Feel Good·Non classé

Et nous danserons sous les flocons, Clarisse Sabard

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En 2 mots : Quittée soudainement par son mari, Valentine retourne vivre dans son village natal de Vallenot, dans les Alpes de Haute-Provence. Là, proche de ses parents et de la nature, elle se consacre à son poste d’institutrice remplaçante dans l’école du village et entreprend petit à petit de panser ses plaies au contact des habitants chaleureux et accueillants. L’ambiance de noël aidant, Valentine reprend peu à peu du poil de la bête, fait de nouvelles connaissances et se met en tête de résoudre un mystère familiale en fouillant les affaires de sa grand-mère décédée, bien décidée à découvrir l’identité de son grand-père, jusque là restée inconnu.

Mon avis : J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette histoire, à me laisser glisser dans cette belle atmosphère d’hiver où les pages regorgent de jolis moments qu’on aimerait partager avec les personnages. Dans ce roman, la joie est presque palpable tant il donne envie de cultiver les petits plaisirs tout simple : du pain d’épices, un bon chocolat chaud, des chants de noël, etc. tous ces petits moments qui réchauffent le cœur et font du bien! En ce sens, c’est le cadeau idéal à (se) faire pour se rebooster et entrer doucement dans cette jolie période des fêtes de fin d’année!

J’aime toujours autant le style de Clarisse Sabard, si chaleureux et naturel. C’est très bien écrit, ce qui permet à l’atmosphère de noël de se déployer allègrement, sans tomber dans la mièvrerie. Au delà d’une simple romance de noël, le personnage de Valentine m’a touché. Cette femme courageuse, qui parvient à se reconstruire après toute une vie sous la coupe de son mari, m’a ému. Tournée vers les autres, dévouée et chaleureuse, elle se révèle également très drôle. Son côté gaffeuse m’a ainsi beaucoup amusé, au point de me faire plusieurs fois éclater de rire tant sa maladresse est légendaire! De plus, j’ai trouvé que c’était une très bonne idée de nous emmener à nouveau dans le petit village de montagne de Vallenot, pour y rencontrer de nouveaux personnages mais aussi retrouver les anciens découverts, dans « La vie est belle et drôle à la fois« . Un joli clin d’œil.

En bref, Clarisse Sabard est une véritable magicienne! Dès les premières lignes elle jette un sort à son lecteur qui, ensorcelé par l’histoire et les personnages, ne parvient plus à lâcher le roman! La meilleure conteuse d’histoire de noël, c’est bien elle!

Références : « Et nous danserons sous les flocons« , Clarisse Sabard, aux éditions Charleston, 384 pages, 19€. Sortie prévue le 13/10/2020.

Feel Good·Non classé

Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi

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En 2 mots : Le roman suit deux histoires en parallèle : Elise, qui se retrouve seule après avoir élevé ces deux enfants devenus adultes et Lily, hospitalisée au service de néonatalogie avec sa petite fille, née grande prématurée. Deux visions de la maternité – thème de prédilection de ce roman – qui met donc en avant l’amour  inconditionnel d’une mère pour ses enfants, qu’ils aient quelques semaines ou une vingtaine d’années.

Mon avis : Dur dur d’avouer que je n’ai pas beaucoup aimé ce roman – pourtant encensé par tant d’autres lecteurs – mais c’est pourtant vrai, je suis passée complètement à côté. Je suis restée en rade, regardant toute cette histoire de loin, sans jamais vraiment réussir à entrer dedans. Non pour moi c’était juste trop : trop larmoyant, trop mièvre, trop niais, trop intrusif, glorifiant la maternité à tout va, bref too much

Très honnêtement, si j’ai eu du mal à aller au bout de ce roman c’est essentiellement car son thème ne me convenait pas. Cela arrive parfois, la rencontre, la magie n’a pas opérée ce coup-ci… Cette omniprésence du thème de la maternité, cette maman poule dégoulinante qui ne se réalise que via son rôle de mère et se retrouve désœuvrée une fois que ces grands enfants quittent la maison, franchement je n’en pouvais plus! Bien loin de ressentir l’émotion promise et tant attendue, j’ai surtout éprouvé de l’agacement et de la gêne. De l’agacement envers Elise – envahissante et oppressante – et de la gêne pour Lily, qui se met autant à nu, beaucoup trop pour moi! Je ne me suis pas faite non plus au style, trop dans l’épanchement.

