Annuaire des auteurs·Caro·Romans français

Un hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin

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« Suintant l’hiver et le poisson, Sokcho attendait. Sokcho ne faisait qu’attendre. Les touristes, les bateaux, les hommes, le retour du printemps. »

En 2 mots : Dans la petite station balnéaire de Sokcho, en Corée du sud, le temps s’étire lentement, l’hiver se fait interminable et sinistre. C’est là que travaille la narratrice, jeune franco-coréenne, employée dans une modeste pension de famille désertée par les clients. Là également qu’échoue Yan Kerrand, auteur de bandes-dessinées normand, venu chercher l’inspiration dans cette ville perdue du bout du monde. Deux êtres solitaires entre lesquelles se tisse progressivement une complicité faite de silences mais aussi de confidences du bout des lèvres. Dans cette bourgade figée par le froid, la Corée du sud, ses traditions et son histoire s’esquissent en filigrane.

Mon avis : très très beau moment de lecture avec ce roman qui se nourrit d’attente et de non-dits. L’atmosphère feutrée et silencieuse m’a particulièrement séduite, épousant à merveille la langueur de cet hiver interminable. Tout est saisi par le froid, les lieux comme les personnages, qui semblent évoluer au ralenti, leurs vies entre parenthèses.

J’ai également beaucoup apprécié l’écriture très visuelle d’Elisa Shua Dusapin, une écriture presque sensorielle même, tant ses mots dégagent une puissance évocatrice : on ressent le froid, la brume, les odeurs et les goûts des plats traditionnels coréens, le bruit des corbeaux qui croassent et de la plume trempée d’encre qui glisse sur le papier.

En bref, un texte court mais d’une grâce absolue qui puise sa force dans la pureté de l’écriture tout en nuances et en délicatesse.

Le petit + : le second roman d’Elisa Shua Dusapin, « les billes du Pachinko » vient de paraître aux éditions Zoé.

Référence : « un hiver à Sokcho » d’Elisa Shua Dusapin, aux éditions Folio, 160 pages, 6,60€.

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L’avancée de la nuit, Jakuta Alikavazovic

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En 2 mots : Paul, jeune étudiant, tombe amoureux de l’une de ses camarades de fac, la mystérieuse et fortunée Amélia Dehr, client de l’hôtel dans lequel il travaille comme veilleur de nuit. Une passion amoureuse démarre entre eux et l’on sent dès le départ le parfum du malheur, une intuition que cette histoire est vouée à une fin tragique.

Amélia souffre d’un puissant mal de vivre et demeure hantée par l’absence de sa mère, disparue dans les méandres de la guerre de Bosnie et du siège de Sarajevo.

Paul et Amélia vivent clandestinement leur relation à l’hôtel Elisse jusqu’au jour où la jeune fille disparait sans laisser de traces.

Mon avis : Une pensée et des réflexions remarquables, malheureusement noyées dans des phrases interminables. Je me suis perdue dans la densité de l’écriture, dans ce style (trop) original et je n’ai pas réussi à m’intéresser aux personnages, ni à faire corps avec leurs tourments.

Ce couple, formé par une héritière évanescente et un jeune garçon ambitieux honteux de ses origines sociales ne m’a pas fait vibrer. Ni Amélia, comme absente d’elle-même et détachée de tout, ni Paul, qui se raccroche désespérément aux bribes d’un amour qui n’existe plus (a-t-il jamais réellement existé ?)

En bref, je n’ai pas été touchée par l’émotion du texte, sans doute hermétique à la forme du roman, et suis restée spectatrice extérieure de la dissolution de cet amour…

J’ai en revanche appréciée les réflexions philosophiques sur les thèmes de la ville et de la nuit, du manque et de l’absence qui, elles, ont su me tirer de ma torpeur.

Référence : « l’avancée de la nuit » de Jakuta Alikavazovic , aux éditions Points, 288 pages, 7,50€.

 

 

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La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

 

En 2 mots : A la manière d’une enquête journalistique très bien documentée, Olivier Guez nous raconte la fuite puis la traque du médecin tortionnaire d’Auschwitz, Josef Mengele (1911-1979), réfugié en Amérique du sud. S’infiltrant dans les cercles nazis de l’Argentine de Perón, « l’ange de la mort » ne connait pourtant pas de répit : traqué par les services secrets israéliens et subissant l’opprobre de l’opinion publique internationale, il est sans cesse obligé de fuir, errant du Paraguay au Brésil sans trouver la paix ni la sécurité. Vivant comme une bête traquée, ne faisant confiance à personne, Mengele assiste à sa propre déchéance, peu à peu abandonné de tous. Un aperçu de la « banalité du mal », pour citer Hannah Arendt.

