
Roman coup de poing, roman coup de
!
L’Amérique profonde, sudiste et ségrégationniste se dévoile dans cet ouvrage au titre percutant : bienvenue en Alabama à l’été 1963. Kennedy est à la tête du pays alors que la marche pour les droits civiques voit converger des milliers de personnes en direction de Washington ; Martin Luther King y prononça d’ailleurs son célèbre discours. Voilà pour l’arrière-plan historique
Pourtant, dans la petite ville de Birmingham (Alabama), les mentalités peinent à évoluer, blancs et noirs évoluant toujours dans un climat de peur, de rejet et de mépris les uns à l’égard des autres, bien loin des aspirations de Luther King. La communauté noire est néanmoins en émoi, secouée par la disparition puis la découverte du cadavre d’une petite fille noire. Une affaire que les policiers – blancs – traitent avec peu de diligence, pas concernés, pas intéressés. Ayant besoin d’argent, le détective Bud Larkin accepte d’enquêter sur l’affaire pour le compte des parents de la jeune fille. Alcoolique, colérique et bordélique, Bud met peu de coeur à l’ouvrage jusqu’à ce qu’il soit secoué par Adela, sa toute nouvelle femme de ménage. Perspicace et dotée d’un grand sens de l’observation, Adela pousse Bud à se consacrer sérieusement à l’enquête, d’autant qu’une autre enfant est à son tour portée disparue. Ensemble, Bud et Adela enquêtent, apprenant par la même occasion à se connaitre puis à se respecter et à se faire confiance
J’ai été captivée, autant par l’enquête que par la relation qui se tisse petit à petit entre cet improbable duo. Lui, l’ancien flic déchu, bourru et arrogant et elle, simple femme de ménage noire, analphabète et pieuse. C’est une lecture très immersive, bien documentée, qui plonge vraiment le lecteur au cœur des tensions raciales, à tel point que l’on imagine sans peine une adaptation sur petit ou grand écran
Références : « Alabama 1963« , Ludovic Manchette et Christian Nimiec, aux éditions Pocket, 352 pages, 7,70€.