Il y’a néanmoins des choses que j’ai aimé : les personnages secondaires, l’entraide et l’empathie qui règne au service de néonat, la fin du roman – qui m’a enfin procuré de l’émotion (!). En résumé, j’ai aimé tout ce qui s’éloignait des deux héroïnes qui, elles, ne m’ont pas touché…

En bref, je suis passée à côté de ce roman qui n’a pas fonctionné avec moi. La faute sans doute à un thème qui ne me passionne pas et à des héroïnes auxquelles j’ai peiné à m’identifier. Néanmoins le roman reste agréable à lire, bien écrit et trouvera sans aucun doute des échos positifs auprès de bien d’autres lecteurs.

Références : « Et que ne durent que les moments doux« , Virginie Grimaldi, aux éditions Fayard, 360 pages, 18,50€.

Feel Good·Non classé

Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver, Sonia Dagotor

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En 2 mots : 3 femmes, 3 générations, 3 points de vue. Faites connaissance avec Liliane (la grand-mère), Catherine (la mère) et Justine (la fille), vous ne le regretterez pas tant ce trio s’est révélé attachant et émouvant! Voyez donc : Justine est en couple avec Benjamin mais ce dernier est un vrai goujat que mamie Liliane aimerait bien faire décamper à coups de pied au derrière! D’ailleurs, afin d’ouvrir les yeux à sa petite-fille, elle se met à lui faire des confidences sur ce qu’est vraiment le grand amour en lui parlant de Charles, un homme qu’elle a follement aimé dans les années 50. Quant à Catherine, elle s’ennuie dans sa vie plan plan avec ses enfants qui sont grands et son mari qui ne la regarde plus. Du coup, elle se laisserait bien tenter par Pierre, son jeune collègue qui la regarde d’un air gourmand. Tout un programme et la promesse de moult rebondissements pour la petite famille!

Mon avis : Même si j’ai eu un peu de mal à m’habituer à la structure du texte qui alterne sans cesse entre les points de vue des trois personnages principaux, j’ai adoré ce roman! Bien que les liens familiaux entre Liliane, Catherine et Justine soient très étroits et que leurs vies se mêlent, chacune des femmes développe également sa propre histoire, avec sa propre tonalité. J’ai notamment beaucoup aimé la trame autour de Liliane qui part à la recherche de son amour de jeunesse dont elle n’a plus de nouvelles depuis 1958 ainsi que celle de Catherine, en proie à une irrésistible attirance pour son jeune et séduisant collègue.

La relation grand-mère / petite-fille est particulièrement belle ; Liliane et Justine se font confiance, se confient et prennent soin l’une de l’autre d’une manière touchante. Leur entente mutuelle, teintée de confidences, de petits plats et de « dépatouillage » avec les nouvelles technologies apportent également beaucoup d’humour au roman. Car oui, il faut le souligner, c’est très drôle! Sonia Dagotor nous livre des personnages très « nature » et qui ne se prennent pas au sérieux. Loin d’être parfaits, ils commettent des erreurs et cèdent à leurs travers pour le plus grand plaisir du lecteur mais ils sont aussi emplis d’humanité et prompts à se remettre en question et à pardonner. J’ai passé un très bon moment de lecture à leurs côtés, d’autant que certaines des intrigues restent indéfinies jusqu’à la fin et que j’avais hâte de savoir comment chacune des héroïnes allaient évoluer.

En bref, « Ceux qui s’aiment finissant toujours par se retrouver » a été très agréable à lire. L’écriture est fluide et le rythme enlevé grâce à la narration qui donne la parole tour à tour aux trois héroïnes, alternant les points de vue presque à chaque page.

Références : « Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver« , Sonia Dagotor, aux éditions du Cherche Midi, 272 pages, 16€.

