Non classé·Romans français

Je voudrais tout prendre d’elle, Cécile de Ménibus

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En 2 mots : une famille française où l’histoire de Catherine, aujourd’hui âgée de près de 70 ans, qui se penche sur ses souvenirs à l’occasion d’un voyage effectué avec sa fille, Constance. Toutes deux se retrouvent pour un périple à destination de l’île bretonne d’Ouessant afin d’y faire le deuil de Sylvie, leur fille et sœur. Ce pèlerinage sera l’occasion pour Catherine de faire son introspection en se retournant sur sa vie, houleuse. Une destinée marquée dès l’adolescence par une fugue du château familial, devenu irrespirable car trop hostile, froid et violent. Ayant trouvé refuge à Paris, Catherine trouve finalement un emploi, à la campagne, dans une petite ferme. Là, elle fait la connaissance d’Etienne ; l’heure est alors aux premiers émois avant que se succèdent désillusions et chagrins, de manière implacable… La naissance de ses enfants tant aimés apportera néanmoins la lumière dans son existence.

Mon avis : Ce roman traîne derrière lui une douce vague de mélancolie. Le thème du deuil flotte ainsi en creux, effleurant les personnages comme une présence constante, impossible à oublier. Celle de la grande absente, Sylvie, mais aussi celle plus ancienne du petit Thierry, dont la disparition tragique a marquée l’héroïne au fer blanc.

J’ai aimé l’idée de ce duo qui s’épaule pour essayer d’endiguer leur souffrance. Cette mère et cette fille, unies dans leur chagrin, qui décident d’accomplir un voyage afin de rendre hommage à leur chère disparue, en espérant un peu soulager leur fardeau. J’ai trouvé belle cette démarche de Constance qui tente d' »alléger son chagrin et [de] lui procurer la paix intérieure dont a besoin sa courageuse, sa si belle maman. Pour que tout rentre dans l’ordre sereinement.« 

Certains passages, entre Catherine et sa mère notamment, sont effroyables de cruauté. La vie de château fait ici froid dans le dos et la situation familiale de Catherine évoque plutôt celle de Cosette ou de Cendrillon, tant sa mère se montre sans cœur et méprisante envers elle. Ces interludes sont heureusement contrebalancés par ses relations avec ses propres enfants, qui prennent le contre-pied de toute cette haine et de cette rancœur. Le roman souligne ainsi que l’on peut faire fi du passé en évitant de reproduire les comportements abjects subis en étant enfant. Cette relation passionnelle qui unie Catherine à ses enfants irrigue le roman avec force, martelant ainsi le pouvoir inconditionnel de l’amour maternel.

Le texte, plutôt court, se lit facilement mais je n’ai pas été séduite par l’écriture et certaines tournures de phrases que j’ai trouvé un peu « vieillottes ». Au bout du compte, l’histoire de cette vie, marquée par les drames et les joies de l’existence, est somme toute plutôt convenue.

En bref, un roman poignant qui ébranle le lecteur mais qui manque de cette touche d’originalité qui aurait pu le rendre vraiment marquant…

Références : « Je voudrais tout prendre d’elle« , Cécile de Ménibus, aux éditions Charleston. Sortie prévue le 13 octobre 2020.

Non classé·Romans français

Laissez-nous la nuit, Pauline Clavière

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En 2 mots : Inspiré d’une histoire vraie, le roman raconte la descente aux enfers de Max, incarcéré du jour au lendemain pour une sombre histoire de facture non acquittée. La chute de ce quinquagénaire, incroyable et imprévisible, le précipite dans un microcosme sordide. Ce « Monsieur tout le monde », sonné par l’absurdité de ce qui lui arrive, doit rapidement apprendre à maîtriser les codes de son nouvel univers s’il veut survivre. Dans ce monde glauquissime, fait de violence, d’interdits et de privations, il apprend à savourer les plus infimes plaisirs : « un peu de silence, du café, une cigarette « .

Mon avis : J’ai lu ce texte petit à petit tant le sujet peut vite se révéler lourd à digérer. C’est un roman que l’on avance un peu à la manière d’une série tv, en regardant un épisode puis en faisant une pause avant de reprendre le fil le lendemain.

