouement et respect, en souvenir des bons moments vécus jadis avec les siens, aujourd’hui tous partis en Israël. Mais le jour où le conseil d’administration de la synagogue parle de la céder à un promoteur immobilier, un vent de révolte souffle : Rachel est prête à tout pour sauver la synagogue, quitte à se battre contre des moulins à vent…

Mon avis : Coup de cœur pour cette histoire atypique et pour la multitude de choses que j’ai apprises en lisant ce roman, notamment sur cette communauté qui allie les traditions juive et indienne.

J’ai également beaucoup aimé la philosophie de vie et la force de caractère de Rachel. Son abnégation, sa détermination et son mental à toute épreuve pour sauver ce patrimoine culturel et religieux, auquel elle est viscéralement attachée, force l’admiration. Jamais elle ne se plaint, ni ne songe à jeter l’éponge devant la vacuité de la tâche. Coûte que coûte, elle poursuit la mission qu’elle s’est donnée : prendre soin de cette petite synagogue à moitié en ruine, même si plus aucun fidèle ne s’y rend ni qu’aucune cérémonie n’y est désormais célébrée. Lorsque l’oeuvre de toute sa vie est menacée, elle n’hésite pas une seule seconde à se lancer dans la bataille, à son niveau, remuant ciel et terre pour sauver ce lieu spirituel.

La gastronomie est également à l’honneur et contribue à conférer au roman un côté chaleureux et convivial lorsque Rachel évoque ses souvenirs. Elle fait ainsi revivre les temps heureux où la communauté, alors nombreuse, se réunissait autour de véritables festins pour célébrer les fêtes liturgiques et les grands événements de la vie. Des moments emprunts de joie et toujours étroitement liés aux plats traditionnels que les femmes préparaient pour l’occasion. D’ailleurs, des recettes épicées et enivrantes précèdent chaque chapitre, comme autant de clins d’œil aux mets que confectionnent Rachel au fil du roman. Un vrai voyage culinaire et sensoriel tant l’évocation de ses plats épicés met l’eau à la bouche et les sens en éveil!

En bref, le récit du combat de cette femme qui se dresse face aux hommes d’influence pour défier l’oppression patriarcale s’est vraiment révélé très inspirant!

Références : « Le livre de Rachel« , Esther David, aux éditions « J’ai lu », 313 pages, 7,50€.

 

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Le cœur de l’Angleterre, Jonathan Coe

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En 2 mots : Les connaisseurs de « Bienvenue au club » et du « Cercle fermé » retrouveront avec bonheur les personnages découverts dans ces deux premiers opus qui traitaient de l’Angleterre des années 70 et des années 2000. « Le cœur de l’Angleterre » s’articule essentiellement autour de trois personnages familiers – Benjamin Trotter, écrivain raté,  quinquagénaire tourmenté et mélancolique ; Doug Anderton, l’un de ses plus anciens amis et célèbre commentateur de la vie politique britannique ; et enfin la jeune Sophie Potter, nièce de Benjamin, thésarde en histoire de l’art. Jonathan Coe reprend ici ses personnages et les propulse dans la période tourmentée des années 2011 – 2018, livrant une fresque de l’Angleterre contemporaine et de ses grands bouleversements : émeutes de 2011, jeux olympiques, montée des tensions et du nationalisme jusqu’à l’ultime fracture du Brexit

Mon avis : Je ne quitte plus la perfide Albion ces derniers temps 😉 et quel bonheur fut pour moi la lecture de ce roman fleuve! J’ai littéralement adoré, beaucoup plus d’ailleurs que les deux premiers livres mettant en scène la famille Trotter et son entourage, que j’avais lu étant plus jeune. 

Ici, tout est pétillant d’intelligence! Jonathan Coe a l’art et la manière de rendre hyper intéressante la vie politique, sociale et culturelle de la Grande Bretagne, toile de fond omniprésente des trajectoires de ses personnages. Le lecteur assiste ainsi à des discussions animés entre les partisans du « leave » et du « remain« , à la fracture entre la jeunesse révoltée et les aînés nostalgiques d’une époque révolue où la Grande Bretagne en imposait au reste du monde, à la méfiance vis à vis de ce qui est étranger/différent/insaisissable. 

En choisissant de se concentrer sur trois personnages principaux, il parvient à disséquer les noirceurs et les dangers qui menacent le pays. D’une manière subtile, Jonathan Coe parvient à mettre en lumière les changements de mentalité qui infusent petit à petit la société : le rejet du politiquement correct, la défiance vis à vis des minorités, des journalistes et des élites politiques, etc. 

Entre Londres, Birmingham et le sud de la France, pas de temps mort et très peu de longueurs dans ces quelques 560 pages. Les histoires personnelles des protagonistes venant habilement rythmer le récit et parvenant à tenir en haleine le lecteur curieux de suivre leur évolution au cours de ces 7 années, riches en rebondissements. 

En bref, une fresque de l’Angleterre, de 2011 à 2018, qui ravira les férus d’histoire contemporaine autant que les amateurs de grande saga familiale. 

Références : « Le cœur de l’Angleterre« , Jonathan Coe, aux éditions Gallimard, 560 pages, 23€.