Pour qui ? : Les amateurs d’histoire contemporaine, plus particulièrement de la dénazification et de la traque des nazis.

Mon avis : Dans cette « enquête romancée », l’auteur dresse un portrait de l’un des plus grands criminels de l’humanité, jamais traduit devant la justice. Il livre ici une investigation minutieuse et fourmillante de détails, malgré d’inévitables zones d’ombres.

J’ai eu un peu de mal, au début de ma lecture, à m’y retrouver parmi l’abondance de personnages mais finalement l’intrigue se resserre sur l’entourage proche de Mengele. J’ai alors vraiment pu savourer ce récit.

Olivier Guez se glisse dans la tête malade de ce personnage abject, qui n’éprouve ni remords ni regrets, ne pensant qu’à assurer sa propre survie alors que les nazis sont pourchassés à travers le monde. L’horreur réside aussi dans cette absence de remise en question : Mengele, aveuglé par ses convictions venimeuses et mortifères, se perçoit comme une victime injustement persécutée.

La question de la culpabilité est finalement évoquée à travers Rolf, le fils de Mengele, qui peine à vivre avec le poids des crimes de son père sur la conscience.

Un récit édifiant et passionnant sur la cavale d’un monstre impuni ; prix Renaudot 2017!

Référence : « la disparition de Joseph Mengele » d’Olivier Guez, aux éditions du Livre de poche, 256 pages, 7,20€.

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Je suis Jeanne Hébuterne, Olivia Elkaim

 

En 2 mots : De 1916 à 1920, l’histoire vraie de la timide et réservée Jeanne Hébuterne, qui rencontra à 18 ans le peintre fantasque Amedeo Modigliani et en tomba follement amoureuse. Succombant à sa passion au point de se perdre elle-même, la jeune fille quitte sa famille pour s’installer et peindre aux côtés de son amant. Elle côtoie alors le tout Paris artistique et on croise au détour des pages Picasso, Blaise Cendrars, Erik Satie, etc.

Mais Modigliani a ses démons : la jeune fille sombre peu à peu et se délite dans cette vie bohème et de débauche.

L’héroïne, plutôt insignifiante au départ, se révèle finalement lorsqu’elle décide de s’émanciper de cette vie toute tracée qui lui tendait les bras avant sa rencontre avec le peintre. En brisant les carcans qui l’emprisonnait et l’asphyxiait, Jeanne devient alors un personnage tragique et romanesque d’une intensité folle qui aime à en perdre la raison.

Pour qui ? : Ceux qui apprécient les histoires d’amour et les passions destructrices et violentes.

Mon avis : J’ai été séduite par le destin de cette jeune fille qui succombe à sa passion au point de tout lui sacrifier, sa famille, sa réputation, sa santé, sa carrière. La force de l’amour absolu qu’elle porte à Modigliani est saisissante surtout lorsque l’on prend en compte la personnalité fragile et sensible de Jeanne. La descente aux enfers, véridique, de Jeanne m’a passionnée : comment cette jeune fille a-t-elle pu se déliter à ce point au nom de son amour pour Modigliani ?

L’atmosphère de débauche dans laquelle vivotent les protagonistes est très bien évoquée tout comme la dureté de la vie en temps de guerre.

Enfin, j’ai également été intriguée par la présence fantasmée et fantomatique du frère de Jeanne, André, parti se battre au front. Se dessine une relation malsaine entre le frère et la sœur lorsque Jeanne l’évoque dans son esprit comme une mauvaise conscience qui viendrait la tourmenter sans cesse.

Référence : « Je suis Jeanne Hébuterne » d’Olivia Elkaim, aux éditions Points/Stock, 216 pages, 6,80€.

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Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb

 

En 2 mots : Décortiquons déjà ce titre sympathique « les prénoms Epicènes » : cela désigne des prénoms pouvant être portés aussi bien par le genre masculin que féminin, par exemple : Claude ou Dominique, noms des personnages principaux du roman !

Et de fait, nous assistons à la mise en place du plan machiavélique de Claude qui décide de se construire une vie parfaite pour prouver à son premier amour qu’elle a eu tord de le quitter et la convaincre ainsi de se remettre avec lui. Cet homme calculateur échafaude alors sa vengeance : il mène une brillante carrière à Paris, séduit la naïve Dominique, emménage dans un quartier prestigieux, devient le père d’une petite fille baptisée Épicène. Mais son plan se grippe : mortifié par sa ressemblance avec cette petite fille qui pourrait le détourner de son but ultime, Claude lui voue une haine mortelle qui ne tarde pas à devenir réciproque.