Ce qui m’a tout particulièrement marqué dans cette histoire c’est de pouvoir passer de l’autre côté, d’envisager et de vivre la prison du point de vue de ceux qui la côtoient au quotidien et de la manière la plus intime : les détenus. Ce roman humanise ces hommes, dans le sens où il les rend palpables en mettant en lumière leurs individualités. Ici, ce sont des noms, mais surtout des histoires et des trajectoires de vie que l’on découvre ; certaines se révèlent glaçantes, d’autres touchantes mais l’on évite le côté caricatural grâce à des personnages tout en nuances. Je pense notamment à Marcos, le compagnon de cellule de Max, grande gueule accro à l’alcool et aux stupéfiants mais dont le côté bourru inspire la sympathie.

La prison est ici décrite comme une machine implacable qui broie ses occupants pour mieux les asservir. Pauline Clavière décrit ainsi avec minutie ce glissement lent et insidieux qui guette tous les nouveaux arrivants, les modelant alors de manière insidieuse : les caractères, le langage, la posture se modifient pour coller au standing de la prison. L’omniprésence de la violence et des trafics, ce régime de domination des plus forts, qui flairent la faiblesse et l’exploitent jusqu’à plus soif, est remarquablement  bien décrit. En creux se dessine ainsi la critique d’un système devenu archaïque, court-circuité par les absurdités et les contradictions qui le gangrène.

Ce roman offre aussi une galerie de personnages variées, qu’ils soient au premier plan où qu’il ne traverse le récit que fugacement. L’aumonier, la médecin, certains surveillants apportent un peu d’humanité à ce lieu. Eux ne se résignent pas et continuent à lutter pour conserver leur part d’humanité et ne pas se laisser aspirer dans ce gouffre, ce puit sans fond qu’est la prison. Et bien sûr il y’a aussi la question des proches, ceux qui attendent à l’extérieur, s’éloignant de celui devenu un pestiféré ou au contraire jetant ses forces dans une bataille impossible contre un système judiciaire qui ne veut pas voir ses propres faiblesses.

Un texte édifiant, fort et suffisamment lumineux pour transpercer la noirceur du milieu carcéral.

Références : « Laissez-nous la nuit« , Pauline Clavière, aux éditions Grasset, 624 pages, 21,50€.

Feel Good·Non classé

Ces héros qui ratent leur vie pour que tu réussisses la tienne, Marianne Levy

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En 2 mots : Le premier livre de série-thérapie qui dissèque nos feuilletons cultes en les associant à des principes de vie, des buts à atteindre ou encore des conseils bien-être !
Un exemple : pour développer sa misanthropie -> regarder Grey’s afin de s’inspirer du docteur Cristina Yang! Le tout suivi d’une petite explication bien marrante expliquant pourquoi cette série correspond bien à ce mantra ! Au niveau du contenu, pas mal de choix, avec des séries actuelles ou plus anciennes : Game of thrones, Friends, House of Cards ou encore Homeland sont présentes.

Mon avis : Fun et rafraîchissant, ce petit guide pratique se savoure avec gourmandise. On peut le consulter en sélectionnant selon ses séries favorites ou en fonction des préoccupations du moment (une belle-mère qui pète une pile ou un patron particulièrement lourd par exemple).

Le petit plus réside dans cette idée originale de Marianne Levy : rédiger son billet sous forme de lettre, adressée au personnage clé de la série évoquée. Le tout avec une bonne dose d’humour et de second degré! Au bout du compte, on apprend pas grand chose, mais ça diverti de manière sympathique d’en feuilleter quelques pages à l’occasion.

En bref, les fans de séries TV apprécieront!

Références : « Ces héros qui ratent leur vie pour que tu réussisses la tienne« , Marianne Levy, aux éditions Pygmalion, 320 pages, 17€.

Feel Good·Non classé

Le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby

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En 2 mots : Lorsque Brune, lassée d’attendre en vain le grand amour, décide de faire un bébé toute seule, elle peut compter sur le soutien indéfectible de Justine, sa meilleure amie et militante vegan au grand cœur. Ni une ni deux, les voilà parties pour le Danemark, bien décidées à trouver le père idéal dans une clinique spécialisée dans le don de sperme. Avant ça, elles s’accordent quelques jours de tourisme à Copenhague, histoire de prendre le pouls du pays. Une escale marquée par de belles et insolites rencontres qui pourraient peut-être, qui sait, faire revenir Brune sur sa décision.

Mon avis : Quel plaisir de retrouver la plume malicieuse et pétillante de Zoé Brisby! Comme ce fut le cas avec son précédent roman, je suis immédiatement entrée dans l’histoire, qui démarre d’ailleurs au quart de tour!

