Policiers

Némésis, Agatha Christie

Le challenge « Je lis Agatha Christie » du mois de juin proposait comme thème : une intrigue ayant trait aux jardins! Connaissant la passion de Miss Marple pour le jardinage, c’est donc bien évidemment elle qui est à l’honneur ce mois-ci avec le roman « Némésis »!

Écrit en 1971, c’est un Agatha Christie tardif que j’ai découvert mais dans lequel notre demoiselle est toujours aussi pimpante et prompte à déterrer de vieilles affaires, même en faisant un banal voyage touristique à travers l’Angleterre à la découverte des demeures et jardins célèbres! Une excursion offerte par un vieil ami récemment décédé et qui n’est pas sans arrière pensée puisque, dans ses dernières volontés, Mr Rafiel prie expressément Miss Marple d’élucider pour lui un certain crime, ne lui fournissant pour tout indice que le seul mot de « Némésis ». La déesse de la vengeance et de la justice inspirera t-elle la vieille dame qui n’a pas son pareil pour sentir le mal et le faire sortir de son trou ?

J’ai lu très rapidement ce roman et je dois dire qu’il m’a davantage séduite que le précédent « une poignée de seigle« . Dans « Némésis », Miss Marple occupe clairement le devant de la scène et mène habilement les conversations pour faire toute la lumière sur un cold case. Avec son air de ne pas y toucher, elle parvient à tirer les fils de cette énigme bien mystérieuse tant elle semble orchestrée dans l’ombre par feu Mr Rafiel. J’ai bien aimé également l’originalité de cette excursion en bus à travers les plus belles demeures d’Angleterre, les participants formant de fait un petit groupe que l’on se prend à examiner à la loupe, à la recherche d’un potentiel criminel. Mais pas facile d’y voir claire tant la petite bande semble inoffensive, et pourtant, lorsqu’un « accident » sème le trouble, notre Némésis des temps modernes n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour que chacun reçoive ce qu’il mérite…

Références : « Némésis« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/Le livre de poche, 248 pages, 5,60€ .


Feel Good

Un souffle sur la main, Bruno Combes

En 2 mots : Lou est une working girl de choc! Agent immobilière à Paris, elle passe sa vie entre son travail et des rencontres éphémères avec des hommes mariés – son crédo sur les sites de rencontres. Un curieux passe temps qu’elle doit à une scène jamais oubliée lorsque, à l’âge de 16 ans, elle a surpris son père adoré en flagrant délit d’adultère. Depuis, elle ne s’est jamais autorisée à tomber amoureuse et se venge encore et encore en piégeant des hommes de passage dans des relations adultérines cruelles et passionnées. Son bol d’oxygène, elle se l’octroie chaque été lorsqu’elle retourne sur ses terres provençales en passant quelques semaines dans la résidence d’artistes de sa meilleure amie, Mélina. C’est là qu’elle fait la connaissance de Perceval, un musicien à la dérive aussi tourmenté qu’elle. Presque prête à fendre enfin un peu son armure, Lou est à nouveau propulsée en plein drame familial lorsque sa mère lui apprend une terrible nouvelle…

Mon avis : Encore une fois avec un roman de Bruno Combes, je me suis laissée totalement embarquée dès les premières pages! L’histoire de Lou est particulièrement riche en rebondissements et j’ai aimé la subtilité et les nuances que Bruno Combes a su donner à sa personnalité complexe. Sous ses abords de femme forte et indépendante, elle cache une sensibilité à fleur de peau et souffre de ne pas parvenir à lâcher, à rompre les défenses qui lui permettent de tenir depuis tant d’années. Il faudra un surcroit de drame et de souffrance pour qu’elle s’autorise enfin à craquer et à libérer sa parole et les émotions qu’elle gardait contenue en elle depuis bien trop longtemps. En ce sens, ce roman est un beau plaidoyer pour la libération de la parole, en soulignant à quel point les secrets et les non-dits peuvent être destructeurs.

C’est un roman dense, profondément humain et qui fait la part belle à l’amour et à l’amitié. Certes, le thème principal demeure les secrets de famille mais une belle place est donnée aux amis qui savent être présents tout au long de la vie. Que ce soit Roger, l’associé du père de Lou, Mélina l’amie fidèle depuis toujours ou les artistes de sa petite communauté qui ont su constituer au fil des ans comme une seconde famille pour la jeune femme, on se rend vraiment compte que les liens du sang ne sont définitivement pas tout. L’entraide, l’écoute et le partage sont des valeurs magnifiquement mises à l’honneur dans ce roman.