Non classé·Policiers

La dame de Reykjavík, Ragnar Jonasson

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En 2 mots : A Reykjavík, Hulda Hermannsdóttir est proche de la retraite. Enquêtrice expérimentée, elle n’est pourtant pas prête à raccrocher pour embrasser une vie de jeune retraitée et, surtout, se retrouver seule avec elle-même et ses démons. Lorsque Magnus, son chef, la convoque pour lui signifier son départ en retraite forcée dans les 15 jours qui viennent, Hulda lui arrache une dernière faveur : lui permettre de rouvrir un dossier non résolu, histoire de finir sa carrière sur un succès. Cette dernière enquête, sous forme de compte-rebours, sera celle de la mort suspecte d’Elena, une jeune demandeuse d’asile russe, retrouvée morte dans une crique il y’a quelques mois. Convaincue que l’affaire a été bâclée par un collègue peu scrupuleux, Hulda jette ses dernières forces dans cette enquête de la dernière chance, en mémoire d’Elena.

Mon avis : Je trouvais que la série des enquêtes de Siglufjördur s’essoufflait un peu et je suis donc ravie de retrouver la plume de Ragnar Jonasson au service d’une nouvelle héroïne. Et quelle belle héroïne il nous offre là! Toutes en nuances et en contradictions, Hulda se révèle être un personnage tourmenté, solitaire, et cachant de sombres secrets! Elle m’a inspiré des sentiments ambivalents car, si elle possède des qualités admirables telles que le courage, la ténacité et l’empathie, elle est aussi très fragile, autocentrée et peu portée sur le travail en équipe. Je me suis néanmoins attachée à elle, à cette héroïne si peu conventionnelle qui a déjà sa carrière derrière elle et qui a du mal à lâcher prise. On sent en elle un désir d’aller mieux et de faire table rase de ce passé douloureux qui lui colle à la peau et que l’on découvre au fil du roman, en même temps que la personnalité trouble de Hulda.

L’enquête est menée sur un rythme haletant, grâce à des chapitres très courts, alternant entre Hulda et le meurtrier, distillant ainsi des indices petit à petit. Les paysages du sud-est de l’Islande sont comme toujours omniprésents et confère au roman ce côté sauvage ainsi que cette atmosphère isolée de bout du monde qui fait froid dans le dos.

Coup de chapeau pour le final – incroyable, inattendu – que je n’avais absolument pas vu venir et qui m’a bluffé! Il est cependant amené de manière un peu trop brutal pour moi et j’aurai aimé en avoir un peu plus, voir s’éclairer davantage de zones d’ombre…

En bref, « La dame de Reykjavik » est un polar efficace, fluide, prenant mais un peu trop court à mon goût!

Références : « La dame de Reykjavik« , Ragnar Jonasson, aux éditions Points, 312 pages, 7,60€.

Non classé·Romans étrangers

La belle de Jérusalem, Sarit Yishai-Levi

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En 2 mots : A Jérusalem, dans la famille Hermosa, ce sont les femmes qui tiennent le premier rôle auprès de Gabriel, le patriarche. Autour de lui gravitent ainsi ces trois filles, sa mère Mercada, une femme aigre et cruelle, ainsi que sa femme, Rosa, effacée et peu éduquée. « La belle de Jérusalem » s’attache à suivre la vie des membres de ce clan de juifs espagnols tout au long du XXe siècle. La famille traversera ainsi l’occupation britannique, la seconde guerre mondiale, la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948 ainsi que la guerre civile entre arabes et juifs qui en découla. Dans cette ville mythique, sans cesse à feu et à sang au gré des tensions et des aléas géopolitiques, le clan Hermosa tente tant bien que mal de survivre et de s’adapter, déchiré entre le poids des traditions et l’aspiration à plus de modernité et de liberté souhaitée par les jeunes générations.