Le désir de devenir mère est traité ici par le biais de l’humour, avec la menace de la fameuse horloge biologique, supplice bien connu des trentenaires célibataires(!) Il y’a d’ailleurs un peu de Bridget Jones dans ces deux copines gaffeuses et attachantes! Du coup, c’est frais et drôle, sans cette gravité pesante que l’on peut parfois trouver dans des romans abordant un thème similaire.

Au delà de la quête du géniteur parfait, c’est aussi une très belle histoire d’amitié que nous offre ce duo de copines. Leur périple évolue peu à peu en une sorte de voyage initiatique, parsemé de remises en question et de prises de conscience, le tout dans l’atmosphère chaleureuse de Copenhague!

J’ai trouvé que c’était bien écrit, intelligent, drôle et pertinent. Surtout, l’histoire s’inscrit dans l’air du temps en faisant la part belle aux trentenaires indépendantes, sûre d’elles et de leurs idées, bien décidées à saisir la vie à bras le corps.

Un vrai bol d’air frais au pays du hygge 😊!

Références : « Le syndrome de l’hippocampe« , Zoé Brisby, aux éditions Mazarine, 384 pages, 18€.

Non classé·Romans français

L’énigme de la chambre 622, Joël Dicker

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En 2 mots : À Genève, la banque Ebezner est le théâtre d’un incroyable jeu de dupes. L’enjeu ? Rien de moins que le siège de président, normalement dévolu à Macaire Ebezner, unique héritier de la famille. Mais ses mauvais résultats, doublé d’un tempérament désordonné et négligeant pourrait bien le mettre sur la touche, éclipsé par son flamboyant collègue, Lev Levovitch, véritable prodige de la finance. Dès le début, on comprend que l’un des pontes de la banque sera la victime d’un meurtre, commis dans la chambre 622 d’un palace de Verbier. Mais on ignore de qui il s’agit… (jusqu’à ce que débute la seconde partie!) Des années plus tard, l’auteur lui-même reprend le fil de cette énigme, bien décidé à faire la lumière sur cette étrange affaire et, pourquoi pas, trouver là matière à la rédaction d’un nouveau roman.

Mon avis : Un roman qui suscite la controverse mais que moi j’ai passionnément aimé! Un peu déçue par son précédent ouvrage « La disparition de Stéphanie Mailer« , j’ai enfin retrouvé ce suspens de folie et cette explosion d’émotion que j’avais ressenti en lisant le cultissime « La vérité sur l’affaire Harry Quebert« !

Alors certes, il y’a des défauts – l’hommage à Bernard de Fallois qui vient parfois comme un cheveu sur la soupe, des personnages caricaturaux ou des rebondissements un peu rocambolesques – mais qu’importe tant j’ai pris plaisir à lire ce roman, littéralement scotchée par l’intrigue. C’est véritablement à la moitié que l’histoire s’emballe, devenant tellement dingue à mesure que la tension va crescendo : je n’ai pas pu le lâcher!

Joël Dicker livre ici un roman dense, complet, d’une richesse incroyable : à la fois polar, roman d’espionnage ou encore histoire d’amour.  Servi par une trame scénaristique efficace, le roman nous plonge dans un incroyable jeu de dupes dans lequel on ne sait pas qui manipule qui ni qui mène vraiment le jeu. De fait, il y’a tellement de possibilités (qui est la victime puis qui est le meurtrier), qu’il est tout bonnement impossible de deviner la fin! Surtout, la solution de Joël Dicker est tellement inattendue – coup de chapeau pour l’incroyable révélation qui surgie au 2e tiers du roman et qui m’a littéralement fait tomber de ma chaise (je ne m’en suis pas encore remise!!) Une fois sa bombe lâchée, quel feu d’artifice!

La trame narrative est fluide, malgré de fréquents allers-retours dans le passé, il y’a suffisamment de repères temporaux pour ne pas perdre le fil. Tous les personnages sont importants et détiennent un élément clé du dénouement final. Leurs révélations progressives finissent ainsi par apporter la lumière sur cette affaire complexe, le passé venant éclairer le présent. La fin est à la hauteur des attentes, répondant à toutes les questions que l’on peut se poser à la lecture du roman, dispersant toutes les zones d’ombre.

L’écriture, très cinématographique, se prêterait bien à mon sens à une adaptation sur petit ou grand écran. En tout cas je croise les doigts!

Références : « L’énigme de la chambre 622« , aux éditions De Fallois, 576 pages, 23€.