Malgré la gravité des sujets abordés, il se dégage une belle atmosphère de ce roman, notamment grâce à l’ambiance estival d’Avignon et de l’arrière pays provençal. On sentirait presque déjà l’été et la chaleur sur notre peau en lisant ces lignes!

Références : « Un souffle sur la main« , Bruno Combes, aux éditions Michel Lafon, 407 pages, 18,95€.

Policiers

Elma, Eva Björg Ægisdóttir

En 2 mots : Après une déception amoureuse, Elma quitte la brigade criminelle de Reykjavik pour un poste d’enquêtrice à Akranes, la ville de son enfance, située sur la côte ouest de l’Islande. Rapidement, sa petite vie tranquille est bouleversée par la découverte d’un corps de femme, abandonné au pied d’un vieux phare. La victime, elle-même native d’Akranes, avait fuit la ville et n’y avait semble t-il plus remis les pieds depuis son adolescence. Commence alors une enquête riche et palpitante pour faire toute la lumière sur le meurtre de cette jeune femme.

Mon avis : Une enquête qui s’inscrit dans la pure tradition du polar islandais! Pas très étonnant d’ailleurs lorsque l’on sait qu’Eva Björg Ægisdóttir est la lauréate du Blackbird Award, un prix crée par Ragnar Jónasson! J’y ai d’ailleurs retrouvé la patte du maître du polar islandais et beaucoup de similitudes avec la série Dark Iceland et son héros policier Ari Thór : petite communauté paisible et isolée du bord de mer où tout le monde se connait, aller-retours dans le passé, enquêtrice solitaire et tourmentée, etc. Les amateurs du genre retrouveront avec plaisir l’Islande, la rudesse de son climat et de ces paysages battus par le vent et les embruns, la sobriété des lieux et des personnages ainsi que ce petit côté léché qui fait tout le sel de ces polars nordiques!

L’histoire est fluide, prenante, les rebondissement savamment distillés. J’ai d’emblé bien accroché avec le personnage d’Elma, cette trentenaire qui trouve refuge dans sa ville natale et auprès de ses parents pour panser ses plaies. Son côté minimaliste et taiseuse m’a encore une fois évoqué Ari Thór, faisant d’elle, en quelque sorte, son pendant féminin. J’ai retrouvé avec plaisir également l’ambiance des petites commissariats de province où l’on fait le point autour d’un café et d’une assiette de biscuits, chacun évoquant les avancées de l’enquête et les pistes possibles. Le suspens est d’ailleurs au rendez-vous et m’a bien tenu en haleine jusqu’au bout!

Malgré un air de déjà-vu, une nouvelle héroïne est née et je la suivrai avec plaisir!

Références : « Elma« , Eva Björg Ægisdóttir, aux éditions de la Martinière, 400 pages, 21€.

Feel Good

Petits vices et gros défauts, Collectif

Petit dej en terrasse en bonne compagnie avec ce recueil sur le thème des 7 pêchés capitaux signé des éditions Charleston! ! 7 romancières prennent leur plume pour proposer une nouvelle illustrant ces thèmes universels : la paresse, la colère, l’avarice, la gourmandise, l’orgueil, l’envie et la luxure. On y retrouve avec plaisir Agathe Ruga, Gaëlle Josse, Marie Sellier, Ariane Bois, Delphine Bertholon, Sophie Carquain et Dominique Dyens! Elles n’ont d’ailleurs pas leur pareil pour épingler les petits travers de l’âme humaine et pousser leurs héros – ainsi que leurs lecteurs! – face à leurs contradictions et à leurs défauts!

Au programme : des histoires drôles, sensibles et malicieuses qui sont la marque de fabrique des éditions Charleston! Ce recueil se dévore très vite, avec des nouvelles d’une dizaine de pages, et sera une parfaite lecture estivale sur la plage !

Références : « Petits vices et gros défauts« , Collectif, aux éditions Charleston, 192 pages, 7,90€.