Mon avis : Une formidable saga familiale, intense et passionnelle! Bien que le roman puisse paraître interminable du fait de ces longs chapitres (en moyenne 70 pages!), je me suis passionnée pour l’histoire tourmentée de cette famille. Luna, l’aînée des filles de Gabriel, vive et indépendante, incarne ainsi une héroïne moderne qui essaie de s’émanciper du poids des traditions en acceptant un emploi, à l’image de sa sœur cadette Rahelika, qui trouve sa voie en s’engageant dans une organisation clandestine qui lutte pour libérer Jérusalem des ingérences étrangères. Ces femmes fortes, élevées dans un pays instable, m’ont vraiment impressionné par leur courage et leur force : toutes apprennent à faire face, après avoir connu l’opulence, à une vie de privation où les dangers de la guerre et de la famine sont omniprésents. Elles font souffler un vent de liberté dans un roman où l’on sent à chaque page le poids du patriarcat et des traditions millénaires que l’on n’ose pas briser, quitte à rater sa vie. L’exemple de Gabriel, obligé d’épouser une femme qu’il n’aime pas, sur ordre de sa mère, est un parfait exemple de ce carcan des traditions qui broie et oppresse les individus déviants. Il traverse ainsi le roman éternellement malheureux, coupable d’avoir perdu son amour de jeunesse pour n’avoir pas oser défier sa mère. L’histoire semble, hélas! se répéter avec la génération suivante, faisant de Luna la nouvelle victime de cette malédiction des histoires d’amours malheureuses à laquelle semble vouer les membres du clan…

Le personnage de Rosa, plutôt taciturne, se révèle également très intéressant, tout en nuances. Malgré son manque d’éducation et son respect des traditions, elle n’hésite pas, dans l’ombre, à dévoiler une personnalité plutôt trouble et des pensées parfois choquantes.

Le féminisme est certes très peu présent dans ce roman qui apparaît, par bien des côtés comme profondément archaïque et intolérant, en décrivant le fonctionnement de la société de l’époque. J’ai néanmoins été frappée par l’incroyable solidarité qui règne dans le roman ; solidarité entre les membres de la famille Hermosa mais aussi entre tous les habitants de leur quartier qui forment une communauté soudée et très liée, dans les bons comme les mauvais moments. Cela reste un très beau roman de femmes ; des femmes lumineuses, indépendantes et courageuses, chacune à leur manière.

Coup de cœur également pour le style de Sarit Yishai-Levi, cette manière de mêler du judéo-espagnol au texte, a contribué à donner profondeur et authenticité à ce récit. J’ai trouvé le roman agréable à lire, fluide et bien rythmé. Malgré quelques allers-retours passé/présent au début du roman, le texte suit ensuite un rythme plus linéaire et chronologique.

J’ai adoré suivre cette famille sur quatre générations, les voire évoluer, vivre et aimer au fil de l’histoire tourmentée de Jérusalem, véritable héroïne du roman!

Références : « La belle de Jérusalem« , Sarit Yishai-Levi, aux éditions Charleston, 560 pages, 22,50€. Sortie prévue le 15/09/2020.

Feel Good

Les petites merveilles, Lena Walker

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En  2 mots : L’histoire d’Éva, jeune femme de 27 ans qui partage son temps entre la loge de concierge, qu’elle occupe avec sa maman, et son travail auprès du vieux Marcel, propriétaire de la librairie «Les mots dansent…». Lorsque Marcel, au bord de la faillite, est contraint de renvoyer sa petite protégée, Éva ne se laisse pas abattre (une fois n’est pas coutume) et accepte un travail de nounou à mi-temps dans les beaux quartiers parisiens. Devenue la baby-sitter attitrée d’Arthur, Rose et Louis, Éva relève la tête aux côtés de ces enfants en manque d’attention. Grâce à ce travail bien rémunéré, elle met de l’argent de côté et reprend son travail à temps partiel à la librairie, bien décidée à la relancer, même si Marcel n’y croit plus. Fourmillant d’idées, Éva est sur tous les fronts, quitte à s’oublier elle même en prenant trop soin des autres…

Mon avis :  j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce très joli roman de Lena Walker, lu quasiment d’une traite! C’est un roman pétillant et lumineux, servi par une héroïne au grand cœur. Éva m’a beaucoup touché, notamment de par ses fêlures qu’elle traînent depuis l’enfance – harcèlement scolaire, famille monoparentale, manque d’argent, anxiété et fortes crises d’angoisse. Heureusement, elle peut compter sur sa team de choc : Corinne, sa maman, Marcel, son patron, sans oublier sa meilleure amie Iris, toujours là pour la soutenir. Sous leur regard bienveillant, Éva ose enfin prendre des risques, quitte à rompre avec ses petites habitudes bien ancrées!