Mon avis : « Tu appelles cela de l’amour, vouloir se venger de qui on a aimé ? Surtout quand on découvre la nature de ta vengeance ». Comme d’habitude chez Amélie Nothomb, l’originalité de l’histoire est bien présente avec cette incroyable vengeance planifiée de longue date. Mais c’était sans compter sur l’intelligence hors du commun de la fille de Claude, la brillante Épicène!

L’auteure décortique avec finesse la noirceur de cette relation père-fille, les deux se vouant une haine farouche presque dès les premiers instants et met en avant, par contraste, la complicité d’Épicène et de sa mère.

L’écriture est fluide et agréable mais, si l’histoire se révèle plaisante, elle n’a en revanche rien d’extraordinaire.

Référence : « Les prénoms épicènes » d’Amélie Nothomb, aux éditions Albin Michel, 162 pages, 17,50€.

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La vie automatique, Christian Oster

 

En 2 mots : Jean, la cinquantaine, gagne sa vie en jouant des petits rôles dans des séries B. Le jour où sa maison prend feu, une sorte de détachement s’empare alors de lui. Muni d’une valise contenant ses maigres possessions, il gagne Paris et se laisse porter par le court des événements. Il fait ainsi la connaissance, tout à fait par hasard, de France Rivière, une actrice célèbre dans les années 60, qui va le prendre sous son aile. Commence alors une étrange cohabitation…

Mon avis : Dans un style incisif qui va à l’essentiel, Christian Oster nous livre l’histoire d’un homme qui, suite à l’incendie de sa maison, se détache en quelque sorte de lui-même pour placer sa vie sur pilote automatique. Il se laisse ainsi porter par le courant et les événements au gré des rencontres qu’il fait.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteur traitait cette mise à distance de soi pour s’ancrer uniquement dans le présent, seule temporalité acceptable pour lui. Ayant fait table rase du passé et refusant de se projeter dans le futur, Jean vit l’instant présent avec spontanéité, se saisissant des opportunités qui se présentent à lui sans recul ni appréhension.

La réflexion sur le dédoublement, inhérent au métier d’acteur, est également très aboutie ; ici, elle apparait d’ailleurs salvatrice pour Jean qui trouve dans la fiction une échappatoire et un dérivatif à la vacuité de sa propre vie. Cependant, il finit par aller encore plus loin en endossant un troisième rôle, détaché de celui du comédien et de l’homme qui joue au comédien, dans une quête sans fin pour trouver un sens à sa vie.

Référence : «La vie automatique» de Christian Oster, aux Editions Points, 144 pages, 6€.

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Venise n’est pas en Italie, Ivan Calberac

 

En 2 mots : Emile a 15 ans et lorsque la fille sur laquelle il craque lui propose de venir assister au concert qu’elle donne à Venise pendant les vacances, il est prêt à tout pour ne pas manquer ça. Le voilà donc embarquer dans ce long périple à travers la France et l’Italie flanqué de ses parents, de son frère ainé et de la caravane familiale !

Débute alors un voyage rocambolesque semé d’embuches, de contretemps, jusqu’à la Sérénissime et son opéra : la Fenice !

Pour qui ? : Ceux qui ont apprécié le film « little miss sunshine », les amateurs de road trip / road book familiale.

Mon avis : lecture très rafraîchissante que ce road trip en famille raconté du point de vu d’Emile ! On vibre avec cet ado qui vit ses premiers émois, on compatit pour sa famille de doux dingues qui n’en rate pas une mais qui se révèle pourtant si attachante, on espère avec lui qu’il arrive à temps au concert de la jolie Pauline.

J’ai beaucoup apprécié le style très direct du roman : l’auteur parvient à se mettre dans la peau d’un ado de 15 ans et retranscrit à merveille ce trop plein d’émotions qui submerge et bouleverse à cet âge là. A la manière d’un journal intime, Emile s’exprime sans réserve et avec sensibilité pour retranscrire cette ambivalence de sentiments que l’on peut éprouver envers sa famille.

On vibre mais on rit aussi beaucoup des (mes)aventures de la famille Chamodot et de ses membres haut en couleurs !

Référence : « Venise n’est pas en Italie » d’Ivan Calberac, aux éditions du livre de poche, 320 pages, 7,60 €

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Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt

 

 

Arrêt en cours de route! 

En deux mots : sous forme de compte à rebours, une femme raconte sa passion amoureuse dévorante pour un homme croisé dans une brasserie. C’est le décompte jusqu’à ce que ce désir fou emporte tout sur son passage, la conduisant à renoncer à son mari et à ses enfants pour vivre cette romance.