Romans français

La chaleur, Victor Jestin

En 2 mots : Leonard passe un été interminable en compagnie de sa famille dans un camping des landes. Là, tout l’accable : la chaleur, le bruit des fêtes sur la plage, la promiscuité, et, surtout, cette éclatante joie de vivre que les autres semblent afficher en toute circonstance, heureux de profiter d’un bel été. Une nuit d’insomnie, alors qu’il erre dans le camping en trainant sa mélancolie, il est témoin d’une scène choc : il aperçoit Oscar, un jeune du camp, en train de suffoquer sur une balançoire, les cordes emmêlées autour du cou. Tétanisé, Léonard ne bouge pas d’un pouce et assiste à la longue agonie d’Oscar, sans lui venir en aide…

Mon avis : Coup de cœur pour ce court roman ultra percutant! En quelques 140 pages, Victor Jestin réussi à nous embarquer, dès les premières lignes, dans une histoire hyper forte et prenante, avec cette scène incroyable de la mort d’Oscar.

J’ai adoré l’atmosphère si particulière qui se dégage de ce roman ; les personnages semblent crouler sous la chaleur, oppressés par un soleil impitoyable qui annihile toute réflexion. Les paysages sauvages des landes se font menaçants, comme si le héros était pris au piège en un lieu qu’il ne pourrait jamais plus quitter. C’est ce petit côté huis-clos qui m’a finalement le plus marqué.

Les états d’âme du héros, ainsi que la culpabilité qu’il ressent pour être resté passif face à la détresse d’Oscar, soulèvent également de vraies questions : qu’est ce qui a motivé cette réaction incroyable ? Pourquoi Léonard est-il resté cloué sur place, en spectateur malsain, fasciné par l’agonie d’un camarade – certes qu’il méprisait – mais tout de même. Comment expliquer qu’il l’ai regardé droit dans les yeux sans lui venir en aide, comme absent à cette scène, privé de ses facultés de réactions. J’ai été fascinée par le récit des heures qui suivent la mort d’Oscar et le comportement de Léonard, ses mécanismes de défense psychique pour tenir à distance l’impensable.

Un instantané de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus complexe, où les sentiments sont exacerbés et passent d’un extrême à l’autre en un claquement de doigts. A lire absolument!

Références : « La chaleur« , Victor Jestin, aux éditions J’ai lu, 140 pages, 6,90€.

Feel Good

Et tu m’as offert ton soleil, Virginie Sarah-Lou

En 2 mots : Le jour où Clémence décroche un emploi dans l’entreprise de Mr Moreau, elle pense en avoir enfin terminé avec les galères! C’est sans compter sur son facétieux patron qui lui confie un poste d’un nouveau genre, crée spécialement pour elle : chargée de l’égalité femme/homme au travail! Un intitulé bien pompeux mais difficile à aborder concrètement dans une entreprise éminemment technique, spécialisée dans la production de flacons de parfum. Intimidée par ce challenge, Clémence peut néanmoins compter sur le soutien sans faille d’Adèle, sa meilleure amie depuis le collège. Et du réconfort, la jeune femme en a bien besoin, elle qui porte à bout de bras Brigitte, sa mère dépressive depuis près de trente ans suite à la mort du frère jumeau de Clémence à la naissance. Une perte que sa mère n’a jamais réussi à surmonter…

Mon avis : j’ai découvert avec plaisir la plume de Virginie Sarah-Lou qui a réussi à m’embarquer sous le soleil d’Antibes avec ce roman feel-good-mais-pas-que. J’ai en effet été agréablement surprise de voir que, pour une fois, l’intrigue ne tournait pas autour d’une histoire d’amour! Ici, nous avons à faire à une héroïne résolument moderne et même à contre-courant puisque les relations amoureuses ne l’intéressent pas! Clémence a fort à faire entre son nouveau travail et ses soucis familiaux – qu’elle traîne depuis son enfance – et ne ressent pas le besoin de rencontrer quelqu’un, ça change! Ses préoccupations tournent essentiellement autour de ses missions professionnelles (j’ai d’ailleurs adoré son idée de « vit mon job pour une journée »!) et de ses tentatives pour sortir sa mère de son marasme. Une douleur profonde que l’on découvre petit à petit lors d’allers-retours dans le passé de Brigitte et Clémence.

Le roman se concentre donc sur des thèmes peu abordés dans ce genre littéraire, à savoir la culture d’entreprise et les relations femme/homme au travail, apportant des éclairages intéressants et inspirants sur le sujet. La relation mère-fille, ici fragile et complexe, est explorée sous le prisme du poids du deuil et de la tristesse incommensurable d’une maman en manque de son bébé. L’idée de montrer les répercussions d’une telle perte, même des années après la drame, m’a touché. En effet, Brigitte n’a jamais réussi à aller de l’avant et est restée bloquée à ce jour fatidique de la perte de son fils. Presque comme anesthésiée par la peine, elle n’a jamais réussi à être une vraie mère pour Clémence, malgré l’amour qu’elle lui porte. Tout du long, on se prend à espérer que la rencontre se fasse finalement entre elles.

