Policiers

Le noël d’Hercule Poirot, Agatha Christie

Lecture de saison pour finir le challenge « Read Christie 2021 »! J’ai donc choisi un classique du genre : « Le Noël d’Hercule Poirot« !

Clairement pas mon préféré mais il concentre les ingrédients clés qui ont fait la renommée de la reine du crime, ma chère Agatha Christie🤗! Le roman démarre quelques jours avant Noël et met en lumière les membres d’une richissime famille réunie pour les fêtes de fin d’année dans leur majestueuse demeure de Gorston Hall. Inutile de préciser que l’ambiance est à couper au couteau tant le patriarche, le vieux Simeon Lee, se montre exécrable avec les siens. D’ailleurs il prend un malin plaisir à annoncer à sa progéniture son intention de modifier son testament, ce qui aura pour effet de mettre définitivement le feu au poudre! Le vieillard aurait dû surveiller ses paroles puisqu’il est retrouvé sauvagement assassiné dans sa chambre – fermée de l’intérieur – le jour de Noël…

Si j’ai apprécié l’ambiance huis clos de ce roman, je l’ai aussi trouvé particulièrement lugubre et peuplé de personnages fort peu sympathiques. J’aurai aussi aimé sentir davantage l’ambiance de Noël car elle est finalement très peu présente et une atmosphère tristounette imprègne la lecture tout du long. En bref, une intrigue intéressante et pourvue de nombreux rebondissements mais pour le côté festif de Noël on repassera (ou on lorgnera l’an prochain du côté de « Christmas Pudding » !)

Références : « Le noël d’Hercule Poirot« , Agatha Christie, aux éditions Le masque / Le livre de poche, 230 pages, 5,60€.

Feel Good·Non classé

Pas si simple, Lucie Castel

J’ai tellement aimé « Comment bien rater son mariage à Noël » que je me suis empressée de lire le tome 1 « Pas si simple« !

Quel plaisir de retrouver Scarlett et Melie, d’assister à leur rencontre avec William à Heathrow en pleine tempête de neige et de les suivre pour un Noël déjanté en compagnie de la famille Hill 🥰

Si j’ai préféré le tome 2, j’ai tout de même beaucoup apprécié cette lecture. On sent que les personnages sont en pleine construction et gardent encore leurs zones d’ombre et leur part de mystère. Qu’importe, ils nous offrent tout de même un Noël très british, entre règlements de compte familiaux et romance naissante 🎄

Références : « Pas si simple« , Lucie Castel, aux éditions Harper Collins, 240 pages, 6,90€.

Policiers

Impact, Olivier Norek

Cette semaine, histoire d’alterner un peu avec les lectures de Noël, j’ai lu le livre offert par la blogueuse Rédactrice dans le cadre du swap d’automne 🤗. Un plaidoyer écologique coup de poing qui m’a d’ailleurs été chaudement recommandé par mon papa ❤

Pour ma part, j’ai eu du mal à rentrer dedans et j’ai souvent perdu le fil car l’intrigue principale est entrecoupée de chapitres dénonçant les désastres écologiques qui émaillent notre planète. Conséquence directe : je n’ai pas ressenti le côté haletant que j’espérais trouver dans ce thriller… les deux enquêteurs sont à peine effleurés et tout va si vite que l’on a pas réellement le temps de s’attacher à eux…

L’idée de départ – un groupuscule écologiste kidnappe le patron de Total et revendique, en échange de sa liberté, des engagements majeurs en matière d’écologie et de lutte contre la pollution – est pourtant géniale ! Malheureusement, j’ai eu le sentiment que la trame du roman était noyée sous les plaidoyers et les dénonciations😔. Je suis donc restée sur ma faim, ayant davantage eu l’impression de lire un essai écologiste qu’un polar tant l’ensemble s’est révélé fragile, malgré quelques fulgurances.

Références : « Impact« , Olivier Norek, aux éditions Pocket, 312 pages, 7,30€.

Feel Good

Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? Carène Ponte

Le dernier Carène Ponte de Noël est un petit régal ! Cette fois-ci, point de Santa-les-deux-Sapins mais une belle histoire sur le pardon et l’importance des secondes chances !