Non classé·Romans français

Le peintre du dimanche, David Zaoui

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En 2 mots : David Zaoui croque ici le portrait d’Alfredo Scali, un jeune aspirant peintre ayant pour ambition d’immortaliser sur ses toiles les rêves et l’inconscient des animaux, leurs désirs secrets. Un thème déjanté qui peine à trouver son public jusqu’au jour où le jeune homme recueille Schmidt, une petite femelle capucin, ex-animal thérapeutique de sa grand-mère, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Plus qu’un animal de compagnie, le petit singe se révèle être une formidable compagne de vie pour le jeune Alfredo qui végète dans sa triste banlieue. Schmidt, dotée d’une remarquable intelligence, console et comble ainsi la solitude du jeune homme, avec toute sa douceur, sa sensibilité et sa drôlerie. Lorsqu’elle se met elle même à prendre les pinceaux et à composer des toiles somptueuses, Alfredo entrevoit enfin l’espoir d’un avenir meilleur et, surtout, la fin de sa longue relation chaotique avec son conseiller pôle emploi!

Mon avis : Alerte coup de cœur pour ce roman qui mêle humour, originalité et tendresse! J’ai vraiment adoré dès les premières lignes, totalement séduite par le ton de l’auteur et surtout conquise de trouver enfin un roman à la fois drôle et intelligent! C’est bien simple on éclate de rire presque à chaque page, à la lecture des pitreries de Schmidt, qui affectionne notamment les déguisements et le feuilleton « Starsky et Hutch » (mais sans Hutch!), ou encore avec les énormités que sort la grand-mère d Alfredo.

Coup de cœur également pour cette galerie de personnages qui traverse le roman, à la fois loufoques et tendres, touchants de par leur fêlures. Ces êtres atypiques et cabossés, avec leur fantaisie et leur philosophie de vie, illuminent les pages de ce roman, lui apportant profondeur et luminosité. Tous traînent en effet leurs problèmes et leur mal-être dans un Paris qui n’ouvre que difficilement ses portes aux êtres en marges de la société. Qu’importe, ils se font leur place, à leur manière.

Que le lecteur qui hésiterait se rassure : c’est un peu déjanté mais sans jamais déraper dans la lourdeur. Cela flirte avec le grotesque, l’absurde et le burlesque mais avec une telle bienveillance que ça fonctionne. Les personnages, révélés sous des jours parfois peu flatteurs, ne sont jamais ridicules mais au contraire profondément humain.

En bref, un livre qui fait vraiment du bien, décontracté, malicieux et, surtout, qui ne se prend pas au sérieux : un vrai bol d’air frais!

Références : « Le peintre du dimanche« , David Zaoui, aux éditions du Livre de poche, 288 pages, 7,40€.

Feel Good·Non classé

Et nous danserons sous les flocons, Clarisse Sabard

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En 2 mots : Quittée soudainement par son mari, Valentine retourne vivre dans son village natal de Vallenot, dans les Alpes de Haute-Provence. Là, proche de ses parents et de la nature, elle se consacre à son poste d’institutrice remplaçante dans l’école du village et entreprend petit à petit de panser ses plaies au contact des habitants chaleureux et accueillants. L’ambiance de noël aidant, Valentine reprend peu à peu du poil de la bête, fait de nouvelles connaissances et se met en tête de résoudre un mystère familiale en fouillant les affaires de sa grand-mère décédée, bien décidée à découvrir l’identité de son grand-père, jusque là restée inconnu.

Mon avis : J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette histoire, à me laisser glisser dans cette belle atmosphère d’hiver où les pages regorgent de jolis moments qu’on aimerait partager avec les personnages. Dans ce roman, la joie est presque palpable tant il donne envie de cultiver les petits plaisirs tout simple : du pain d’épices, un bon chocolat chaud, des chants de noël, etc. tous ces petits moments qui réchauffent le cœur et font du bien! En ce sens, c’est le cadeau idéal à (se) faire pour se rebooster et entrer doucement dans cette jolie période des fêtes de fin d’année!

J’aime toujours autant le style de Clarisse Sabard, si chaleureux et naturel. C’est très bien écrit, ce qui permet à l’atmosphère de noël de se déployer allègrement, sans tomber dans la mièvrerie. Au delà d’une simple romance de noël, le personnage de Valentine m’a touché. Cette femme courageuse, qui parvient à se reconstruire après toute une vie sous la coupe de son mari, m’a ému. Tournée vers les autres, dévouée et chaleureuse, elle se révèle également très drôle. Son côté gaffeuse m’a ainsi beaucoup amusé, au point de me faire plusieurs fois éclater de rire tant sa maladresse est légendaire! De plus, j’ai trouvé que c’était une très bonne idée de nous emmener à nouveau dans le petit village de montagne de Vallenot, pour y rencontrer de nouveaux personnages mais aussi retrouver les anciens découverts, dans « La vie est belle et drôle à la fois« . Un joli clin d’œil.