Enfin, j’ai apprécié l’humour de ce roman, notamment la manie de Clémence de reprendre à sa sauce les expressions de la langue française, ainsi que le côté pétillant d’Adèle ou celui, résolument peau de vache, de Josy, la secrétaire de Mr Moreau!

Références : « Et tu m’as offert ton soleil« , Virginie Sarah-Lou, aux éditions Ramsay, 240 pages, 16,90€.

Romans français

M’asseoir cinq minutes avec toi, Sophie Jomain

Encore une petite pépite des éditions Charleston avec ce magnifique roman sur l’autisme signé Sophie Jomain 🤗

Mon cœur de psychomotricienne ne pouvait qu’être touché par les mots de Sophie Jomain! Des mots qui sonnent si justes, si proches de la réalité concrète des familles qui élèvent un enfant qualifié de « différent « . A travers les personnages magnifiques de Claire, formidable mère courage, et de Pauline, cette préado sans filtre et débordante d’intelligence, c’est une histoire sensible, bienveillante et ô combien d’actualité que j’ai découverte.

Aucun pathos, aucun cliché dans le récit du quotidien de cette maman solo mais bien entourée, qui fait de son mieux pour offrir la plus belle vie possible à sa fille, diagnostiquée TSA (trouble du spectre autistique). J’ai aimé la résilience de Claire qui ne changerait pour rien au monde sa fille, qui la trouve formidable avec ses particularités et son approche cash du monde et des autres. J’ai également été admirative de sa lucidité lorsqu’elle réalise certaines erreurs qu’elle a pu commettre – notamment dans sa vie de couple – de sa force à tenir bon coûte que coûte, de sa capacité à vivre pleinement ses moments de joie et à accueillir, sans se cacher, ses peines et ses doutes qui sont si compréhensibles…

C’est un roman lumineux et positif, dont on ressort gonflé à bloc, rempli du courage de Claire et gorgé de l’amour de ses proches – sa famille, ses amis – toujours là pour elle et sa fille. Une enfant atypique certes, mais qui apporte tellement de par son unicité et sa présence ❤

Un formidable hymne à la vie, à la différence, à l’entraide et à l’amour !

Références : « M’asseoir cinq minutes avec toi« , Sophie Jomain, aux éditions Charleston, 272 pages, 18€.

Policiers

Une poignée de seigle, Agatha Christie

En 2 mots : « Tous ces gens-là sont bien antipathiques » s’exclame l’inspecteur Neele après avoir fait la connaissance de la famille Fortescue dont le patriarche, Rex, vient tout juste d’être assassiné. Empoisonné au cours de son petit déjeuner à la taxine, une substance nocive et particulièrement toxique, contenue dans les baies d’if. Et, coïncidence fortuite, la propriété familiale des Fortescue se nomme justement « la loge aux ifs »! Dépêché sur place pour mener l’enquête, l’inspecteur Neele interroge tour à tour la veuve de Rex Fortescue – âgée de 30 ans de moins que lui – ses enfants et leurs conjoints ainsi que la domesticité. Lorsque deux autres crimes sont commis quasiment coup sur coup, l’inspecteur Neele, mis sur la piste par Miss Marple, constate alors que ces meurtres collent tous étrangement avec les paroles d’une vieille comptine enfantine… A commencer par la poignée de seigle retrouvée, de manière inexplicable, au fond de la poche de Mr Fortescue!

Mon avis : Ce n’est pas un Agatha Christie qui restera dans mes annales! Je n’ai pas trouvé grand intérêt à cette lecture que j’ai trouvé assez froide et manquant de rythme! J’ai eu du mal avec le déroulé de l’intrigue qui fait intervenir les trois meurtres de manière très rapprochée, en début de roman, pour ensuite laisser peu de place au suspens. J’aurai préféré qu’ils s’étalent davantage dans le temps pour me maintenir en haleine…

Miss Marple est trop peu présente à mon goût et n’intervient que pour susurrer des indices à l’inspecteur Neele, endossant volontiers le rôle de la vieille dame idiote et naïve qui met la police sur la voie presque par miracle. Elle ne prend pas suffisamment sa place de détective dans ce roman et c’est vraiment dommage car sa personnalité de petite mamie atypique et clairvoyante méritait mieux! Cela m’a peut-être sauté aux yeux car je suis habituée à un Poirot ultra narcissique et qui occupe le devant de la scène avec panache 😕

Enfin, l’idée de faire coller une série de meurtres à une chanson enfantine est brillante mais là encore déjà vue puisque ce procédé a été exploité par Agatha Christie dans « Dix petits nègres » et « Cinq petits cochons« .