Victoria, l’héroïne du roman, a un petit côté oncle Scrooge puisqu’elle tyrannise ses employés à quelques jours de Noël, refusant de leur accorder le moindre répit. Pour elle, comme pour son père, seul compte la réussite professionnelle et le profit : c’est simple, le temps c’est de l’argent et pas question de le gâcher en festivité et autres réjouissances. Bourreau de travail, orgueilleuse et indifférente à ses semblables, la jeune femme va pourtant vivre une prise de conscience forcée lorsqu’elle est renversée par un bus et laissée pour morte. Plongée dans le coma, elle se voit proposer un étrange deal en échange de son réveil : réparer le tort qu’elle a fait dans le passé à une ancienne camarade de lycée, Dakota

J’ai adoré le côté caricatural de Victoria qui est, du moins au début, proprement imbuvable ! Si les conditions qui l’amènent à faire amende honorable auprès de Dakota sont un peu tirées par les cheveux, j’ai vite oublié cet aspect du roman, retenant surtout la mauvaise foi de Victoria, la sensibilité de Dakota et la drôlerie de Mounette. Un roman de Noël – avec une touche de magie donc – qui met en lumière deux jeunes femmes que tout oppose et pourtant amenées à cohabiter sous le même toit. Entre elles, la grand-mère de Dakota, personnage magnifique et trait d’union entre ces deux héroïnes qui s’empêchent, chacune à leur manière, de vivre et d’apprécier pleinement leur vie.

Encore une fois, l’humour sans prise de tête de Carène Ponte fait mouche tout comme son talent pour nous raconter de belles histoires de Noël, drôles, touchantes et chaleureuses ! 

Références : « Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? » Carène Ponte, Fleuve Editions, 288 pages, 17,90€

Feel Good·Non classé

Comment bien rater son mariage à noël, Lucie Castel

Signé Lucie Castel, voilà un livre déjanté et follement drôle qui ferait une merveilleuse adaptation en série! On est ici clairement dans la comédie romantique de Noël poussée à son maximum tant Scarlett accumule les emmerdes à quelques jours de son mariage. En vrai, avoir autant la poisse c’est juste pas possible et c’est bien ça qui fait tout le sel de ce roman qu’on referme en étant bien contente de ne pas être à la place de notre héroïne malchanceuse!

J’ai tout aimé dans ce roman qui, en plus, a le bon goût de se passer dans la campagne anglaise enneigée! Scarlett et sa clique sont tous impossibles et haut en couleurs mais leur bienveillance les uns pour les autres m’a touché. Malgré les tensions familiales, les rivalités franco-britannique et les couacs des fournisseurs, tous répondent présents pour sauver le plus beau jour de la vie de William et Scarlett. Mission accomplie tant ce mariage de noël sera féerique💗! Finalement, je suis jalouse😉

Références : « Comment bien rater son mariage à Noël« , Lucie Castel, aux éditions Charleston, 288 pages, 8,50€

Feel Good

Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige, Sophie Jomain

Noël sous les tropiques

En débutant ma lecture, j’avais un peu peur de ne pas y trouver mon compte tant je suis attachée aux romans de Noël dit « traditionnels » avec leur cortège de flocons de neige, chocolat chaud et feu de cheminée. Et clairement, dans « Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige », on est très loin de cette image d’Épinal puisque le récit se passe à Saint-Barth, dans les Caraïbes. Mais contre toute attente j’ai adoré 🤗!

J’ai dévoré ce roman de Sophie Jomain et me suis totalement laissée embarquer par la douceur de vivre de cette île gorgée de soleil! Surtout, j’ai adoré Rosie, cette jeune alsacienne qui tente de se reconstruire après une rupture douloureuse et à qui son Alsace natale manque cruellement (ce que je comprends tout à fait🥰!). Employée dans la plus prestigieuse agence immobilière de Saint-Barth, elle s’assure que les luxueuses villas de l’île soient en parfait état lorsque leurs richissimes propriétaires y débarquent. Un travail glamour qui lui en fait néanmoins voir de toutes les couleurs tant ses clients et sa patronne, Mary Kane, peuvent se montrer irascibles !