Sous ses apparences de feel good, le roman aborde également la question de la maternité vu à travers le prisme de différentes femmes. La mère courage qui élève seule sa fille, la femme carriériste qui ne trouve plus de temps pour sa famille ou la jeune femme en manque d’amour qui reporte toute son affection sur les enfants dont elle a la garde. Toutes ces femmes sont ainsi mises en lumière, avec leurs forces et leurs faiblesses, sans jugement. J’ai aimé ces différents angles dans le roman, cette façon de souligner que finalement, en matière d’enfant, rien n’est jamais simple et que chacun fait avec les moyens dont il dispose.

J’ai également apprécié la douceur qui se dégage de cette histoire, son humour et toutes les petites merveilles qui viennent agrémenter la vie, pourtant difficile, d’Éva et de ses proches.

En bref, une ode à l’optimisme et aux petits bonheurs du quotidien à savourer en cas de coups durs et, surtout, sans modération!

Références : « Les petites merveilles« , Lena Walker, aux éditions Michel Lafon, 286 pages, 18,95€.

Non classé·Romans étrangers

La sœur de l’ombre, Lucinda Riley

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En 2 mots : Star, l’énigmatique 3ème sœur de la famille d’Aplièse part elle aussi à la recherche de ses origines après le décès de son père adoptif, Pa Salt. Munie des précieux indices qu’il lui a laissé, la jeune femme fait la connaissance d’Orlando, un extravagant libraire de Kensington et tombe amoureuse de sa propriété de famille, High Weald, située dans le Kent. Aux côtés d’Orlando et de son frère Mouse, Star explore le passé de Flora MacNichol, une jeune aristocrate anglaise du début du XXe siècle, dont elle serait peut-être l’une des descendantes. Ce troisième tome entraîne le lecteur à travers la campagne anglaise et le Londres des années 1910, sous le règne d’Edouard VII, à la rencontre de certaines des figures les plus célèbres de l’époque, Beatrix Potter et Alice Keppel en tête.

Mon avis : ça commence à devenir redondant mais, encore une fois, j’ai adoré! Je dirais même que l’intrigue construite autour de Star est à ce jour ma préférée car elle contient tout ce qui me fait vibrer : Londres et la campagne anglaise, un manoir en ruine, l’aristocratie et la famille royale sans oublier l’amour des livres et de la littérature!

Star se révèle également être une héroïne sensible et particulièrement touchante, que j’ai pris plaisir à voir sortir de sa coquille. Constamment dans l’ombre de sa sœur CeCe depuis l’enfance, elle s’émancipe enfin de cette dernière pour construire une vie qui lui plait réellement, au cœur de la nature et des livres. J’ai été touchée par sa gentillesse et sa bonté, par sa discrétion et par son envie de vivre une vie toute simple, à la campagne. Toujours soucieuse des autres, la jeune femme prend soin des êtres qui lui sont chers et aspire à un bonheur simple, ce qui fait du bien vu le monde effréné dans lequel on vit.

Comme dans les tomes précédents, le récit contemporain alterne avec une héroïne du passé, Flora, qui nous plonge dans une histoire digne de Downton Abbey! L’adolescence préservée de la jeune fille qui s’épanouie dans la région des Lacs entourée de sa famille et de ses animaux avant d’être propulsée dans les milieux mondains de la haute société londonienne m’a tout simplement passionnée! Mêlant une nouvelle fois la petite et la grande histoire, Lucinda Riley imagine une intrigue captivante – voire royale! – et très immersive. La destinée romanesque de Flora réserve ainsi son lot de surprises et de rebondissements pour le plus grand plaisir du lecteur.

Enfin, comme dans les deux premiers tomes, l’immersion dans la culture du pays choisi est à nouveau un bonheur. Après le Brésil et la Norvège, l’intrigue se situe cette fois en Angleterre et, bien que moins exotique, j’ai beaucoup apprécié les descriptions des balades dans la nature au rythme des saisons, les soirées au coin du feu à déguster tasses de thé et petits plats préparés par Star, véritable fée du logis à High Weald. Toute cette atmosphère feutrée enveloppe la lecture d’une aura chaleureuse et cocooning que j’ai adoré. D’ailleurs, grâce à l’écriture très visuelle de Lucinda Riley, on s’imagine sans peine dans ce manoir !

