Non classé·Romans étrangers

Le crocus jaune, Laila Ibrahim

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En 2 mots : Dépaysement géographique et historique avec ce roman qui débute en 1837 dans une plantation de coton du sud des États-Unis ! Une petite fille vient de naître dans la demeure de Fair Oaks et Mattie, esclave aux champs qui vient elle-même d’avoir un fils, est réquisitionnée par ses maîtres pour devenir la nourrice du nouveau-né, mademoiselle Elizabeth. Une relation fusionnelle se créée dès lors entre la petite fille blanche et sa nounou noire.

Mon avis : Un petit côté «Autant en emporte le vent» souffle indéniablement sur ce roman qui réunit plusieurs des ingrédients ayant fait le succès du mythique roman!  Amour, violence, injustice, révolte, tout y est! Néanmoins, « Le crocus jaune » a le mérite de développer une intrigue peu conventionnelle autour de l’attachement quasi-maternel qui lie une esclave noire à sa petite maîtresse blanche. La force de leur lien se révèle particulièrement touchant et souligne à quel point les soins et l’affection du jeune enfant sont primordiaux dès sa venue au monde, afin de lui permettre de se développer de manière sécure. Mattie et Lisbeth ne sont peut-être pas liées par les liens du sang mais l’amour et l’attachement qu’elles éprouvent l’une pour l’autre sont criant de sincérité car tissés sur des bases solides dès les premiers instants de vie de la petite fille.

Bien sûr, j’ai trouvé que ce roman, aussi beau et lumineux soit-il, avait un petit côté conte de fée, comme si l’histoire était trop parfaite pour être vraie. Difficile en vérité d’imaginer qu’une telle relation ait pu perdurer et être tolérée dans un monde régit par le racisme et les préjugés. Le tournant que prend la vie de Mattie, une fois Lisbeth devenue grande, m’a certes fait plaisir pour cette femme incroyable mais là encore j’ai trouvé que cela manquait de crédibilité, les choses tournant rarement aussi bien dans la « vraie » vie.

Ce roman se lit admirablement bien grâce à la fluidité de son style et à la beauté de l’histoire qu’il déroule. On s’attache très vite à ces deux personnages féminins et l’on se passionne pour les péripéties qui agitent leurs existence, permettant ainsi de passer par toute la gamme des émotions. On vibre en effet à la lecture de ce roman, on tremble, on espère, on se réjouit avec Mattie et Lisbeth, héroïnes du XIXe siècle et pourtant follement modernes!

J’ai d’ailleurs hâte de les retrouver dans la suite : « Un grain de moutarde« !

Références : « Le crocus jaune« , Laila Ibrahim, aux éditions Charleston, 256 pages, 19,90€.

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