Grâce à sa gentillesse, Rosie se lie d’amitié avec Henry, un ado sauveteur de tortues, et ne tarde pas à emménager sur la propriété que le jeune garçon occupe avec sa grand-mère, Monica. De fil en aiguille, Rosie rencontre le professeur de francais d’Henry et tombe sous le charme du frère de celui-ci, le fantasque Bastien. Mais ce ne serait pas un roman de Noël sans une petite touche de fantaisie : elle est malicieusement apportée par la famille Claus, chargée de l’animation du marché de Noël de l’île ! Les Claus font souffler un vent de magie m et prouve que les miracles existent pour ceux qui y croient😉!

Je l’ai trouvé superbement écrit, avec une histoire qui tient la route, bien loin de la simple romance de Noël qui est ici presque secondaire. L’histoire de Rosie est riche et met autant en avant ses péripéties au travail et son empressement à aider ses nouveaux amis que son histoire naissante avec Bastien

Ce roman lumineux m’a beaucoup plu et m’a permis de débuter en beauté ma pal de Noël 🥰!

Références : « Les tortues ne fêtent pas noël sous la neige« , Sophie Jomain, aux éditions Charleston, 304 pages, 19€.

Romans étrangers

Elle et son chat, Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa

Deux possibilités pour aborder cette lecture toute en délicatesse et véritable best-seller au Japon ! Pour ma part, j’ai choisi de débuter par le roman de « Elle et son chat » avant de poursuivre par la version manga.

En 2 mots : On y fait la connaissance d’une jeune fille solitaire qui recueille un petit chat blanc dans une rue de Tokyo. Entre eux se tisse immédiatement un lien fort, presque fusionnel. Dans une atmosphère feutrée, quasi silencieuse, le roman alterne alors entre deux points de vue – celui du chat et de sa maitresse – qui se répondent et se complètent parfaitement. Bientôt le petit chat part explorer son quartier et rencontre d’autres félins qui évoquent également le lien spécial qu’ils entretiennent avec les humains de leur vie

Mon avis : L’écriture épurée, toute en légèreté, rend parfaitement hommage aux félins et à leur grâce légendaire. Discrets, intelligents, clairvoyants mais aussi sources de réconfort pour les humains qui gravitent autour d’eux, ces adorables boules de poils entretiennent des liens forts avec les personnages, personnages dont on devine d’ailleurs l’immense solitude. J’ai été touchée par ces jeunes filles farouches qui ne sont pas à l’aise parmi leurs semblables mais qui se sentent bien avec leurs chats, libres d’exprimer leurs pensées et de se laisser aller sans crainte d’être jugé

J’ai aussi beaucoup aimé les monologues intérieurs de ces petits chats qui observent les humains avec un parfait mélange de naturel et de candeur. Leurs regards, si justes et vrais, vont droit au cœur et y apposent un baume réconfortant.

Un livre qui respire le calme et dont on ressort zen et apaisée par tant de grâce et de beauté!

Références : « Elle et son chat« , Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa, aux éditions Charleston / Pika, 224 pages, 18€.

Policiers

Le sanatorium, Sarah Pearse 

Lecture-page-turner avec ce thriller psychologique aux faux-airs de Shining signé Sarah Pearse !

En 2 mots : Un huis clos qui plonge le lecteur au cœur du Sanatorium, une ancienne maison de repos nouvellement reconvertie en hôtel de luxe perdu au milieu des montagnes suisses. Là, Eline – lieutenant de police britannique récemment mise sur la touche – retrouve son frère, venu y fêter ses fiançailles. Mais bientôt la tempête fait rage, coupant l’hôtel du monde et instillant une ambiance oppressante parmi les clients et les employés. Lorsque Laure, la fiancée de son frère, est introuvable au matin, Elin décide de reprendre du service et de mener l’enquête…

Mon avis : Si j’ai bien aimé cette atmosphère coupée du monde, j’aurai aimé que l’auteure aille encore plus loin car la tension peine un peu à monter. L’intrigue a su m’accrocher mais je n’ai pas été vraiment surprise ou happée par l’histoire. La fin est plutôt convenue, ce qui est toujours dommage pour un polar! Reste que c’est une lecture plaisante, typiquement de saison avec ces tempêtes de neige qui se succèdent et donnent envie de se mettre au chaud

Références : « Le sanatorium« , Sarah Pearse, aux éditions Michel Lafon, 400 pages, 19,95€.