En bref, Clarisse Sabard est une véritable magicienne! Dès les premières lignes elle jette un sort à son lecteur qui, ensorcelé par l’histoire et les personnages, ne parvient plus à lâcher le roman! La meilleure conteuse d’histoire de noël, c’est bien elle!

Références : « Et nous danserons sous les flocons« , Clarisse Sabard, aux éditions Charleston, 384 pages, 19€. Sortie prévue le 13/10/2020.

Feel Good·Non classé

Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi

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En 2 mots : Le roman suit deux histoires en parallèle : Elise, qui se retrouve seule après avoir élevé ces deux enfants devenus adultes et Lily, hospitalisée au service de néonatalogie avec sa petite fille, née grande prématurée. Deux visions de la maternité – thème de prédilection de ce roman – qui met donc en avant l’amour  inconditionnel d’une mère pour ses enfants, qu’ils aient quelques semaines ou une vingtaine d’années.

Mon avis : Dur dur d’avouer que je n’ai pas beaucoup aimé ce roman – pourtant encensé par tant d’autres lecteurs – mais c’est pourtant vrai, je suis passée complètement à côté. Je suis restée en rade, regardant toute cette histoire de loin, sans jamais vraiment réussir à entrer dedans. Non pour moi c’était juste trop : trop larmoyant, trop mièvre, trop niais, trop intrusif, glorifiant la maternité à tout va, bref too much

Très honnêtement, si j’ai eu du mal à aller au bout de ce roman c’est essentiellement car son thème ne me convenait pas. Cela arrive parfois, la rencontre, la magie n’a pas opérée ce coup-ci… Cette omniprésence du thème de la maternité, cette maman poule dégoulinante qui ne se réalise que via son rôle de mère et se retrouve désœuvrée une fois que ces grands enfants quittent la maison, franchement je n’en pouvais plus! Bien loin de ressentir l’émotion promise et tant attendue, j’ai surtout éprouvé de l’agacement et de la gêne. De l’agacement envers Elise – envahissante et oppressante – et de la gêne pour Lily, qui se met autant à nu, beaucoup trop pour moi! Je ne me suis pas faite non plus au style, trop dans l’épanchement.

Il y’a néanmoins des choses que j’ai aimé : les personnages secondaires, l’entraide et l’empathie qui règnent au service de néonat, la fin du roman – qui m’a enfin procuré de l’émotion (!). En résumé, j’ai aimé tout ce qui s’éloignait des deux héroïnes qui, elles, ne m’ont pas touché…

En bref, je suis passée à côté de ce roman qui n’a pas fonctionné avec moi. La faute sans doute à un thème qui ne me passionne pas et à des héroïnes auxquelles j’ai peiné à m’identifier. Néanmoins le roman reste agréable à lire, bien écrit et trouvera sans aucun doute des échos positifs auprès de bien d’autres lecteurs.

Références : « Et que ne durent que les moments doux« , Virginie Grimaldi, aux éditions Fayard, 360 pages, 18,50€.

Feel Good·Non classé

Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver, Sonia Dagotor

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En 2 mots : 3 femmes, 3 générations, 3 points de vue. Faites connaissance avec Liliane (la grand-mère), Catherine (la mère) et Justine (la fille), vous ne le regretterez pas tant ce trio s’est révélé attachant et émouvant! Voyez donc : Justine est en couple avec Benjamin mais ce dernier est un vrai goujat que mamie Liliane aimerait bien faire décamper à coups de pied au derrière! D’ailleurs, afin d’ouvrir les yeux à sa petite-fille, elle se met à lui faire des confidences sur ce qu’est vraiment le grand amour en lui parlant de Charles, un homme qu’elle a follement aimé dans les années 50. Quant à Catherine, elle s’ennuie dans sa vie plan plan avec ses enfants qui sont grands et son mari qui ne la regarde plus. Du coup, elle se laisserait bien tenter par Pierre, son jeune collègue qui la regarde d’un air gourmand. Tout un programme et la promesse de moult rebondissements pour la petite famille!