Une lecture vraiment addictive car, malgré les presque 600 pages, ce tome 3 est passé à toute vitesse!

Références : « La sœur de l’ombre« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 589 pages, 19€.

Non classé·Romans français

La folie douce, Christine Jusanx

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En 2 mots : Juliette vit une histoire d’amour passionnelle avec Lucas, son amant depuis près d’un an. Follement éprise, la jeune femme ne touche plus terre en ce vendredi soir alors qu’elle se dirige vers la gare de Lyon, bien décidée à savourer l’escapade secrète qu’ils ont planifié dans le sud de la France. Les minutes passent, le train pour Montpellier entre en gare mais Lucas n’est pas là… Anxieuse, déboussolée, Juliette finit néanmoins par monter in extremis dans le train, complètement chamboulée par l’absence inexpliquée de Lucas. Cette escapade en solitaire, bien que douloureuse et subie, sera peut-être l’occasion pour Juliette de se remettre en question et de s’interroger sur ce qu’elle attend vraiment de la vie et des relations humaines…

Mon avis : Un texte lumineux, gorgé du soleil et de la chaleur du Sud de la France! Montpellier et Marseille offrent ainsi un cadre chaleureux et réconfortant aux errances de Juliette, si souvent déçue en amour. Les soirées d’été qui s’étirent, les promenades le long des calanques, les baignades dans la Méditerranée ainsi que l’accent chantant du sud enveloppent le roman d’une aura estivale irrésistible.

Juliette, cette jeune femme si attachante, m’a beaucoup inspiré, notamment de par sa capacité à faire face et à aller de l’avant, à profiter de la vie et de ses opportunités malgré sa déception, immense. L’attente de l’autre, le sentiment d’abandon, les espoirs déçus sont très bien retranscrits et l’on se prend à espérer, puis à relativiser et à s’apaiser, comme au diapason avec l’héroïne.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, cette folie douce et légère malgré la gravité. Il y’a de bien jolis passages, emplis de gaieté et d’insouciance, que j’ai particulièrement apprécié, même si le vague à l’âme n’est jamais loin. Juliette passe par des hauts et des bas mais le lecteur l’accompagne, presque comme s’il veillait sur elle, durant cette parenthèse. Le silence de son amant la contraint à une remise en question nécessaire et salutaire qui donne à réfléchir sur nos vies lancées à cent à l’heure, parfois dans des trajectoires bien éloignées de nos aspirations.

Un petit bémol cependant sur le fond avec un style que j’ai mis un peu de temps à apprivoiser. Je m’agaçais ainsi de ces phrases multipliant les synonymes, ces répétitions inutiles tant l’état d’esprit de Juliette était limpide et ne nécessitait pas autant de mots similaires pour le décrire. Un texte un peu plus épuré aurait gagné, selon moi, en légèreté.

En bref : une jolie lecture à savourer sous le soleil estival!

Références : « La folie douce« , Christine Jusanx, aux éditions Michel Lafon, 251 pages, 17,95€.

Non classé·Romans étrangers

La danse de Martha, Tom Saller

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En 2 mots : La vie de Martha Wetzlaff (1900-2001), jeune artiste originaire de la campagne polonaise, devenue étudiante au sein de la très controversée école d’art du Bauhaus. L’émulsion artistique, la montée du nazisme et l’éclatement de la seconde guerre mondiale propulseront cette jeune fille un peu perchée dans une existence tour à tour exaltante et terrifiante, jusqu’à sa disparition mystérieuse en 1945. Les souvenirs de la jeune fille refont finalement surface à New-York en 2001, lorsque son arrière petit-fils propose à la maison d’enchères Sotheby’s un carnet ayant appartenu à son aïeule et renfermant de véritables trésors, notamment des croquis et des esquisses de maîtres tels que Paul Klee ou Vassily Kandinsky…