Feel Good

Une folie passagère, Nicolas Robin

Celui-ci, je me le suis bien gardé au chaud pour mes vacances car c’était la promesse assurée d’un moment de lecture cash et hilarant! Pari tenu tant j’ai retrouvé cet humour et cette liberté de ton que j’avais adoré dans « Roland est mort ».

En 2 mots : Ici, attachez bien vos ceintures car vous allez embarquer aux côtés de Bérengère, une hôtesse de l’air « bien-comme-il-faut » (enfin presque) sur un vol cauchemardesque à destination de Vancouver! Rien ne sera épargné à notre pauvre héroïne, ni les collègues peau de vache, ni les passagers plus casse-pied-tu-meurs qu’on aurait bien envie d’encastrer dans le hublot…

Mon avis : si je me suis bien marrée à la lecture des aventures de cette hôtesse de l’air poissarde, qui a d’ailleurs un petit côté Bridget Jones (!), j’ai aussi eu un peu de peine pour elle. Bérangère cumule les clichés et subit les préjugés de son entourage, elle l’hôtesse de l’air célibataire de 40 ans, qui n’entre décidément pas dans les cases…

J’ai aimé cette écriture fiévreuse, rythmée par des punchlines qui partent dans tous les sens! Nicolas Robin, à travers la voix de Bérangère, ne manque décidément pas d’humour et de second degré! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut une forte dose d’autodérision pour survivre dans ce huis-clos en plein air! L’auteur, steward de profession, concède d’ailleurs qu’une grande partie des mésaventures de la pauvre Bérangère sont autobiographiques…

Références : « Une folie passagère« , Nicolas Robin, aux éditions Le livre de poche, 224 pages, 7,40€.

Romans français

Enfant de salaud, Sorj Chalandon

Dommage pour le Goncourt mais cela restera mon petit coup de cœur de l’automne!

Sorj Chalandon m’avait déjà ému avec « Une joie féroce » puis bouleversé dans « Le quatrième mur« . Cette fois, il m’a passionné avec ce récit fort, puissant et o combien essentiel.

Il y aborde sa relation conflictuelle avec son père, un menteur pathologique au tempérament irascible, alors que s’ouvre le procès de Klaus Barbie au printemps 1987. Procès que le jeune journaliste est chargé de couvrir alors que l’ancien nazi exerce une fascination morbide sur son père, qui ne loupe pas une audience. Se dessine alors un étrange face à face entre le père et le fils mais aussi entre le journaliste fasciné par le sujet que représente cette figure paternelle insaisissable qui se prétend tour à tour ancien membre des SS ayant défendu le bunker d’Hitler, puis militant communiste quand il n’était pas dans la résistance ! Bref on s’y perd tant cet homme semble avoir vécu mille vies et prêté pléthore d’allégeances durant la guerre. J’ai trouvé ce récit passionnant et ai beaucoup appris sur des épisodes méconnus de la seconde guerre mondiale comme la rafle des enfants d’Izieu. Même si j’ai parfois eu du mal à suivre, j’ai trouvé fascinant ce père mythomane, obsédé par l’idée de sublimer son passé en multipliant les mensonges auxquels il semble croire lui-même. Mais j’ai surtout été touchée par son authenticité car l’on sent que Sorj Chalandon y a mis toutes ses tripes, couchant sur le papier ses blessures intimes comme pour mieux les exorciser et commencer un travail de catharsis…

Références : « Enfant de salaud« , Sorj Chalandon, aux éditions Grasset, 336 pages, 20,90€.