Mon avis : Même si j’ai eu un peu de mal à m’habituer à la structure du texte qui alterne sans cesse entre les points de vue des trois personnages principaux, j’ai adoré ce roman! Bien que les liens familiaux entre Liliane, Catherine et Justine soient très étroits et que leurs vies se mêlent, chacune des femmes développe également sa propre histoire, avec sa propre tonalité. J’ai notamment beaucoup aimé la trame autour de Liliane qui part à la recherche de son amour de jeunesse dont elle n’a plus de nouvelles depuis 1958 ainsi que celle de Catherine, en proie à une irrésistible attirance pour son jeune et séduisant collègue.

La relation grand-mère / petite-fille est particulièrement belle ; Liliane et Justine se font confiance, se confient et prennent soin l’une de l’autre d’une manière touchante. Leur entente mutuelle, teintée de confidences, de petits plats et de « dépatouillage » avec les nouvelles technologies apportent également beaucoup d’humour au roman. Car oui, il faut le souligner, c’est très drôle! Sonia Dagotor nous livre des personnages très « nature » et qui ne se prennent pas au sérieux. Loin d’être parfaits, ils commettent des erreurs et cèdent à leurs travers pour le plus grand plaisir du lecteur mais ils sont aussi emplis d’humanité et prompts à se remettre en question et à pardonner. J’ai passé un très bon moment de lecture à leurs côtés, d’autant que certaines des intrigues restent indéfinies jusqu’à la fin et que j’avais hâte de savoir comment chacune des héroïnes allaient évoluer.

En bref, « Ceux qui s’aiment finissant toujours par se retrouver » a été très agréable à lire. L’écriture est fluide et le rythme enlevé grâce à la narration qui donne la parole tour à tour aux trois héroïnes, alternant les points de vue presque à chaque page.

Références : « Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver« , Sonia Dagotor, aux éditions du Cherche Midi, 272 pages, 16€.

Non classé·Policiers

La dame de Reykjavík, Ragnar Jonasson

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En 2 mots : A Reykjavík, Hulda Hermannsdóttir est proche de la retraite. Enquêtrice expérimentée, elle n’est pourtant pas prête à raccrocher pour embrasser une vie de jeune retraitée et, surtout, se retrouver seule avec elle-même et ses démons. Lorsque Magnus, son chef, la convoque pour lui signifier son départ en retraite forcée dans les 15 jours qui viennent, Hulda lui arrache une dernière faveur : lui permettre de rouvrir un dossier non résolu, histoire de finir sa carrière sur un succès. Cette dernière enquête, sous forme de compte-rebours, sera celle de la mort suspecte d’Elena, une jeune demandeuse d’asile russe, retrouvée morte dans une crique il y’a quelques mois. Convaincue que l’affaire a été bâclée par un collègue peu scrupuleux, Hulda jette ses dernières forces dans cette enquête de la dernière chance, en mémoire d’Elena.

Mon avis : Je trouvais que la série des enquêtes de Siglufjördur s’essoufflait un peu et je suis donc ravie de retrouver la plume de Ragnar Jonasson au service d’une nouvelle héroïne. Et quelle belle héroïne il nous offre là! Toutes en nuances et en contradictions, Hulda se révèle être un personnage tourmenté, solitaire, et cachant de sombres secrets! Elle m’a inspiré des sentiments ambivalents car, si elle possède des qualités admirables telles que le courage, la ténacité et l’empathie, elle est aussi très fragile, autocentrée et peu portée sur le travail en équipe. Je me suis néanmoins attachée à elle, à cette héroïne si peu conventionnelle qui a déjà sa carrière derrière elle et qui a du mal à lâcher prise. On sent en elle un désir d’aller mieux et de faire table rase de ce passé douloureux qui lui colle à la peau et que l’on découvre au fil du roman, en même temps que la personnalité trouble de Hulda.

L’enquête est menée sur un rythme haletant, grâce à des chapitres très courts, alternant entre Hulda et le meurtrier, distillant ainsi des indices petit à petit. Les paysages du sud-est de l’Islande sont comme toujours omniprésents et confère au roman ce côté sauvage ainsi que cette atmosphère isolée de bout du monde qui fait froid dans le dos.

Coup de chapeau pour le final – incroyable, inattendu – que je n’avais absolument pas vu venir et qui m’a bluffé! Il est cependant amené de manière un peu trop brutal pour moi et j’aurai aimé en avoir un peu plus, voir s’éclairer davantage de zones d’ombre…

En bref, « La dame de Reykjavik » est un polar efficace, fluide, prenant mais un peu trop court à mon goût!

Références : « La dame de Reykjavik« , Ragnar Jonasson, aux éditions Points, 312 pages, 7,60€.