Mon avis : Une plongée intéressante dans l’Allemagne des années 20, de la République de Weimar à l’apogée du courant artistique du Bauhaus. On y croise des figures célèbres, Paul Klee et Kandinsky en tête, tout en suivant les années d’études de la jeune Martha qui s’épanouie peu à peu dans cette école d’avant-garde. J’ai aimé suivre le destin de cette curieuse jeune fille, qui voit et entend des choses que les autres ne perçoivent pas. Sa sensibilité toute particulière la conduit ainsi à explorer différentes disciplines artistiques jusqu’à trouver sa voie : celle de la danse, de la mise en mouvement du corps pour traduire au mieux ses perceptions et ses ressentis.

Une petite dose de suspens bienvenue est également présente puisque l’on perd la trace de Martha à partir de 1945 et que l’on a de cesse de se demander ce qu’elle est devenue. L’intrigue parallèle de la vente aux enchères du carnet – pour près de 45 millions de dollars! – apporte elle aussi son lot de mystères et d’interrogations.

Si l’histoire m’a plu sur le fond, je déplore un peu la forme minimaliste du texte, avec ce style très sobre – presque austère – qui caractérise Tom Saller. Les phrases sont courtes, percutantes, presque télégraphiques mais perdent malheureusement en émotion…

Une lecture enrichissante, servie par une héroïne fantasque et courageuse en plein cœur du Bauhaus!

Références : « La danse de Martha« , Tom Saller, aux éditions Charleston, 256 pages, 22,50€. Sorti le 22 septembre 2020.

Non classé·Romans étrangers

La sœur de la tempête – Tome 2 « Ally », Lucinda Riley

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En  2 mots : L’histoire de la deuxième sœur d’Aplièse, Ally, passionnée de musique et de navigation. Après un premier tome qui m’avait fait voyager au Brésil, cette nouvelle histoire m’a entraîné dans un premier temps sous le soleil des îles grecques avant de m’embarquer vers les terres norvégiennes, à la recherche des origines nordiques d’Ally.

Mon avis : Quel plaisir de retrouver la plume de Lucinda Riley! Après avoir dévoré le tome 1 de la saga des « sept sœurs« , consacré à Maia, il me tardait de découvrir l’histoire d’Ally et je n’ai pas été du tout déçue, bien au contraire! J’ai à nouveau été totalement charmée par l’histoire, les personnages et les paysages des îles grecques aux  fjords norvégiens.

Ainsi, Lucinda Riley insuffle à nouveau le goût du voyage et de l’évasion à ses lecteurs en situant la majeure partie de son roman en Norvège, donnant irrépressiblement l’envie de faire ses bagages et de découvrir ce pays si authentique et préservé.

La musique classique tient également une grande place dans ce second tome puisque les origines d’Ally la conduisent à faire des recherches sur une grande famille de musiciens norvégiens, les Halvorsen, dont la jeune femme pourrait bien être l’une des descendantes. La deuxième sœur remonte alors le temps jusqu’en 1875 afin d’en apprendre plus sur ses ancêtres, Anna et Jens, respectivement chanteuse et musicien dans l’orchestre de Christiania, désormais connue sous le nom d’Oslo. Une enquête qui la mènera jusqu’en Allemagne, dans une ville de Leipzig gagnée par la montée du nazisme en 1936.

Encore une fois, la saga des « sept sœurs » se révèle vibrante d’émotion et de passion, avec des personnages mêlés à des événements historiques d’envergure qui les ancrent ainsi dans des histoires passionnantes et addictives. Dans le roman, la famille Halvorsen est ainsi étroitement liée à un personnage réel, le compositeur et pianiste norvégien Edvard Grieg, créateur de l’opéra « Peer Gynt« , dont on assiste à la naissance sur scène aux côtés des personnages. Histoire que l’on découvre lorsque le récit d’Ally est mis entre parenthèses au profit de celui d’Anna puis de son petit-fils, Pip.

En bref, une quête passionnante, sur plusieurs générations, qui m’a tenu en haleine tout du long.

Références : « La sœur de la tempête » – tome 2 « Ally« , Lucinda Riley, aux éditions Charleston / Livre de poche, 600 pages, 19€.