Mon avis : lecture très pénible pour ma part ! J’ai été rapidement exaspérée par les états d’âmes de cette femme insatisfaite. Histoire d’une grande banalité qu’on tente de sublimer.

La succession pesante des descriptions du désir et des sentiments de cette femme m’a semblé mièvre et peu crédible et je me suis très vite lassée !

J’avais du mal à rester concentrer sur l’histoire et je devais sans cesse revenir en arrière pour relire des passages où j’avais décroché.

Peut être que cet élan de passion est décrit trop tôt au début du roman, alors que l’on vient à peine de faire connaissance avec l’héroïne.

Dérangeant aussi ces passages qui la placent en femme faible incapable de lutter contre le désir irrationnel qui la submerge lorsqu’elle réalise soudain qu’elle est insatisfaite de sa vie, simplement en observant un homme dans un bar !

Référence : « danser au bord de l’abime » de Grégoire Delacourt, au livre de poche, 288 pages, 7,30 €.

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Amélie Nothomb : les années japonaises

 

Métaphysique des tubes (2000) : roman autobiographique dans lequel Amélie Nothomb évoque sous forme de monologue les trois premières années de sa vie, passée dans la province du Kansai au Japon, où son père occupait un poste d’ambassadeur. Se qualifiant elle-même de « tube digestif passif» jusqu’à ses deux ans et demi, la petite fille livre ses réflexions pleines d’humour sur son entourage et son statut d’enfant grandissant au Japon. « Métaphysique des tubes », 160 pages, 5,60€.

Stupeur et tremblements (1999) : On retrouve Amélie, devenue une jeune femme, en 1990 lorsque elle débute comme interprète dans la compagnie japonaise Yumimoto. Les débuts dans le monde du travail nippon ne sont pas aisés pour la jeune fille qui, à force d’humiliations et de remontrances, descendra tout en bas de l’échelle hiérarchique pour terminer au poste de « dame pipi » ! Ce roman apporte un éclairage édifiant sur la mentalité japonaise au travail, attendant la perfection et l’irréprochabilité de ses employés. Roman récompensé par le grand prix du roman de l’Académie française. « Stupeur et tremblements », 186 pages, 6,20€.

Ni d’Eve ni d’Adam (2007) : l’intrigue se déroule au même moment que « stupeur et tremblements » mais la romancière se focalise ici sur sa vie amoureuse avec son fiancé nippon, Rinri. En prime, le récit de l’ascension du Mont Fudji, mythique pour les japonais. « Ni d’Eve ni d’Adam », 192 pages, 6,10€.

La nostalgie heureuse (2013) : A l’occasion d’un reportage, Amélie Nothomb retourne au Japon sur les traces de ses souvenirs d’enfance. On y croise Rinri, le fiancé de « ni d’Eve ni d’Adam » ainsi que Nishio-san, la nounou japonaise de « métaphysique des tubes ». « La nostalgie heureuse », 160 pages, 6,40€.

Le petit + : son dernier roman « les prénoms épicènes » paraîtra le 22 août 2018 aux Editions Albin Michel.

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Roland est mort, Nicolas Robin

 

En 2 mots : Tout commence lorsque une voisine sonne à la porte du narrateur pour lui annoncer le décès de Roland, son voisin. Peu concerné par la nouvelle, le héros voit pourtant sa vie chamboulé lorsque il hérite de Mireille, le caniche de Roland, au motif qu’il était paradoxalement la personne la plus proche de lui – ce qui est vrai géographiquement parlant. Cet homme quelque peu désenchanté, qui crève de solitude à 40 ans, va alors réalisé que, oui, Roland est mort et qu’il n’a certainement pas envie de finir comme lui, dans l’indifférence générale.

C’est précisément ce décès qui va relancer la vie du narrateur, lui ouvrir les yeux, pour qu’il ne connaisse pas le même destin tragique que son voisin de palier.

Pour qui ? : Ceux qui aiment rire, les adeptes de l’humour noir.

Mon avis : C’est extrêmement drôle, avec un humour grinçant qui m’a fait pleurer de rire à certains passages !

Le style est percutant, incisif avec des phrases courtes qui claquent !

Au-delà du comique de situation, c’est également la froide indifférence de notre société actuelle qui apparait en toile de fond. L’auteur met ainsi à l’honneur, via le personnage de Roland, ces anonymes esseulés auxquels on ne prête pas attention.

C’est l’histoire de deux solitudes qui se côtoyaient sur le même palier sans jamais faire un pas l’une vers l’autre. Le destin de Roland figurant comme un aperçu du futur qui se profile pour le narrateur s’il ne change rien à sa vie…

Référence : « Roland est mort » de Nicolas Robin, aux éditions du Livre de poche, 224 pages, 7,10 €.