Références : « Une poignée de seigle« , Agatha Christie, aux éditions Le Masque/ Le livre de poche, 223 pages, 5,60€.

Non classé·Romans français

Nuits d’été à Brooklyn, Colombe Schneck

En 2 mots : Le récit s’articule autour d’un accident survenu le 19 août 1991 à Brooklyn : un enfant noir est tué par un chauffard, juif, ayant perdu le contrôle de son véhicule. Un fait divers tragique qui dégénère en émeutes dans les heures qui suivent, mettant le quartier de Crown Heights à feu et à sang. Voilà pour l’arrière plan qui sert de décor à l’amourette d’Esther, jeune journaliste juive pour 3 mois à New-York, et de Frederick, professeur de littérature à l’université, noir, marié et père de famille. Le temps d’un été, ils vivent une passion torride mais entachée par les préjugés, la morale, et le qu’en-dira-t-on.

« Les paroles sont inassimilables, elles se répètent dans le vide. Chacun reste dans son camp avec l’histoire qui l’arrange. La douleur de l’autre est étrangère. »

Mon avis : un joli titre qui m’évoquait un texte exaltant, la promesse d’une plongée dans une ville de New-York vibrante et pleine d’énergie. De l’énergie certes il y’en a mais elle est plutôt perverse, négative et conflictuelle. Ici, il est surtout question de haine raciale, de violences urbaines et d’incompréhension entre les communautés noires et juives.

Si j’ai trouvé ce texte intéressant, notamment du point de vue historique, je me suis en revanche lassée de ces allers-retours intempestifs – 2 semaines avant l’accident, 3 jours après, etc – qui m’ont donné l’impression d’un texte décousu, avec des personnages satellites qui gravitent autour de cet élément central, mais l’ensemble manque de lien et de cohérence.

Références : « Nuits d’été à Brooklyn« , Colombe Schneck, aux éditions Le livre de poche, 240 pages, 7,40€.

Feel Good·Non classé

Le craquant de la nougatine, Laure Manel

En 2 mots : Romain a le cœur brisé depuis le tragique accident qui l’a privé de sa femme, il y a 4 ans déjà, le laissant seul pour élever leurs deux enfants. Depuis, sa vie se partage entre son rôle de papa poule de Léo et Ally et la gestion de son restaurant « la toque romaine ». Il s’accroche tant bien que mal mais a l’impression de survivre plutôt que de vivre, englué dans sa routine. Lorsqu’il croise le regard de la flamboyante Alba lors d’un trajet en bus, Romain est littéralement foudroyé par la jeune femme, au point qu’il décide de la suivre et de tout faire pour la rencontrer. Le début d’une incroyable histoire d’amour, bouleversante de sincérité et de sensibilité !

Mon avis : Lu en 2 jours et gros coup de cœur pour la magnifique histoire d’amour de Romain et Alba, les personnages du dernier roman de Laurel Manel « Le craquant de la nougatine »!

J’ai aimé ces chapitres très courts qui donnent la parole en alternance à Romain et Alba, permettant au lecteur de suivre l’histoire à travers les points de vue des deux personnages. Laure Manel livre ici un grand roman d’amour, de sa naissance à son apogée jusqu’à la chute fatale. Car en effet, dès le début, on sent qu’un malheur plane sur cette idylle, que Romain n’a pas tout dit à Alba et que leur passion, aussi magique soit-elle, n’est pas destinée à durer. C’est ce qui la rend si belle, si vibrante et chargée en émotions

J’ai savouré leurs moments de bonheur, souri aux maladresses d’Alba, redouté la fin inéluctable de leur histoire, imaginé le secret de Romain, été émue par leur détresse, bref j’ai vibré comme rarement avec ces deux personnages

On sent que le roman est maîtrisé et que l’auteure possède à 100% son sujet, nous livrant sa plus belle partition sur les variations du cœur et de la raison. Chapeau!

Références : « Le craquant de la nougatine« , Laure Manel, aux éditions Michel Lafon, 364 pages, 18,95€.